Difficile de trouver une bonne table ouverte le dimanche. C'est même très frustrant de voir défiler tous ces menus plus alléchants les uns que les autres et de découvrir qu'ils sont fermés. Avec un peu de persévérance, j'ai quand même trouvé A la Marguerite près de la bourse du commerce.
Tomate, feta artisanale, sardine et câpre.
Il est près de 20h, nous arrivons face à un comptoir en zinc déserté. Pas une âme qui vive à l'horizon, personne pour nous accueillir. Un bruit nous attire vers un escalier. Tout se passe à l'étage en fait. Nous découvrons une salle à la décoration moderne et à l'ambiance feutrée : couleurs sombres et argent, éclairage à la bougie. Le service est rapide et agréable.
Nous choisissons le menu dégustation qui comprend 8 plats surprise. Il coûte 70€ par personne (hors boisson) et doit être pris par toute la table. Le chef Nicolas Duquenoy travaille des produits de saison, dans des associations savoureuses mais somme toute assez simples.Ce jour-là, nous commençons en amuse-bouche par une fricassée de champignons et émulsion de crustacé. Nous sommes restés sur notre faim avec les trois petites entrées : tomates, feta artisanale, sardines et câpres ; cèpes, homard et moelle de bœuf ; langoustine, foie gras, pâte d'épinard et soupe aux girolles. Délicieux mélanges mais on regrette que les produits de prestige soient en aussi petite quantité.
Cèpes, homard et moelle de bœuf.
Suivent trois plats simplissimes et sans surprise : dos de colin, blettes et beurre de truffe ; cabillaud sur lit d'épinard ; filet de bœuf, beurre d'algue et polenta. Les cuissons sont parfaites, les produits frais et de qualité mais cela manque cruellement d'originalité. On est ensuite invités à poursuivre avec un bleu au miel ou bien un nougat glacé, au choix, avant de conclure par un millefeuille fraise-vanille. Le dessert est assez copieux et grossier, il dénote de la finesse du reste du repas. Ce n'est clairement pas la spécialité du chef.
Cabillaud sur lit d'épinard.
On sort repu mais assez déçu de ne pas avoir fait de découverte. Cela reste cependant une cuisine de qualité très appréciable dans un cadre agréable.
La queue devant la fondation Cartier montre bien combien l’œuvre de Ron Mueck intrigue. En effet, ces sculptures hyperréalistes, mais à l'échelle erronée, ne laissent pas indifférent.
On est accueilli par un gigantesque couple de personne âgées installées sous un parasol. Fasciné par la qualité des détail, le public scrute les moindres plis de peau, la moindre ride de ces géants. On est également touché par la tendresse qui s'échappe de cet instantané.
Toutes les autres sculptures sont à une échelle réduite, à l'exception d'un visage sommeillant, sorte de masque mortuaire (?) qui ouvre le sous-sol de l'exposition. Autour de chaque œuvre, on s'interroge sur la technique, on reste fasciné par l'hyperréalisme d'un regard, d'un geste ou d'un pli de peau, et on se raconte une histoire. Parce que toutes ces œuvres nous emmènent dans leur monde, comme cet homme qui semble allongé sur un matelas gonflable au milieu d'une piscine, mais qui est représenté crucifié sur un mur dans un halo de lumière. L'image semble au premier abord paisible, puis un mal être s'installe, le corps semble s'éloigner, partir à la dérive (d'où le titre de l’œuvre Drift).
Le parcours de visite se conclut par un film de 52' de Gautier Deblonde, qui a suivi l'artiste australien dans son atelier londonien, lors de la préparation de cette exposition. Le documentaire nous projette dans un monde où le temps semble tourner au ralenti. On se rend compte de l'ampleur de la tâche, des heures et des heures de travail, de la minutie et de l'exigence nécessaires. On n'en regarde qu'avec plus d'admiration ces sculptures.
Ron Mueck du 16 avril au 27 octobre 2013 à la Fondation Cartier pour l'art contemporain 261 bd Raspail, Paris 14ème Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 21h. Nocturne le mardi jusqu'à 22h. Plein tarif : 10,50 euros www.fondation.cartier.com
Difficile de trouver un brunch sympa, qui ne pratique pas des tarifs excessifs, à Paris. Et par ce beau temps, il faut aussi pouvoir s'installer en terrasse. Non contente des adresses que j'ai pu trouver sur les sites spécialisés, je suis partie le nez au vent vers Cour Saint-Emilion (Paris 12ème). Après un rapide coup d’œil sur les cartes de la dizaine de restaurants alentours, celle d'Eric Kayser a tout de suite attiré notre attention.
Il s'agit d'une formule à 25€ servie à table, en terrasse. Elle comprend une boisson chaude et un jus d'orange, une assiette sucrée, une assiette salée et une salade de fruit. Parmi la large sélection des thés Comptoirs Richard, j'ai choisi un thé vert parfumé Au temps des tsarines, parfait pour accompagner ce brunch. L'assiette sucrée comprend deux tartines et leur confiture, deux belles tranches de brioche maison (Petit rappel, Eric Kayser est un artisan boulanger, et ça se ressent sur le pain et les brioches. :)) et un verre de fromage blanc au coulis de fruit rouges. Si l'assiette sucrée est la même pour tout le monde, il est possible de choisir le mode de cuisson de ses œufs et le type de salade d'accompagnement. Je me suis régalée avec probablement les meilleurs œufs brouillés que j'aie jamais mangé. La mini tranche de bacon et la mini saucisse faisaient un peu pitié dans l'assiette mais finalement, on est repu. La salade tomate et fêta était bien rafraichissante (l'autre choix était une salade César) et on n'a plus faim lorsque la serveuse apporte la salade de fruit légèrement parfumée à la cannelle.
Excellent rapport qualité-prix. Je conseille vivement cette adresse pour les amateurs de brunch sans se ruiner. Eric Kayser 41 cours Saint-Emilion, Paris 12ème Ouvert de 7h à 23h, 7 jours sur 7 Pour trouver leurs autres adresses à Paris et dans le monde : www.maison-kayser.com
Le festival Paris Quartier d'Eté propose chaque année une programmation originale et hétéroclite de spectacles payants ou gratuits dans des sites reconnus ou insolites en Ile-de-France.
L'été dernier, j'ai découvert, Rizoma, chorégraphie de Sharon Fridman, à 6h du matin sur l'esplanade du Trocadéro. Avec le lever de soleil pour décor, les soixante-dix danseurs créent des liens entre eux et avec la ville qui s'éveille tandis que le son des violoncellistes s'accorde avec les bruits de la nature non encore cachés par le vrombissement des moteurs. Une vrai découverte et un vrai coup de cœur. C'est donc sans hésitation que je me suis levée à 5h ce matin pour profiter de ce nouveau rendez-vous matinal.
Chloé Moglia. Paris Quartier d'Eté.
Lorsque je suis sortie de chez moi, il ne faisait plus tout à fait nuit mais pas encore tout à fait jour. C'est l'heure où les couleurs sont indéfinissables. Sortie du métro, le jour était là, mais le soleil ne pointait pas encore son nez à l'horizon. Pour ce nouveau projet, on est accueilli sur les nouvelles berges de Seine (au pied du musée d'Orsay) par les chants de la coréenne, Eun-Hye Jung (de l'ensemble Be-Being). Elle nous accompagne sous le pont de Solferino où Rocio Molina virevolte dans les marches.
Et c'est parti pour trente minutes d'une danse puissante et sensuelle. La danseuse flamenco montre une précision et une maîtrise impressionnante de son art. Le soleil fait son apparition et illumine la scène. Le vent fait vivre sa robe et accentue l'aspect sculptural de sa silhouette. Tous les éléments semblent s'être réunis exprès, pour rendre ce moment magique. Et il l'était. Elle nous conduit ensuite au pied d'une étrange potence plantée dans un parterre de sable.
C'est le troisième volet de ce programme d'exception. Chloé Moglia monte doucement à la force de ses bras sur son original trapèze fixe. Pendant près d'une demi heure, elle offre un ballet minimaliste, tout en force, grâce et lenteur, maintenue à la seule force de ses bras. Au-delà de la prouesse technique, ce corps volant, illuminé par les rayons dorés du soleil au dessus de Seine et avec comme arrière fond le Grand Palais, prolonge ce moment magique initié plus d'une heure avant aux prémices du jour.
Merci Paris Quartier d'Eté de nous offrir de telles pépites.
L'association offrait ensuite le petit déjeuner. Mais c'était un trop dur retour à la réalité que de se retrouver à se faire bousculer par une foule affamée. Je n'en ai donc pas profité et j'ai prolongé mon plaisir en me promenant dans les rues désertes de Paris.
Un seul regret, ne pas avoir été assez réveillée ce matin pour me rendre compte qu'il n'y avait pas de carte mémoire dans mon appareil photo :-s Je ne peux donc pas partager visuellement ces beaux moments sur ce blog.
Le soleil se lèvera trois fois, avec Princesse Bari, Rocio Molina et Chloé Moglia, les 2 et 3 aout 2013, à 6h à l'emmarchement des Berges de Seine. Quai Anatole France, Paris 7.
Festival Paris Quartier d'été du 14 juillet au 11 août 2013 www.quartierdete.com
De prime abord, c'est un bistrot de quartier lamba. Façade passe partout, décoration sans intérêt, salle de petites dimensions. En raison du peu de tables, en soirée, il est conseillé de réserver même s'ils installent maintenant quelques tables sur le trottoir en été.
Chez Virgule, tout se joue en cuisine et sur l'addition. Le restaurant est tenu par un couple de Chinois. Monsieur est en cuisine, et madame est en salle. Le service est agréable et s'adapte à votre rythme. La carte propose des plats français, dont certains avec une touche asiatique. Les parts sont très copieuses et les prix très abordables. En soirée il y a deux menus (entrée, plat, dessert) à 27 et 33 euros. Et la formule déjeuner, composée également de trois plat, est à 16 euros !
Carpaccio de foie gras maison.
Crème tiramisu aux fruits rouges.
Goutez absolument leur carpaccio de foie gras maison ! Il est délicieux, fondant et parfaitement épicé. J'ai beaucoup de mal à trouver un foie gras aussi bon ailleurs. Heureusement, si vous voulez retrouver ces saveurs à la maison, ils vendent leurs foies gras entiers. C'est là que je m'approvisionne pendant les fêtes.
Virgule 9 rue Véronèse, Paris 13ème Réservation conseillé en soirée au 01 43 37 01 14. Fermé le mercredi.
Dans le cadre de son festival Sur les Frontières, le théâtre national de Chaillot propose une cérémonie des derviches tourneurs soufi Mevlevi de Turquie.
Le rituel commence par une introduction musicale pour préparer à l'arrivée des "hommes-toupie" et à la danse elle-même appelée sema. Les derviches entrent dans l'espace scénique avec beaucoup de lenteur et en font trois fois le tour en s'inclinant face à celui qui est derrière eux, avant de reprendre leur déambulation. Ils s'alignent ensuite sur le bord du plateau, et laissent tomber au sol leur long manteau noir, dévoilant leur tenue blanche immaculée. Ils se mettent alors à tourner lentement d'abord bras croisés sur la poitrine puis de plus en plus vite, bras ouverts la main droite tournée vers le ciel pour récolter la grâce d'Allah et la main gauche tournée vers le sol pour la répandre vers les hommes. C'est vraiment un spectacle envoutant et impressionnant que de les voir tourner ainsi. La cérémonie se termine par une série de prières.
Les instruments qui accompagnent ce rituel sont une flûte ney, une cithare qanun, un tambour sur cadre daf et un luth tanbur interprété par le chanteur.
Le sema a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO en 2008.
Malheureusement, hier soir à Chaillot je n'ai pas senti le public se laisser emporter par la magie de la cérémonie. Il est resté complètement décontenancé par le rituel qui accompagnait le sema lui-même, n'en ayant pas les codes. Un effort pédagogique à travers un programme de salle aurait été le bienvenu pour aider le public à entrer dans cet univers mystique.
Derviches tourneurs
le 27 avril à 15h et 21h30, au Théâtre National de Chaillot, Place du Trocadéro, Paris 16ème Plein tarif 33 euros Festival sur les Frontières jusqu'au 28 avril 2013 www.theatre-chaillot.fr
Plutôt en veine en ce moment - je devrais peut-être jouer au Loto - j'ai gagné, grâce à la RMN, une invitation pour la soirée d'inauguration de l'exposition Dynamo : un siècle de lumière et de mouvement dans l'art 1913-2013.
Hier soir donc, vers 21h30 je me rapproche du Grand Palais. Ambiance dès l'arrivée, nous sommes accueillis par "une sculpture de brume" (émanant de la fontaine centrale) de l'artiste japonais Fujiko Nakaya.
A l'entrée, le visiteur est invité à télécharger l'application gratuite de l'exposition qui permet de réagir en temps réel. A la fin de l'exposition un grand mur diffuse les photographies et commentaires diffusés à travers l'application. Non testé, car je n'ai pas de smartphone.
Comme le dit le titre, l'exposition regroupe des œuvres qui interrogent les notions d'espace, de vision, de lumière et de mouvement depuis un siècle. Il s'agit pour la plupart d'installation immersives ce qui rend la visite très ludique et participative. L'exposition débute par une section sur les contemporains et se conclut avec des œuvres pionnières. Le premier étage est consacré à la vision, déclinée selon les thématiques suivantes : claire-voie, permutation, concentrique excentrique, interférence, immersion, distorsion, tactile, trame et battement. Le rez-de chaussé aborde la notion d'espace avec les concepts d'abîme, de nuée, de champs de force, de halo, d'espace incertain, de maelström et de céleste.
Comme la plupart des expositions aux Galerie Nationales du Grand Palais, il faut prendre son temps. En 1h45 de visite, nous avons parcouru le rez-de-chaussée au pas de course car le site fermait. C'est d'ailleurs très dommage que pour cette soirée d'inauguration nous ayons été invités aussi tard, le temps mis à disposition ne permettant pas de profiter pleinement de toute l'exposition. Surtout que de nombreuses œuvres ne sont "allumée" ou "activées" que par intermittence, ou ne sont autorisée qu'à une jauge restreinte de participants, ce qui augmente le temps de visite.
Ce que j'ai trouvé très intéressant, c'est que je pouvais à la fois être hypnotisée par une série de lignes serrées sur une toile et être emportée par la brume chromatique d'Ann Veronica Janssens (son installation immersive oblige à faire la queue car seules 12 personnes peuvent y accéder en même temps, mais ça vaut la peine d'attendre !). La création in situ de Felice Varini sur la colonnade du Palais est très réussie. Le labyrinthe interactif du collectif GRAV floute le rapport à l’œuvre, par sa ressemblance à une attraction de fête foraine (sentiment renforcé lors de ma visite car je suivais une bande d'adolescents qui semblaient explorer une maison hantée). C'est un voyage riche en sensations dont j'ai pu profiter dans des conditions privilégiées (pas de foule), mais qui pose fortement la question de l'affluence. Quand les salles d'exposition seront noires de monde, le spectateur pourra-t-il vraiment se rendre compte de la diversité des effets visuels en se déplaçant devant une œuvre ? Ressentir le malaise, l'oppression provoqué par certaines installations ? Etre déstabilisé par des effets d'optique ? Et tout simplement participer comme cela est proposé ?
Avertissement : Certaines installations comportant des stimulations lumineuses fortes peuvent présenter un risque pour les visiteurs souffrant d'épilepsie.
Dynamo : un siècle de lumière et de mouvement dans l'art 1913-2013 au Galeries Nationales du Grand Palais, entrée Champs-Elysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8ème du 10 avril au 22 juillet 2013, de 10h à 20h, nocturne le mercredi jusqu’à 22h. Fermé le mardi. Plein tarif : 13 euros Application gratuite téléchargeable ici www.grandpalais.fr
Chose promise, chose due. Voici un retour en images de l'exposition Julio Le Parc au Palais de Tokyo. Cette deuxième visite à renforcé ma fascination pour son travail sur le reflet et sur la lumière. Les effets sont très beaux, avec l'amie avec laquelle j'avais visité l'exposition la première fois nous rêvions de pouvoir accrocher certaines de ses installations chez nous (si nous en avions eu la place et les moyens, bien entendu !). Toute sa recherche sur le mouvement, les effets d'optiques, les modifications de la perception, la perte des repères que l'on retrouve dans ses œuvres est très intéressante. J'ai hâte de retrouver ses créations lors de l'exposition Dynamo au Grand Palais du 10 avril au 22 juillet 2013.
Julio le Parc au Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson Paris 16ème du 27 février au 13 mai 2013, de midi à minuit. Fermé le mardi. Plein tarif : 10 euros. www.palaisdetokyo.com
J'ai eu la grand chance de gagner des places pour l'avant première de la comédie musicale Carousel, hier soir. Le mail de confirmation m'informe que les billets peuvent être retirés dès 19h15 et que le placement sera libre. Je donne rendez-vous à mon acolyte vers 19h devant le théâtre. A mon arrivée, un flot de gens commence déjà à s'engouffrer par les portes en verre. Étonnement, beaucoup de personnes ont déjà leur billet, et la queue au contrôle est assez courte. Devant moi, Benjamin Pech que j'avais vu la veille sur le scène de l'Opéra de Paris. La queue se fait de plus en plus compacte devant les accès en attendant l'ouverture des portes de la salle. Les gens poussent, s'entassent, se plaignent. Un couple d'américains critique en anglais, le manque de savoir vivre des français dès qu'on leur offre quelques chose de gratuit. Mais dès que les portes auront ouvert, ce sont ces même américains qui se mettront à courir et jouer des coudes pour rejoindre salle "en premier". No comment. Face à toute ces incivilités, les agents d'accueil semblent surpris lorsque je leur dis tout simplement bonsoir. Nous choisissons de très bonnes places centrales à l'orchestre. Royal !
Carousel a été classée par Time magazine, meilleure comédie musicale du XXème siècle en 1999. Autant dire que mes attentes étaient élevées, et je n'ai pas été déçue. C'est bien chanté, dansé et interprété, la mise en scène est efficace et adaptée, c'est à la fois divertissant et émouvant. Je n’émettrai qu'un bémol sur le final trop à l'eau de rose qui dénote du reste de l’œuvre. Mais en me renseignant un peu, j'ai appris que la comédie musicale était inspirée de la pièce Liliom de Ferenc Molnar qui elle ne se termine pas du tout sur cette note d'espoir. C'est d'ailleurs étonnant de noter que l'auteur a refusé de céder les droits de sa pièce de théâtre à Puccini et à Gershwin, avant de les donner à Rodgers et Hammerstein II, mais qu'il a accepté cette dénaturation du final.
J'ai eu un véritable coup de cœur pour Soliloquy interprété par le personnage principal Billy Bigelow (Duncan Rock), qui se projette père avec toutes les responsabilités que cela implique. Cela a vraiment été un moment fort. Et c'était sans savoir toute l'importance de cette chanson pour déroulement de l'intrigue, pour la création de cette comédie musicale et plus généralement dans l'histoire des comédies-musicales américaines. Je vous invite à écouter cet extrait de la conférence de Patrick Niedo à ce sujet.
Je ne détaillerai pas ici l'intrigue, il est facile de la trouver en quelques clics. Celle-ci étant complexe et s'étendant sur de nombreuses années, il serait fastidieux de la retaper ici. Il est cependant intéressant de noter que c'est la première comédie-musicale à introduire des thématiques de société, sombres, comme celui de la femme battue ou du suicide, et quelle marque un tournant dans les choix d'écriture de ces spectacles.
C'est à tous ces titres, qu'on peut en effet considérer que cette comédie musicale soit la plus marquante du XXème siècle. A ne pas rater donc, pour les amateurs du genre.
Carousel au théâtre du Chatelet, place du Châtelet Paris 1er du 18 au 27 mars 2013 à 20h, le dimanche à 16h en anglais, surtitré. Durée 3h avec un entracte. Tarifs : 20 à 90 euros www.chatelet-theatre.com
Bien que travaillant non loin, je n'étais pas retournée au Palais de Tokyo depuis la réouverture. Je suis allée voir l'exposition Julio Le Parc qui se poursuit jusqu'au 13 mai. Le travail de cet artiste cachanais octogénaire, précurseur de l'Op Art et de l'art cinétique est à la fois ludique et impressionnant de technicité alors que ses installations paraissent si simple. C'est une exposition très visuelle et malheureusement je n'avais pas mon appareil photo sur moi. Je reviendrai donc prochainement sur cette exposition avec des images à l'appui cette fois.
Après l'exposition, mon amie m'a un peu fait visiter les nouveaux espaces du Palais de Tokyo. Je suis restée complètement bluffée par l'immensité des salles, l'aspect labyrinthique des accès, le mélange des niveaux, les salles cachées... Tout le béton a été laissé à l'état brut laissant ainsi parler les volumes et le lieu. L'ancienne signalétique à moitié effacée de la cinémathèque française est encore visible ça et là, chargeant les murs d'histoire. Par un trou ou derrière une porte, on découvre de vieilles salles de projection. Dans la pénombre, on laisse son imagination flotter, les lieux semblent habités.
Résultat, complètement subjuguée par l'architecture et l'histoire du Palais, on en oublie les œuvres qui sont disséminées ça et là, dans les dégagement, les recoins, les places et les ouvertures.
Julio le Parc au Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson Paris 16ème du 27 février au 13 mai 2013, de midi à minuit. Fermé le mardi. Plein tarif : 10 euros. www.palaisdetokyo.com
Depuis hier et jusqu'au 29 mars, l'Opéra de Paris présente un programme Roland Petit réunissant trois œuvres du chorégraphe : Le Rendez-Vous, Le Loup et Carmen. Je me faisais une joie de retourner à l'Opéra voir du Roland Petit - Le jeune homme et la mort étant selon moi un des plus beaux ballets - et de surcroît dans d'excellentes conditions puisqu'on m'a offert une place en plein centre du balcon (Merci !). Je garderai cependant un souvenir en demi-teinte de cette soirée.
Les trois chorégraphies sont des œuvres narratives théâtralisées et tragiques. Dans le Rendez-Vous, un jeune homme, brillamment dansé par Nicolas Le Riche, rencontre à la suite d'une nuit d'errance, la plus belle femme du monde (Isabelle Ciaravola) qui le tue à l'issue de leur "duo". Dans le Loup, c'est une double fin tragique qui attend les héros. Mais autant Benjamin Pech (le loup) aura brillé pendant son introduction en solo, autant le couple qu'il forme avec Laetitia Pujol - la jeune fille, est dépourvu de toute complicité et passion, ce qui rend l'intrigue peu crédible. Dans Carmen, j'ai été subjuguée par une Ludmilla Pagliero (Carmen) aguichante et sensuelle. Quel dommage que Stéphane Bullion (Don josé) n'ait pas été un partenaire à la hauteur. Il nous a offert hier une prestation insipide. Pour confirmer mon jugement j'ai jeté un œil à la version DVD que j'ai à la maison avec Nicolas Le Riche. Et c'est un Don José fougueux et plein d'orgueil qui nous est présenté par un garçon gentillet et transparent...
Malgré les déceptions d'interprétation, cela reste trois pièces à voir car ce sont des jalons de l'histoire du ballet. Et on s'amusera de voir que les héroïnes sont toutes brunes au cheveux courts, comme une certaine Zizi Jeanmaire... muse de Roland Petit.
Hommage à Roland Petit à l'Opéra National de Paris, Palais Garnier jusqu'au 29 mars 2013 Tarif : 10 à 92 euros
Nouveau lieu parisien de la danse et des arts, l'Elephant Paname a ouvert près du palais Garnier il y a quelques mois. Cet hôtel de style Second Empire, érigé sous Napoléon III, a été récemment rénové par Fanny et Laurent Fiat, qui tout en conservant les stucs et dorures d'origine, y ont fait ajouter des touches contemporaines, comme cet étonnant sculpture-ascenseur en métal rouillé.
500m² sont réservés aux studios, et 500m² accueillent une programmation événementielle annoncée comme pointue. La première exposition est consacrée à la danseuse étoile Noella Pontois.
Le dôme au rez-de-chaussée sert d'écrin aux costumes de ses rôles titres. Les murs sont recouverts de photos portrait et des vitrines dévoilent des coupures de presse. Au deuxième étage, la salle de droite propose une ambiance plus intimiste et aborde l'enfance de l'étoile et de sa fille, Miteki Kudo - également danseuse à l'Opéra de Paris. La salle de droite et le dernier étage offrent un panorama photographique de Noella Pontois sur scène dans les grandes pièces du répertoire. Elle est accompagnée par tous les plus grands : Denard, Dupont, Atanasoff, Baryshnikov ou Noureev. Dans deux petits salons sont projetés des images d'archives. J'ai particulièrement été touchée par des images de répétition sur le plateau du Palais Garnier où Rudolf Noureev enseigne à la jeune étoile sa chorégraphie de la Belle au Bois Dormant. Les deux salons sont séparés par une reconstitution de la loge de la danseuse.
Noella Pontois, divine étoile jusqu'au 31 mars 2013 à l'Elephant Paname, 10 rue Volney, Paris 2ème
ouvert du mercredi au samedi de 11h à 20h, et le dimanche de 11h à 18h Tarif : 10 euros www.elephantpaname.com
Aujourd'hui, l'Opéra National de Paris offrait à ses abonnés une visite exceptionnelle des coulisses du palais Garnier. C'est mon monument préféré à Paris et je ne me lasse pas de parcourir ce lieu. Pendant les entractes des ballets que je vais y voir, je déambule à tous les étages pour profiter de tous les recoins de ce théâtre.
La visite commence par la rotonde des abonnés, qui permettait aux abonnés d'arriver directement en fiacre sous la salle de spectacle. Puis nous montons directement au dernier étage, sous la Coupole. Et là, à ma grande surprise, je découvre que toute l'armature du palais est en métal riveté. Les stucs, les marbres et les dorures cachent un squelette d'une étonnante modernité. La Coupole accueille une grande salle de répétition aux dimensions du plateau et qui reprend l'inclinaison (de 5%) de la scène. Cette salle a été transformée en salle de répétition dans les années 60, c'était à l'origine un espace vide qui servait à évacuer les gaz de combustion du lustre de la grande salle.
En redescendant vers les ateliers de costumes, nous pouvions apercevoir par chaque fenêtre la neige tomber sur les toits du palais et sur Paris. Dans l'atelier de flou sont (re)créés les tutus, et de façon plus générale les costumes féminins. Au central costumes, magnifique salle toute en bois, les costumes sont en transit entre les ateliers et le service habillement. Les tutus pendant au plafond, la tête à l'envers pour prolonger leur durée de vie et éviter qu'ils ne s'affaissent. Nous traversons des couloirs pleins de costumes plus beaux les uns que les autres. Il m'était très difficile de réprimer mon envie de toucher tous ces textiles. Nous finissons notre visite des ateliers, par celui de décoration, sorte de caverne d'Ali Baba où les textiles sont teints, peints, vieillis et agrémentés de bijoux et accessoires.
Nous rejoignons le plateau par l'arrière où une conférencière pleine de vie nous fait partager la vie des premières danseuses dans le foyer de la danse à la fin du XVIIème siècle. Les riches abonnés en haut de forme y étaient conviés pour choisir leur "protégée" parmi les ballerines. Ceux qui ont vu une fois dans leur vie le défilé du corps de ballet en début de saison, auront aperçu ce foyer, au lointain, qui prolonge la scène (pour lui permettre d'atteindre les 50m de profondeur). Le reste du temps il est inaccessible et sert de salle d'échauffement avant et pendant les spectacles. On traverse enfin le plateau à travers les décors de La Cenerentola et les conduites de Kaguyahime. La salle (d'environ 2 000 places) - que je connais bien - est encore plus impressionnante coté scène avec ses dorures et ses velours rouges. Le plafond de Chagall, peint par dessus celui de Lenepveu abîmé par l'éclairage au gaz, apporte une touche moderne à l'ensemble.
Petite parenthèse au sein de la bibliothèque, souvent ouverte au public pour des expositions. Elle dépend de la Bibliothèque Nationale de France et regroupe tous les ouvrages liés à l'Opéra et aux Ballets. La salle de lecture qui devait être le fumoir privé de Napoléon III, peut accueillir jusqu'à 18 chercheurs.
La visite se conclut par une promenade dans les espaces publics, le grand foyer - inspiré de la galerie des glaces à Versailles - et le grand escalier avec ses 24 sortes de marbre différents qui proviennent de toute l'Europe. C'est le seul théâtre dont plus de 30% de sa superficie sont dédiés aux espaces publics. L'escalier lui-même, avec ses "loges" tout autour, est comme une théâtre dans le théâtre où l'on vient voir et se montrer. Les déambulations en famille dans le grand foyer, permettaient de rencontrer d'autres familles de rang équivalent pour marier ses enfants.
Un peu d'histoire. Douze salles d'opéras avaient été construites à Paris, depuis que le genre avait été créé par Louis XIV en 1669. Toutes en bois, elles ont toutes maintenant disparu par le feu. C'est après avoir évité de justesse un attentat en se rendant à l'Opéra de la Rue Pelletier que Napoléon III ordonne la construction d'un treizième Opéra, et fait ouvrir un accès direct pour s'y rendre de ses appartements (au Louvre). Suite à un concours, le projet du jeune et peu connu Charles Garnier est choisi à l'unanimité en 1861. L'Opéra sera inauguré 14 ans plus tard, en 1875, Napoléon III ne l'aura jamais vu achevé et n'aura jamais profité de son avenue.
Autre exposition phare en ce moment, Dalì au Centre Pompidou jusqu'au 25 mars 2013. Il m'avait fortement été déconseillé de tenter de visiter l'exposition car tous ceux qui avaient essayé avant moi avaient renoncé à la vue des kilomètres de queue pour entrer dans le centre, puis pour accéder à l'exposition même, au dernier étage. En me renseignant sur l'exposition, j'ai découvert ce lien fort utile. Il s'agit d'un tableau précisant les horaires de visite conseillés. Il y était indiqué que le lundi après 17h la fréquentation était moyenne, et en effet, quand je me suis rendue au musée, lundi à 18h, pas de queue et un niveau de fréquentation très agréable dans les salles.
L'exposition est très complète avec plus de 120 tableaux, dessins, films et autres objets liés à l'artiste. L'espace d'exposition, très vaste, alterne des tableaux sagement accrochés au mur et des ilots réservés au petits formats et objets. Le découpage thématico-chronologique est très ouvert, et à l'inverse de la plupart des expositions où l'on suit un parcours imposé, chacun passe d’œuvre en œuvre selon son bon plaisir. Je ne suis pas une grande partisane de ce type de scénographie mais je la trouve particulièrement adaptée dans ce cas. On a l'impression de se perdre dans les méandres du cerveau de l'auteur. Ceux-ci sont d'ailleurs matérialisés dans la dernière salle d'exposition.
L’œuvre de Dalì en elle-même est protéiforme, folle, dérangeante, géniale ! A voir absolument.
Dalì jusqu'au 25 mars 2013, 11h à 23h, sauf le mardi. au Centre Pompidou, place Georges Pompidou, Paris 4ème Plein tarif : 13 euros.Gratuit pour les moins de 26 ans. www.centrepompidou.fr
A part quelques œuvres phares comme celle de l’affiche de l’exposition, Nighthawkes, je ne connaissais rien de l’œuvre de d’Edward Hopper. C’est donc par simple curiosité que je suis allée voir l’exposition qui se tient actuellement au Grand Palais, jusqu’au 28 janvier.
Tout d’abord, comment éviter la foule dans les salles et les longues heures de queue ? J’ai mis en pratique une technique qui a fait ses preuves et qui a encore prouvé son efficacité, s’y rendre deux heures avant la fermeture. C’est radical !
La scénographie est sobre. Des murs gris clair. Des grandes salles, sous découpées de petits alcôves qui accueillent ses petits formats, ses aquarelles ou ses gravures. Des entr’actes annoncés au néon dans des salles obscures, et qui proposent des projections géantes de ses illustrations ou des photographies de Philip Lorca di Corcia – dont le parallèle avec les œuvres du peintre ne m’a absolument pas convaincue.
En ordre chronologique, le premier étage de l’exposition retrace surtout ses sources d’inspiration au cours de ses années de formation avec des comparaisons avec ses contemporains. J’ai particulièrement été marquée par une peinture autoportrait datée de 1902 de Thomas Eakins, dont la vivacité du regard fait penser à une photo. En descendant d’un étage, on découvre ses œuvres emblématiques pour lesquelles il est le plus connu.
La technique est sûre et maitrisée. C’est beau, c’est bien fait, que ce soit ses illustrations, ses aquarelles, ses gravures ou ses peintures grands formats. Mais ce traitement « par technique », trop formel, choisi par le commissaire d’exposition empêche un peu de rentrer dans la psychologie de l’œuvre d’Edward Hopper. Ses œuvres sont puissantes par la banalité qui s’en dégage. Ses grandes maisons vides, ses personnages au spectacle, à l’hôtel, au bureau, au restaurent dégagent chacun une profonde tristesse, solitude ou ennui. Le traitement très tranché de la lumière et de la couleur accentue la violence interne et non exprimée des personnages. Et en ces temps de crise et d’incertitude que nous traversons, ces sentiments trouvent une résonnance en chacun de nous. D’où à mon sens, le succès de cette exposition.
Edward Hopper RMN – Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower Paris 8ème. Entrée : Square Jean Perrin
Fermé le mardi. Lu 10h-20h, me, je, ve 10h-22h, sa et di 9h-22h.
Tarif : 12 euros www.rmn.fr
Le thé boisson trois fois millénaire, est la deuxième boisson la plus consommée dans le monde après l’eau.
En 2006, alors étudiante à l’I.E.S.A, nous avons organisé avec cinq amies et collègues-étudiantes une exposition sur la thématique du thé pour le château du Lude (72). Nous avions transformé le château pour faire voyager le visiteur au gré des routes du thé de la Chine à l’Europe et l’Afrique en passant par la Mongolie, le Japon, la Russie et les routes maritimes vers les Amériques.
C’est donc tout naturellement, lorsque j’ai entendu parler de l’exposition sur le thé au Musée Guimet, que j’ai souhaité m’y rendre pour me rendre de compte de la façon dont ils avaient traité le sujet.
Les ressemblances d’abord. Une zone interactive permet de toucher, sentir et observer diverses formes de thé. Le thé Guimet, mélange exceptionnellement réalisé pour l’exposition est proposé à la dégustation. Il s’agit d’un thé vert aux arômes d’agrumes, très doux au moment de la dégustation mais qui laisse une sensation râpeuse en bouche par la suite. Nous avions proposé le premier week-end des dégustations de divers thés et de glace au matcha. Dans les deux cas, l’exposition est introduite par une partie botanique qui rappelle que le théier fait partie de la famille des Camellia et que les différentes couleurs – blanc, bleu-vert (Oolong), vert, rouge ou noir – de thé ne correspondent pas à des plantes distinctes mais à des traitements singuliers (oxydation, fermentation, torréfaction) des feuilles. Plus étonnant, la charte graphique choisie – les couleurs du moins (vert pomme et rose fuchsia) – est la même…
Les différences maintenant. L’exposition au musée Guimet se concentre sur le pays originaire du thé, la Chine et y décrit les évolutions de sa consommation – bouilli, battu, puis infusé – à travers d’impressionnantes collections de céramiques et porcelaines dont les formes et les couleurs se sont adaptées aux mutations de la boisson. J’ai eu un coup de foudre pour une jarre à feuilles de thé chatsubo en grès à couverte dite « galuchat de raie » (Japon, XVIII-XIXè siècle) et une paires de coupes en forme de pêches en grès zicha ou sable pourpre de Yixing (Chine, époque Qing 1644-1911). Les passerelles vers les autres pays et son importance dans l’histoire du monde (la Boston Tea Party est un des événements déclencheur de la guerre d’Indépendance aux Etats-Unis, et le monopole chinois sur le commerce de thé est à l’origine de la guerre de l’opium avec le Royaume Uni) ne sont que rapidement évoqués sur les grands panneaux explicatifs.
A noter : ces grands textes d’introduction des salles (et des époques) sont quasiment tous répétés deux fois dans le même espace, ce qui permet d’éviter les attroupements qui bouchent souvent l’entrée des salles de n’importe quelle exposition. Encore faut-il se rendre compte que cette alternative existe et que le public l’utilise !
La première salle de l’exposition accueille une œuvre monumentale d’Ai Weiwei. Une tonne de thé compacté selon ce calibre du monde occidental contemporain réaffirme parfaitement à elle seule l’importance et l’universalité du thé.
Le thé : histoires d’une boisson millénaire jusqu’au 28 janvier 2013 au musée Guimet, 6 place d’Iéna 75116 Paris. M° Iéna. Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi. Plein tarif pour l’exposition : 8€ www.guimet.fr
Plus d'un mois sans nouvelles, je vais essayer de rattraper ça, mais la période a été chargée, et pas vraiment en sorties et expos malheureusement. Je prends quelques minutes tout de même pour partager avec vous mes deux artistes coup de cœur sur la manifestation d'art contemporain macparis, qui s'est tenue à l'Espace Champerret du 22 au 25 novembre. Il y avait beaucoup de belles choses, des univers intéressants et j'aurai eu un peu de sous, j'aurai craqué pour quelques œuvres. A défaut, voici une photo d'une sculpture cinétique de Laurent Debraux. http://www.laurentdebraux.com C'était un véritable moment de poésie et de fascination que de rester là, à la contempler.
Je n'ai pas réussis à prendre une belle photo de l'installation en céramique de Samuel Yal cette année, alors je triche un peu et vous propose une photo de l’œuvre qu'il avait exposé l'année dernière sur macparis également. http://www.samuelyal.com
Le 15ème jour du huitième mois lunaire - soir de pleine lune - les chinois célèbrent la fête de la mi-autonme également appelée fête de la lune. C'est la deuxième fête la plus importante pour les chinois, après le nouvel an. Les histoires et légendes à l'origine de cette fête sont nombreuses. C'est à la fois une fête agricole pour clore la saison des récoltes, un symbole du rassemblement familial et un moment propice aux entreprises romanesques.
Pendant ces festivités, on offre souvent à ses proches, amis ou collègues des gâteau de Lune. Ce sont des pâtisseries rectangulaires, le plus souvent à base de pâte de lotus et contenant un jaune d’œuf de cane salé , mais de nombreuses variantes existent.
Une bonne adresse de pâtisserie asiatique à Paris pour goûter plusieurs variétés de gâteaux de Lune (compter entre 4 et 5,80 € pièce) : Nouveau Yv Nghy
67 avenue d'Ivry
75013 Paris
Cette année, la mairie du 13ème arrondissement de Paris en partenariat avec l'association des entreprises du quartier asiatique de Paris 13e proposent une programmation de lecture de contes, conférences, exposition de lanternes, concerts... jusqu'au 7 octobre 2012. Détail de la programmation ici.
Il y a d'abord une association, mac2000, qui œuvre depuis près de 30 ans pour la promotion des arts plastiques et des plasticiens. Elle organise un grand événement annuel, macparis, fin novembre à l'Espace Champerret, Paris 17ème. Triés sur le volet, 125 artistes (choisis parmi plus de 1000 postulants) nous ouvrent leur univers. Présents en permanence, dans une ambiance très conviviale, ils sont là pour discuter, expliquer, défendre, vendre, troquer, rencontrer. L'événement agit comme un tremplin, comme une soupe originelle qui ensuite se développe. Des projets voient le jour, des coups de cœur aboutissent, des galeristes et collectionneurs investissent. Mais 4 jours c'est court.
Alors l'association cherche de nouveaux moyens pour étendre sa visibilité et surtout celle des artistes qu'elle défend. Mais les institutions ne suivent pas et les subventions baissent. Les entreprises préfèrent soutenir l'humanitaire ou le football, sans se rendre compte que les arts visuels, parents pauvres de la "culture", perdent petit à petit tous leurs soutiens. Combien de manifestation d'art disparaissent ou mutent vers de versions "allégées" cette année ? J'ai perdu le compte...
Malgré cet environnement morose, un nouveau projet de l'association a vu le jour, l'exposition Multimediart qui se poursuit jusqu'à demain, dimanche. Onze artistes ont été sélectionnés dans le vivier des participants à macparis depuis 2005 (année du changement de direction). Peintres, vidéastes, photographes ou créateurs de volumes, ils travaillent tous avec le numérique, l'informatique et n'hésitent pas à mélanger les techniques et les supports pour exprimer leur propos. C'est un format plus intimiste que propose donc, cette fois mac2000. Et l'exercice est réussi. Sur les trois étages du magnifique Bastille Design Center, qui vaut la visite à lui tout seul, les œuvres se parlent et se répondent et les univers cohabitent.
Multimediart, un événement mac2000 du 6 au 9 septembre 2012, au Bastille Design Center, 74 bd Richard Lenoir 75011 Paris M° Richard Lenoir ou Saint-Ambroise Entrée libre www.mac2000-art.com
Les musées sont gratuits le premier dimanche de chaque mois. C'est le jour, donc, où j'évite en général toute visite car les lieux sont pris d'assaut et les queues aux entrées s'éternisent... En ce début de septembre, je tentais tout de même ma chance au musée des Arts et Métiers, espérant qu'il ne connaisse pas le sort du Louvre ou d'Orsay. Pari gagné, pas de queue et peu de monde dans les salles. L'idéal pour découvrir ce lieu que je n'avais encore jamais visité.
Le lieu est beau, grand, haut de plafond. De belles charpentes en bois sont visibles au deuxième étage. Le sol, aux étages, est en parquet qui grince bruyamment dès qu'il y a un peu de monde dans les salles.
Les collections s'étalent sur trois étages et répondent à sept grandes thématiques : instruments scientifiques et matériaux au second, énergie, mécaniques, construction et communication au premier et transports au rez-de-chaussée. Il y a beaucoup de choses à voir et tout cela m'a semblé un peu fouillis. J'ai eu beaucoup de mal à suivre les lignes chronologiques ou thématiques à l'intérieur de chaque collection. Il manquait à mon goût un parcours de visite et j'avais souvent l'impression de passer du coq à l'âne.
Cependant, une fois dépassée cette impression de désordre, il est intéressant de se poser sur une époque, une machine, une technique et développer ses connaissances sur ce sujet précis grâce aux objets en vitrine, aux panneaux explicatifs, cartels et au tablettes numériques qui permettent d'approfondir les informations sur tel ou tel sujet. Chacun trouve alors son propre parcours de visite suivants ses goûts et sa curiosité. On passe ainsi d'une reconstitution du laboratoire de Lavoisier au mode de fonctionnement de l'Ipod, par exemple. Et dans la section transport, j'ai obtenu toutes les réponses aux questions que je me posais sur le fonctionnement de la ligne 14, que j'emprunte tous les jours. Des zones interactives et de démonstration viennent ponctuer la visite, ainsi que des mini-exposition temporaires afin de rendre le musée plus vivant.
Le saviez-vous ? La loi du 18 Germinal an III (7 avril 1795) stipule dans son article 5 : "On appellera mètre, la mesure de longueur égale à la dix millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle boréal et l'équateur ; litre la mesure de capacité tant pour les liquides que pour les matières sèches, dont la contenance sera celle du cube de la dixième partie du mètre ; [...] gramme, le poids absolu d'un volume d'eau pure, égal au cube de la centième partie du mètre et à la température de la glace fondante." Et ainsi naquit le système métrique.
Au rez-de chaussée, la section transport se poursuit dans l'Eglise Saint-Martin des Champs. Celle-ci accueille un pendule de Foucault et une belle collection d’innovations technologiques (voitures et avions). L'intérieur de l'église a été restauré avec sa polychromie d'origine. Toute la hauteur de la voûte a été exploitée grâce à une structure en métal et en verre sur laquelle les modèles d'automobiles sont exposés sur plusieurs étages. Par petits groupes (15 personnes maximum), le public peut monter dans la structure et surplomber ainsi l'ensemble de la nef. Si vous souffrez du vertige, abstenez-vous ! A noter également, le plâtre original ayant servi de modèle pour la fabrication de la statue de la Liberté est exposé dans l'église.
Pour bien profiter du musée, il faut donc y venir et y revenir pour approfondir chaque fois un sujet différent, faire de nouvelles trouvailles et continuer de s'émerveiller du génie des hommes et femmes qui ont fait évoluer notre quotidien avec leurs découvertes et leurs inventions.
Musée des Arts et Métiers 60 rue Réaumur 75003 Paris Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu'à 21h30. Plein tarif : 6,50 €. Gratuit le premier dimanche du mois. www.arts-et-metiers.net