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samedi 3 août 2013

Le soleil se lèvera trois fois

Le festival Paris Quartier d'Eté propose chaque année une programmation originale et hétéroclite de spectacles payants ou gratuits dans des sites reconnus ou insolites en Ile-de-France.

L'été dernier, j'ai découvert, Rizoma, chorégraphie de Sharon Fridman, à 6h du matin sur l'esplanade du Trocadéro. Avec le lever de soleil pour décor, les soixante-dix danseurs créent des liens entre eux et avec la ville qui s'éveille tandis que le son des violoncellistes s'accorde avec les bruits de la nature non encore cachés par le vrombissement des moteurs. Une vrai découverte et un vrai coup de cœur. C'est donc sans hésitation que je me suis levée à 5h ce matin pour profiter de ce nouveau rendez-vous matinal.

Chloé Moglia. Paris Quartier d'Eté.
Lorsque je suis sortie de chez moi, il ne faisait plus tout à fait nuit mais pas encore tout à fait jour. C'est l'heure où les couleurs sont indéfinissables. Sortie du métro, le jour était là, mais le soleil ne pointait pas encore son nez à l'horizon. Pour ce nouveau projet, on est accueilli sur les nouvelles berges de Seine (au pied du musée d'Orsay) par les chants de la coréenne, Eun-Hye Jung (de l'ensemble Be-Being). Elle nous accompagne sous le pont de Solferino où Rocio Molina virevolte dans les marches.
Et c'est parti pour trente minutes d'une danse puissante et sensuelle. La danseuse flamenco montre une précision et une maîtrise impressionnante de son art. Le soleil fait son apparition et illumine la scène. Le vent fait vivre sa robe et accentue l'aspect sculptural de sa silhouette. Tous les éléments semblent s'être réunis exprès, pour rendre ce moment magique. Et il l'était. Elle nous conduit ensuite au pied d'une étrange potence plantée dans un parterre de sable.
C'est le troisième volet de ce programme d'exception. Chloé Moglia monte doucement à la force de ses bras sur son original trapèze fixe. Pendant près d'une demi heure, elle offre un ballet minimaliste, tout en force, grâce et lenteur, maintenue à la seule force de ses bras. Au-delà de la prouesse technique, ce corps volant, illuminé par les rayons dorés du soleil au dessus de Seine et avec comme arrière fond le Grand Palais, prolonge ce moment magique initié plus d'une heure avant aux prémices du jour.

Merci Paris Quartier d'Eté de nous offrir de telles pépites.  

L'association offrait ensuite le petit déjeuner. Mais c'était un trop dur retour à la réalité que de se retrouver à se faire bousculer par une foule affamée. Je n'en ai donc pas profité et j'ai prolongé mon plaisir en me promenant dans les rues désertes de Paris.

Un seul regret, ne pas avoir été assez réveillée ce matin pour me rendre compte qu'il n'y avait pas de carte mémoire dans mon appareil photo :-s Je ne peux donc pas partager visuellement ces beaux moments sur ce blog.

Le soleil se lèvera trois fois, 
avec Princesse Bari, Rocio Molina et Chloé Moglia,
les 2 et 3 aout 2013, à 6h
à l'emmarchement des Berges de Seine. Quai Anatole France, Paris 7.

Festival Paris Quartier d'été
du 14 juillet au 11 août 2013
www.quartierdete.com




dimanche 29 juillet 2012

"La Curva" d'Israel Galvan

Hier soir au théâtre de l'Athénée avait lieu la dernière de la Curva d'Israel Galvan dans le cadre du Festival Paris Quartier d'Eté.


Israel Galvan fait vivre et évoluer le flamenco. Sa danse est énergique, drôle, inventive et son style renouvelé. En dehors de son impressionnant jeu de pieds, ses mains sont étonnamment belles et expressives. Il se sert de ses vêtements et de tous les éléments du décor pour rythmer sa danse : un claquement de doigts ou de langue, un effleurement sur son manteau de cuir, un coup de pied dans une pile de chaises...

Il est accompagné, en toute complicité, par la compositrice et interprète Sylvie Courvoisier qui en écho, se sert également de toutes les capacités de son piano. J'ai découvert à cette occasion le travail de cette femme qui m'a beaucoup plu.

Par contre, je confirme que je ne suis absolument pas sensible au chant flamenco, même lorsqu'il est interprété par la grande Inès Bacan. Les "Aïe, aïe, aïe..." répétitifs d'une voix de chat qu'on égorge ne me touchent pas du tout. Et puis il y avait cet homme, Bobote, dont le seul travail me semblait être celui de ponctuer de ses interjections la soirée. Dans le programme il est annoncé sous l'intitulé Compas. Alors en bonne internaute, je me suis précipitée sur Wikipédia pour découvrir la définition de ce mot et j'en ai déduit que c'était une sorte de chef d'orchestre.

Un petit mot sur le théâtre de l'Athénée en lui-même que je découvrais. C'est un petit théâtre tout en dorures, miroirs, lustres et velours rouge. Il est exigu, les circulations sont compliquées et en bon théâtre à l'italienne, la plupart des places ne permettent de voir qu'un morceau de la scène. Et les ouvreurs, trop timides, avaient du mal à organiser le flux des spectateurs ou répondre aux mécontents qui ne voyaient rien.

Pour aller plus loin et en savoir plus,
sur Israel Galvan
sur le théâtre de l'Athénée
sur le festival Paris Quartier d'Eté