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dimanche 17 novembre 2013

Ville de Versailles

Continuant de profiter de dézonage du pass navigo, j'ai récemment visité la ville de Versailles en faisant le choix d'éviter le château. Bien nous en a pris d'ailleurs vu la queue qui serpentait en zigzag à travers toute la cour ce jour-là.

Le site de la ville de Versailles et de l'office du tourisme n'assurent quasiment que la promotion du château et de son domaine. Les Versaillais regrettent souvent que leur ville soit uniquement assimilée au château, mais toute leur communication étant tournée autour de celui-ci, c'est dur de s'en détacher.

Plan d'Eau des Suisses.
Première étape incontournable donc, l'office du tourisme à deux pas de la gare Versailles-Rive gauche (Prenez à droite en sortant de la gare, puis tout de suite à gauche dans l'avenue de Paris). Le guide gratuit du tourisme à Versailles est particulièrement complet et bien fait. On y découvre notamment quatre parcours qui permettent de se promener à travers la ville et d'y trouver des trésors cachés. Chaque étape des parcours est balisé par une borne en pierre qui décrit brièvement en sept langues le repère devant lequel on se trouve et sur laquelle est dessiné un plan pour se diriger vers le site suivant. Nous avons choisi de faire un mixe de tous les parcours dont je vous livre ma sélection de points remarquables.

Cour des senteurs.
La très médiatisée Cour des Senteurs (8 rue de la Chancellerie) est au final assez décevante. Une première cour  regroupe quatre enseignes de luxe : la gastronomie avec la maison Le Nôtre, les parfums d'ambiance de chez Diptyque, les parfums de la maison Guerlain et la ganterie de la Maison Fabre. Triste spectacle que ces boutiques vides. Une passage végétal répertorie sur des panneaux de bois les matières premières et le vocabulaire lié à la parfumerie. La vrai pépite est juste derrière, un havre bucolique, un petit jardin blottit entre les immeubles. Deux autres espaces verts ont retenu mon attention. La pièce d'Eau des Suisses qui jouxte le potager du roi (fermé pendant l'hiver) et l'orangerie du château,  grand espace paisible encadré par les arbres, semble le lieu idéal pour les sorties en famille ou les pique-nique entre amis pendant les beaux jours. Mais mon vrai coup de cœur, c'est le Domaines de Madame Élisabeth (73 avenue de Paris). Bien qu'elle ait appartenu à la sœur du roi Louis XVI, la demeure est assez simple (et ne se visite pas). Par contre, le jardin, assez grand est très agréable. Parmi les chênes historiques et quelques œuvres contemporaines, le tunnel de verdure paré de ses couleurs d'automne est un petit bijou. Entouré d'un camaïeu de jaune et rouge, on oublie complètement d'être au plein cœur de la ville. 

Tunnel de verdure. Domaine de Madame Elisabeth
D'un point de vue historique, on retient l'Hôtel de Menus-Plaisirs (22 avenue de Paris), dont la cour haute a accueilli l'assemblée des Etats-Généraux de 1789 où fut votée la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen qui servit de préambule à la Constitution. Il faut traverser la cour visible de la rue et emprunter l'escalier, au fond, pour découvrir le tracé reconstitué au sol de l'ancienne salle. Pour l’anecdote, le centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) habite maintenant les murs de cet hôtel et les grands bâtiments en fond de cours abritent les collections de costumes d'époque qui sont utilisés lors des grands événements au château (Grandes Eaux...). La passionnée de costumes que je suis avait été émerveillée de découvrir ces collections lors de mon stage au CMBV, il y a quelques années. Autre site remarquable, bien entendu, la salle du Jeu de Paume (rue du Jeu de Paume) où a été proclamé le fameux serment du 20 juin 1789. 641 députés s'autoproclamèrent Assemblée Nationale et jurèrent de ne plus se séparer avant de donner une constitution à la France. C'est assez émouvant de se retrouver dans ces murs chargés d'histoire et de lire, inscrits sur les murs, les noms de ceux qui étaient là aux balbutiements de la République.

Bustes. Salle du Jeu de Paume.
N'oubliez pas de compléter votre visite de la ville en vous perdant dans les petites rues et passages piétonniers autour du marché Notre-Dame et dans le quartier des antiquaires de la Geôle. Prévoyez de bonnes chaussures car à force de marcher, les pavés inégaux de ces quartiers anciens fatiguent avec des chaussures inadaptées. A l'opposé de la gare Rive Gauche, le carré Saint-Louis, ancien marché édifié par Louis XV, offre une ambiance de village fort sympathique avec ses boutiques originales de créateurs, ses artisans d'art et ses galeristes.







Versailles
Accessible de Paris en RER C, gare Versailles-Rive gauche. 
Office du Tourisme : 2 bis avenue de Paris à Versailles (78)
Ouvert 7 jours sur 7. Horaires suivant les saisons. 
L'office du Tourisme est labellisé Tourisme et Handicap pour les quatre déficiences.
www.versailles-tourisme.com

lundi 4 novembre 2013

La maison des Canuts

A deux pas de la place de la Croix-Rousse à Lyon, la maison des Canuts fait revivre le patrimoine des soieries lyonnaises au cœur du quartier des Canuts (ouvriers tisserands). Il s'agit d'un centre d'interprétation donc ne vous attendez pas à découvrir d'étonnantes collections. Les deux salles du musée sont très succinctes et sans intérêt, il est impératif de participer à une visite commentée pour profiter des richesses du site.


La visite - qui dure 50 minutes - commence par une démonstration de tissage sur un métier à bras. Ce système "automatisé" a été inventé par Joseph Jacquard en 1804. Les métiers à tisser sont très grands et nécessitent des pièces hautes de plafond comme on en voit beaucoup en jetant un œil aux fenêtres des immeubles de la Croix-Rousse. Le canut, n'est pas un ouvrier comme les autres : il a de l'instruction et il possède son propre outil de travail. Généralement la vie de la famille du canut s'organise autour du métier à tisser qui occupe une grande place dans l'habitation.

Le maitre tisserand s'installe devant le métier à tisser et actionne une pédale qui à chaque pression, fait défiler des cartons perforés, qui de façon mécanique, soulèvent les fils de chaîne. Une première pression soulève un fil sur deux sous lesquels le tisserand fait passer avec une navette le fil de trame (ligne de fond), puis à la pression suivante, les fils se soulèvent suivant le motif voulu et le tisserand fait passer des petites navettes de fil de couleur suivant un schéma qu'il a appris par cœur et ainsi de suite (ligne de motif). Même si le système Jacquard a réduit la pénibilité du travail, il faut une très grande concentration. Imaginez que pour un motif façonné basique (type bouquet de fleur), un canut tisse 30 cm par jour au rythme de 15h de travail quotidien. Pour décorer une demi pièce à Versailles, deux tisserands travaillaient 22 à 23 ans (!).

La visite se poursuit dans un petite salle de classe, où la guide met l'accent sur l'apport social des canuts au XIXème siècle, pour conclure sur l'évolution de l'industrie textile en Rhône-Alpes. Vers 1830, la ville de Lyon comptait environ 8000 maîtres tisseurs. Avant la révolution, un lyonnais sur deux travaillait dans le secteur de la soie qui offrait plus de 25 métiers différents. De nos jours, il ne reste que 7 ou 8 maîtres tisseurs et deux maisons de soierie à la Croix-Rousse qui travaillent pour les grandes maisons de luxe ou à la restauration de soieries anciennes (comme celles de Versailles par exemple).

Dans la chaine de la soie, le négociant paie le tisserand. En 1831, un tarif minimum garantit est négocié mais les négociants, bien qu'ayant signé l'accord, refusent de le respecter. Les canuts de la Crois-Rousse décident de manifester pacifiquement mais la répression sera sanglante. Les canuts revendiquaient de "vivre correctement ou de mourir en combattant". Plus de détail sur la révolte des canuts ici.

Avec la baisse d'activité des industries du luxe pendant les guerres mondiales et le développement des textiles synthétiques, l'industrie de la soie a périclité. Le secteur textile reste cependant très important dans la région Rhône-Alpes grâce aux développement des textiles à usage technique (TUT) comme le tissage de la fibre de verre qu'on retrouve dans les circuits informatiques ou les tissages de polyester a usage médical.

La maison accueille également une boutique qui propose écharpes, foulards, carrés soie et autres articles tissés de qualité. Et si vous n'habitez pas Lyon, ils ont une boutique en ligne mais la sélection est très limitée.

Bon à savoir : demandez à l'accueil le plan gratuit des traboules (passages dans les immeubles) de la Croix-Rousse ainsi que les emplacements du mur des Canuts et du mur des Lyonnais célèbres.

Mur des canuts.
Mur des Lyonnais célèbres.

La Maison des Canuts
10/12 rue d'Ivry à Lyon 4è (69)
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h. Visites commentées de 50min à 11h et 15h30. 
Plein tarif : 6,50€. 
www.maisondescanuts.com

dimanche 3 novembre 2013

Musées Gadagne

Le musée Gadagne, dans le vieux Lyon regroupe deux musées et un café dans un ensemble de bâtiments Renaissance.

Moi qui ne connait pas du tout le ville, le musée est très bien indiqué dès les berges de la Saône. On accède au musée en traversant une courette - comme Lyon en connait de nombreuses. Le premier musée retrace l'histoire de la ville de Lyon en 30 salles thématiques, qui suivent un parcours chronologique. La visite est assez labyrinthique entre les différents niveaux des bâtiments mais la signalétique est très bien faite. A noter malgré les dispositions difficiles du bâtiment, il a été entièrement été aménagé pour être accessible aux PMR. Des zones tactiles ont également été aménagées pour les non-voyants.

Sans être extraordinaires les collections présentées donne un bon aperçu de l'évolution de la ville. Il en ressort que toute l'histoire de la ville, de ses évolutions urbanistiques à ses mutations économiques, est tournée sur son implantation à la confluence du Rhône et de Saône. L'importance de l'industrie textile, puis automobile et pharmaceutique sont mis en avant. Et on découvre le passé religieux, politique et social chargé de la cité.


Pour ceux qui le souhaitent, on peut enchaîner par la visite du musée des marionnettes du monde. Dit comme ça, je m'attendais à découvrir une étonnante collection variée et internationale. Je fus quelque peu déçue. La première salle d'exposition est consacrée, comme on peut s'y attendre au personnage de Guignol et son évolution. Se déroule ensuite l'histoire de la marionnette en France avec l'exposition de divers spécimen propres à chaque région. Le théâtre de papier est introduit et on y parle des débuts de la marionnette à la télévision. Des "boites multimedia" permette de visionner des petits films de 5 minutes, présentant la manipulation des marionnettes exposées, pour ceux qui souhaitent approfondir une thématique.


Les collections commencent ensuite à s'ouvrir à l'international, avec l'opposition entre fantoccini (à fils), burratini (à gaine) du nord de l'Italie et pupi de Sicile. Puis cela devient un survol, de grand personnages Tchèques, une silhouette Indonésienne, un exemplaire d'une marionnette de Bunraku (Japon) et quelques pantins articulés d'Afrique. Soit tous les continents sont représentés, l’appellation "du monde" n'est donc pas usurpée mais c'est très frustrant de ne pas en découvrir d'avantage. Grosse déception.

En résonance avec la Biennale d'Art Contemporain qui se tient en ce moment à Lyon, les deux musées accueillent des œuvres contemporaines. Le musée d'histoire accueille "Archéologie du savoir ?", où des œuvres choisies du MAC Lyon sont sensées dialoguées avec les collections présentées. Malgré les cartels explicatifs, j'avoue souvent ne pas avoir vu le lien. Par contre, la carte blanche donnée à l'artiste-performeur Zaven Paré au sein du musée de la marionnette était particulièrement bien vue. Telle des pièces à convictions étiquetées, des bras articulés, visages projetés sur des masques, systèmes digestifs sont éparpillés parmi les collections. Objets de technologie aux formes anthropomorphiques, ils dialoguent à merveille avec les marionnettes historiques en papier, en bois ou en tissus...

Mario Merz, Proliferazione di notizie e parole.
Zaven Paré, Jambes du soldat.

Musées Gadagne : Musée d'histoire de Lyon et Musée des marionnettes du monde.
1 place du petit Collège, Lyon 5è (69)
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h30.
Plein tarif : 8 euros pour les deux musées. Audioguide gratuit.
Expositions : Carte blanche à Zaven Paré, jusqu'au 5 janvier 2013. Archéologie du savoir ?, jusqu'au 19 janvier 2014.
www.gadagne.musees.lyon.fr

mardi 17 septembre 2013

Chateau de Vaux-le-Vicomte



Nicolas Fouquet surintendant des finances de Louis XIV fait construire le château de Vaux le Vicomte avec le concours des plus grands artistes de l'époque. La légende veut que le roi fit arrêter Fouquet par d'Artagnan, suite à la fête de fin de travaux donnée en l'honneur de Louis XIV en 1715 car elle était trop grandiose et somptueuse. Même si en réalité il n'en est rien, je m'attendais tout de même a être émerveillée.

Déposée vers 10h30 un dimanche matin, par le château-bus, il y a très peu de monde sur le domaine. Nous commençons par une visite des jardins pour profiter du soleil (la météo annonçait des nuages et de la pluie, plus tard dans la journée). Le plan propose deux parcours de visite qui durent respectivement 45 min et 1h30. Le jardin semble tout petit jusqu'à la statue d'Hercule, c'est un effet d'optique apprendra-t-on dans l'exposition Le Nôtre au sous-sol du château. En marchant doucement, en prenant le temps de "se perdre" et de prendre des photos, la visite du parc nous auras pris 2 heures. Il est très ingénieux et bien disposé, mais finalement un peu terne car les fontaines ne sont pas mises en eaux (2 samedis par mois entre 15h et 18h uniquement) et les haies et buissons sont mal entretenus. C'est regrettable quand on sait que les jardins à la française ont été créés par Le Notre sur le domaine de Vaux-le-Vicomte. Mais le château est privé et les financements manquent. De nombreuses zones du parc sont fermées au public, comme les potagers.
Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas faire la grande promenade, des voiturettes de golf peuvent être loués (15€ les 45min) et elles rencontrent un grand succès.


La visite du château est inclue dans le billet d'entrée. L'audio-guide est payant (3€). Des costumes, pour adulte ou pour enfants, sont proposés à la location (entre 4 et 7€ de mémoire). Nous n'avons vu aucun adulte craquer pour une robe de duchesse ou une cape de d'Artagnan, mais les enfants adorent ! La visite du château propose des reconstitutions de salles. Les plus impressionnantes sont celles réalisées par le peintre Le Brun. De très belles pièces de marqueterie sont également visibles. Pour un supplément de 3€ (encore !), il est possible d'accéder au dôme du château qui offre une vue exceptionnelle sur le parc (disent-ils, je n'ai pas testé). Au sous-sol on découvre les cuisines - très spacieuses et "modernes" - et la cave, ainsi qu'une exposition temporaire sur l'art de Le Nôtre où on "l'entend" présenter toute l'ingéniosité de son projet.


C'est une belle découverte, mais malheureusement, ni le château, ni le parc n'ont le faste et la grandeur à laquelle je m'attendais. Bien qu'ils aient servi de modèle au château de Versailles, celui-ci surpasse largement Vaux en majesté. Ce petit bijou de notre patrimoine mérite pourtant un plus grand intérêt et un soutien financier majeur pour assurer son entretien. J'ai découvert avec étonnement, par exemple, que la Région Ile-de-France ne subventionnait pas du tout le fonctionnement, ni la restauration du château et de son domaine.

Le domaine de Vaux le Vicomte est accessible par les transports en commun. Le week-end, le château-bus dessert le domaine à partir de la gare de Melun. Le TER au départ de la gare de Lyon est gratuit le week-end pour les porteurs du pass navigo. Les horaires de château-bus sont calés sur certains arrivées ou départs des trains parisiens du 30 mars au 3 novembre. L'aller-retour en bus est à 7€, et une réduction est offerte aux porteur du pass navigo dézoné (4€ A/R).

Château de Vaux-le-Vicomte
77950 Maincy
Ouvert de 10h à 18h du 9 mars au 11 novembre 2013
Plein tarif 16€. Tarif réduit pour les pré-ventes en ligne ou sur présentation d'un billet de visite du Château de Fontainebleau ou de la cité médiévale de Provins.
www.vaux-le-vicomte.com

lundi 18 mars 2013

musée d'histoire de Nantes

Le Château des Ducs de Bretagne accueille le musée d'histoire de Nantes. L'actuel château est l’œuvre de François II, au XVème siècle, qui souhaitait que la résidence ducale soit une forteresse face au pouvoir royal. Sa fille la duchesse Anne de Bretagne, deux fois reine de France grâce à ses unions avec Louis XII et Charles VIII, continuera d'embellir l'édifice. La forteresse deviendra le pied à terre breton des rois de France pendant deux siècles. Il subira ensuite maintes transformations et détériorations (incendie, explosion...) jusqu'au récent chantier de restauration. Après 20 ans de travaux, le château ré-ouvre au public dans les années 2000 et accueille le très actuel musée d'histoire de Nantes.


Avec une scénographie très contemporaine, le musée se veut à la pointe des techniques d'interprétation. Une signalétique soignée permet de se repérer aussi bien au cœur du château qu'au sein du parcours de visite. Des codes couleur délimitent les thématiques abordées. A titre d'exemple, les panneaux bordeaux disséminés dans les salles du musée attirent l'attention du visiteur sur des détails architecturaux liés à l'histoire du château. A l'entrée de chaque salle un grand livre en gros caractères retrace en quelques pages le sujet traité. De nombreux écrans et contenus multimédia ponctuent la visite : ambiances sonores, bornes interactives, reconstitutions en 3D de la ville à diverses époques... Les deux films sur l'histoire d'Anne de Bretagne et du château sont particulièrement réussis : mélange de graphisme contemporain et d'images d'archive, ils retracent de façon pédagogique le passé du lieu.
Un effort est également mené pour l'accueil des personnes à mobilité réduite ou déficientes sensorielles. Cependant, les supports adaptés à ce type de public ne sont pas systématiques et laissent donc penser qu'il sont plus là pour "montrer qu'on fait un effort", plutôt qu'accompagner réellement la visite des malentendants ou malvoyants. Dans des petites salles à l'écart, des aires de jeu en lien avec les collections du musée sont proposée pour le familles.



Les collections elles-mêmes regorgent de pièces étonnantes et d'anecdotes intéressantes. En vrac, j'ai appris que Nantes était connue pour la fabrication de cartes à jouer et qu'après la Révolution les couronnes avaient disparu des représentations des figures ; j'ai découvert que pour mesurer le temps en pleine mer on utilise des sabliers d'une demi-heure, appelés "horloges" - je n'imagine juste pas le gus dont c'est le travail de le retourner toutes les 30 minutes... La séquence sur l'or noir - non pas le pétrole mais la traite des esclaves - est particulièrement bien fournie et documentée. Et le petit film final, œuvre de l'artiste contemporain nantais, Pierrick Sorin est une conclusion pleine d'humour aux siècles d'histoire retracés dans les 32 salles du château.


Les remparts et les douves peuvent également être visités, mais la météo ayant été plus que capricieuse lors de mon séjour, je n'ai pas eu le loisir d'en profiter.

 Musée d'histoire de Nantes
Château des ducs de Bretagne, 4 place Marc Elder à Nantes (44)
de 10h à 18h. Fermé le lundi. 
Tarif : 5 euros (8 euros avec accès à l'exposition temporaire du moment)
La cours, les remparts et les douves sont en accès libre 7jours/7 de 10h à 19h.
www.chateau-nantes.fr

dimanche 17 mars 2013

Julio le Parc au Palais de Tokyo

Bien que travaillant non loin, je n'étais pas retournée au Palais de Tokyo depuis la réouverture. Je suis allée voir l'exposition Julio Le Parc qui se poursuit jusqu'au 13 mai. Le travail de cet artiste cachanais octogénaire, précurseur de l'Op Art et de l'art cinétique est à la fois ludique et impressionnant de technicité alors que ses installations paraissent si simple. C'est une exposition très visuelle et malheureusement je n'avais pas mon appareil photo sur moi. Je reviendrai donc prochainement sur cette exposition avec des images à l'appui cette fois.



Après l'exposition, mon amie m'a un peu fait visiter les nouveaux espaces du Palais de Tokyo. Je suis restée complètement bluffée par l'immensité des salles, l'aspect labyrinthique des accès, le mélange des niveaux, les salles cachées... Tout le béton a été laissé à l'état brut laissant ainsi parler les volumes et le lieu. L'ancienne signalétique à moitié effacée de la cinémathèque française est encore visible ça et là, chargeant les murs d'histoire. Par un trou ou derrière une porte, on découvre de vieilles salles de projection. Dans la pénombre, on laisse son imagination flotter, les lieux semblent habités.

Résultat, complètement subjuguée par l'architecture et l'histoire du Palais, on en oublie les œuvres qui sont disséminées ça et là, dans les dégagement, les recoins, les places et les ouvertures.

Julio le Parc
au Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson Paris 16ème
du 27 février au 13 mai 2013, de midi à minuit. Fermé le mardi. 
Plein tarif : 10 euros.
www.palaisdetokyo.com

dimanche 24 février 2013

Visite du palais Garnier

Aujourd'hui, l'Opéra National de Paris offrait à ses abonnés une visite exceptionnelle des coulisses du palais Garnier. C'est mon monument préféré à Paris et je ne me lasse pas de parcourir ce lieu. Pendant les entractes des ballets que je vais y voir, je déambule à tous les étages pour profiter de tous les recoins de ce théâtre.

La visite commence par la rotonde des abonnés, qui permettait aux abonnés d'arriver directement en fiacre sous la salle de spectacle. Puis nous montons directement au dernier étage, sous la Coupole. Et là, à ma grande surprise, je découvre que toute l'armature du palais est en métal riveté. Les stucs, les marbres et les dorures cachent un squelette d'une étonnante modernité. La Coupole accueille une grande salle de répétition aux dimensions du plateau et qui reprend l'inclinaison (de 5%) de la scène. Cette salle a été transformée en salle de répétition dans les années 60, c'était à l'origine un espace vide qui servait à évacuer les gaz de combustion du lustre de la grande salle.

Opéra de Paris_coupole

En redescendant vers les ateliers de costumes, nous pouvions apercevoir par chaque fenêtre la neige tomber sur les toits du palais et sur Paris. Dans l'atelier de flou sont (re)créés les tutus, et de façon plus générale les costumes féminins. Au central costumes, magnifique salle toute en bois, les costumes sont en transit entre les ateliers et le service habillement. Les tutus pendant au plafond, la tête à l'envers pour prolonger leur durée de vie et éviter qu'ils ne s'affaissent. Nous traversons des couloirs pleins de costumes plus beaux les uns que les autres. Il m'était très difficile de réprimer mon envie de toucher tous ces textiles. Nous finissons notre visite des ateliers, par celui de décoration, sorte de caverne d'Ali Baba où les textiles sont teints, peints, vieillis et agrémentés de bijoux et accessoires. Opéra de Paris_centra costumes

Nous rejoignons le plateau par l'arrière où une conférencière pleine de vie nous fait partager la vie des premières danseuses dans le foyer de la danse à la fin du XVIIème siècle. Les riches abonnés en haut de forme y étaient conviés pour choisir leur "protégée" parmi les ballerines. Ceux qui ont vu une fois dans leur vie le défilé du corps de ballet en début de saison, auront aperçu ce foyer, au lointain, qui prolonge la scène (pour lui permettre d'atteindre les 50m de profondeur). Le reste du temps il est inaccessible et sert de salle d'échauffement avant et pendant les spectacles. On traverse enfin le plateau à travers les décors de La Cenerentola et les conduites de Kaguyahime. La salle (d'environ 2 000 places) - que je connais bien - est encore plus impressionnante coté scène avec ses dorures et ses velours rouges. Le plafond de Chagall, peint par dessus celui de Lenepveu abîmé par l'éclairage au gaz, apporte une touche moderne à l'ensemble. Opéra de Paris_salle

Petite parenthèse au sein de la bibliothèque, souvent ouverte au public pour des expositions. Elle dépend de la Bibliothèque Nationale de France et regroupe tous les ouvrages liés à l'Opéra et aux Ballets. La salle de lecture qui devait être le fumoir privé de Napoléon III, peut accueillir jusqu'à 18 chercheurs. Opéra de Paris_bibliothèque Opera de Paris_ grand foyer

La visite se conclut par une promenade dans les espaces publics, le grand foyer - inspiré de la galerie des glaces à Versailles - et le grand escalier avec ses 24 sortes de marbre différents qui proviennent de toute l'Europe. C'est le seul théâtre dont plus de 30% de sa superficie sont dédiés aux espaces publics. L'escalier lui-même, avec ses "loges" tout autour, est comme une théâtre dans le théâtre où l'on vient voir et se montrer. Les déambulations en famille dans le grand foyer, permettaient de rencontrer d'autres familles de rang équivalent pour marier ses enfants.

Un peu d'histoire. Douze salles d'opéras avaient été construites à Paris, depuis que le genre avait été créé par Louis XIV en 1669. Toutes en bois, elles ont toutes maintenant disparu par le feu. C'est après avoir évité de justesse un attentat en se rendant à l'Opéra de la Rue Pelletier que Napoléon III ordonne la construction d'un treizième Opéra, et fait ouvrir un accès direct pour s'y rendre de ses appartements (au Louvre). Suite à un concours, le projet du jeune et peu connu Charles Garnier est choisi à l'unanimité en 1861. L'Opéra sera inauguré 14 ans plus tard, en 1875, Napoléon III ne l'aura jamais vu achevé et n'aura jamais profité de son avenue.