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mardi 25 février 2014

Guinness Storehouse à Dublin

La bière Guinness est omniprésente à Dublin. Tous les pubs la servent et l’image publicitaire de la marque sert de décor dans la plupart des établissements. En longeant la Liffey vers Phoenix park, on aperçoit sur la rive sud tout un quartier enfermé entre de hauts murs. Il s’agit de l’usine Guinness. En effet celle-ci est en pleine ville !



Dans le vieux Dublin, en passant par des petites rues vides, qui ressemblent à des coupe-gorges avec leurs hauts murs de pierre austères et leurs pavés, on tombe sur l’hyper touristique entrepôt Guinness. Il s’agit d’un musée-attraction, installé dans l’ancienne usine de fermentation de 1904, qui  retrace l’histoire de la marque.


Au sous-sol, comme dans les parcs d’attractions, de grandes quantités de séparateurs laissent imaginer de longues queues qui s’agglutinent. Heureusement pour nous il n’y a pas grand monde ce jour-là. Pour accompagner la visite, il est possible au choix, de suivre un guide anglophone, de prendre un guide audio multilingue gratuit, de télécharger l’application (gratuite et multilingue également) ou tout simplement de se promener à son gré en lisant les panneaux. L’expérience se déroule sur 7 étages qui forment une pinte géante.


Dans le sol de l’atrium, sous une plaque de verre, on peut voir le bail de 9000 ans signé par Arthur Guinness en 1759 à la brasserie de St. James Gate à Dublin. Il marque le début de l’aventure Guinness et du parcours de visite. Une première salle présente, avec une belle scénographie les 4 éléments naturels qui composent cette bière : eau, orge, houblon et levure. Avant de découvrir le long processus de brassage, on passe à travers une « salle d’archives » où des tableaux animés (très réussis par ailleurs) font l’apologie d’Arthur Guinness et de son entreprise à travers les âges. La visite se poursuit avec la promotion de l’art du tonnelier – artisan le plus qualifié de la brasserie, puis l’évocation du large panel de transports qui permettent à la bière d’être exportée dans 150 pays (à pied, à cheval, en péniche, en cargo, en train…). Malgré une jolie mise en scène on regrettera de ne pouvoir visiter la vrai usine pourtant à quelques pas de là. 


Maintenant que l’on sait « tout » sur la fabrication de la bière, il est temps de la déguster. Digne des plus grands parcs d’attraction, cette expérience de dégustation est scénarisée. On est d’abord invités dans une première salle tout en blanc, à « sentir » les quatre arômes de la Guinness, qui émanent de quatre puits de fumée. On nous sert alors un petit verre de dégustation que nous ne devons pas boire avant d’avoir appris « comment », dans la deuxième salle, qui ressemble au salon d’une grande demeure irlandaise, tout en boiseries et portraits de famille.


Le troisième étage est consacré à l’histoire de la publicité (print et TV) de la marque. Sur des bornes interactives, il est possible de faire un test « Drink IQ », qui permet d’estimer ses connaissances sur les effets de l’alcool sur l’organisme.


Dans les étages suivants, on peut faire son choix de cadre pour profiter de la pinte offerte avec le billet d’entrée. Certains voudront apprendre l’art de tirer la pinte parfaite, d’autres préfèreront l’ambiance d’un pub traditionnel (cela a été mon cas), alors que les derniers iront se faire bousculer dans l’effervescence du Gravity bar qui offre une magnifique vue panoramique de la ville. Je conseille d’y monter pour découvrir la vue, mais il y a beaucoup de bruit et très peu d’assises, je trouve donc plus agréable de se poser dans les étages pour boire.

Entre 12h et 14h, il y a des dégustations et animations autour des recettes à base de Guinness mais je ne peux vous en dire d’avantage car je n’y étais pas aux bons horaires. 

Guinness Storehouse
St James Gate, Dublin 8
A pied à partir de Thomas street, prendre Crane street et tourner à droite au bout de la rue.
Ouvert tous les jours de 9h à 17h (fermeture des caisses à 17h), jusqu’à 19h en juillet et en août.
Plein tarif : 16,50€ sur place -  14,85€ en ligne
www.guinness-storehouse.com

lundi 24 février 2014

La presqu'île de Howth




La presqu’ile de Howth est accessible en DART (RER local) en moins de 30 minutes (voir section transports) du centre de Dublin. La gare est située à l’entrée du port. Nous avons commencé par traverser le port pour nous promener sur la jetée jusqu’à nous rapprocher au plus près de l’ile appelée Ireland’s eye.


Il existe 4 boucles balisées de différents niveaux qui permettent de visiter l’ile à pied (http://www.howthpathways.com/loopwalks.html). Elles ont toutes une section commune puis se séparent suivant la longueur et le niveau de difficulté. Nous avons choisi de faire la plus longue et la plus difficile appelée Bog of frogs loop. Elle est indiquée par un marquage violet. Ce parcours fait une dizaine de kilomètres. Il est annoncé pour 2h30 à 3h de marche, mais en prenant notre temps pour admirer le paysage, il nous en a fallu 4.


Il faut marcher une vingtaine de minutes sur le bord de la route pour rejoindre le sentier a proprement parlé. La première partie rappelle beaucoup les sentiers des douaniers bretons. Le chemin longe la falaise, la végétation est rase et ponctuée de rochers. On a même vu des dauphins au large. Au fur et à mesure qu’on avance sur le sentier on croise de moins en moins de monde. Se succèdent des criques aux plages recouvertes de galets (et de déchets !), des murs de coquillages qui enceignent des prés dans lesquels paissent des chevaux, de superbes villas, une pinède avec son odeur très caractéristique, et toujours la falaise de pierres aux couleurs changeantes. 


Aux deux tiers du trajet environ, nous quittons la côte pour escalader les collines du centre de la presqu’île. Le dénivelé est de 240m au maximum. Le sentier est beaucoup plus arboré et nous traversons les grandes étendues vertes du golf. Les traces de sabots au sol indiquent que ces sentiers sont fréquentés par des cavaliers, nous en croisons d'ailleurs quelques-uns. La lumière se fait rasante à travers les arbres. Il faut encore traverser le village et ses alignements de maisons identiques pour rejoindre le port. 


Bien que nous ayons bénéficié d’une belle journée ensoleillée, les chemins sont très boueux voire inondés. Il est donc vivement conseillé d’avoir des chaussures adaptées. Par ailleurs, sur la grande boucle il n’y a aucun commerces, prévoyez donc à boire et de quoi grignoter. Il y a des toilettes publiques gratuites sur le port, au bout de la jetée. 


Après cette agréable marche en plein air, nous rêvions de nous poser au chaud dans un restaurant du port. Notre  choix s’est porté sur le O’Connells (http://oconnellshowth.ie). 

Dublin : transports



De nombreux vols quotidiens permettent de rejoindre Dublin en 1h30 au départ de Paris. La destination est desservie à la fois par Air France (opéré par CityJet) que par des compagnies low cost. 

Je m’étais renseignée sur les traversées en ferry, mais elles reviennent finalement au même prix, voire plus cher,  pour un temps de voyage de quasiment une journée pour relier les deux capitales (via Roscoff, Cherbourg et/ou Cork). 

A l’aéroport de Dublin plusieurs options de bus sont proposées pour rejoindre le centre-ville. Nous avons hésité entre le bus « normal » et l’Airlink. Le Dublin bus (route 16 dans notre cas) coûte moins cher (3,05€ par personne et par trajet) mais le temps de trajet est plus long (env. 1h), il n’y a pas de rack pour les bagages et il parait qu’il est très difficile de repérer son arrêt car ceux-ci ne sont pas annoncés. Nous avons donc préféré l’Airlink (6€ par personne et par trajet, 10€ pour l'aller-retour). L’arrêt est juste à la sortie de l’aérogare, les billets s'achètent au comptoir à l'intérieur, le trajet est direct jusqu’en ville (env. 30 min), les arrêts sont clairement énoncés et il y a des espaces de stockage pour les bagages. Seul bémol, la publicité pour les bus avec commentaires (Hop-on, Hop-off) pendant tout le trajet. 

Dublin est une capitale à taille humaine. Le meilleur moyen d’en profiter reste donc la marche à pied (voir article précédent). C’est de toute façon, à mon sens, le meilleur moyen de découvrir une ville. 

Cependant, afin de gagner un peu de temps de visite, nous avons testé le tram LUAS (http://www.luas.ie/) . Il existe deux lignes qui traversent la ville du Nord au Sud (ligne verte) et d’Est en Ouest (ligne rouge). Pour les parisiens, vous reconnaitrez les rames, ce sont exactement les mêmes que les nôtres. Le tarif dépend des zones traversées (compter 2,10€ pour deux zones). Le billet s’achète sur des bornes, facile d’utilisation, aux arrêts. Il est même possible d’avoir les menus en français si vous n’êtes pas à l’aise en anglais. Les pièces, billets et carte bleue sont acceptés. Le billet est valable 1h30 après son émission, pour un voyage sur les deux lignes de tram. Il ne se composte pas dans la rame. 

Pour aller à Howth, nous avons emprunté le RER local, le DART (http://www.irishrail.ie/travel-information/howth). Comme pour le tram, le billet s’achète aux bornes en gare. On sélectionne sa destination, s’il s’agit d’un aller-retour et la quantité (Compter 5,75€ par personne pour un aller-retour dans la journée entre Tara Street et Howth). Le règlement s’effectue par pièces, billets ou carte bleue. L’appareil rend la monnaie. Il y a environ trois trains par heure pour Howth. Les horaires sont disponibles en ligne. Il faut bien écouter les annonces dans le train. Par exemple, notre train, pris à Tara street était annoncé direct jusqu’à Howth mais nous avons dû changer à Connolly station, suite à une annonce du chauffeur. Je ne l’ai pas testé mais il y a le wifi gratuit dans les rames.

Dublin - introduction

Depuis de nombreuses années, je rêvais de découvrir l’Irlande. A défaut de pouvoir la parcourir car je ne conduis pas, j’ai choisi de passer 5 jours à Dublin, sa capitale.

La ville est très différente d’un quartier à l’autre et il est agréable de s’y promener. Par contre, les trottoirs sont souvent étroits, mal pavés (préférer des chaussures plates aux talons) et bondés en centre-ville (de O’Connell street à St Stephen’s green, en passant par Grafton Street). Le système des passages piétons est très particulier. Il n’y en a jamais où on le souhaiterait, le bonhomme reste rouge, alors que le feu l’est également pour les voitures. C’est à n’y rien comprendre. On finit vite par traverser « à la parisienne », c’est-à-dire où et quand bon nous semble. 

J'ai été particulièrement choquée par l’état général de saleté des rues et même des chemins sur des sites naturels comme la presqu’ile de Howth. Les cadavres de bouteilles plastiques et en verre jonchent tous les recoins imaginables. 

Il faut noter également que de nombreux sites et boutiques ferment très tôt, dès 17h… Par contre la plupart des boutiques sont ouvertes le dimanche, et les supermarchés (Tesco) et supérettes (Spar) ont des horaires d’ouverture étendus, voire en non-stop (24h/24). Ce qui est étonnant, c’est la répétition des enseignes à quelques rues d’intervalle et quelques fois, au sein d’un même bloc. Si vous cherchez un Carrolls (boutique de souvenirs Irlandais), un point d’information touristique, une chocolaterie Butlers ou une supérette Spar, vous tomberez obligatoirement sur plusieurs de leurs boutiques au moindre de vos déplacements. 

Un dernier mot sur la météo. Comme en Bretagne, le temps est très changeant au cours d’une même journée. L’important est de prévoir un bon coupe-vent et de quoi se prémunir de la pluie (privilégiez l’imperméable au parapluie à cause du vent justement). Mais même au mois de février, nous avons profité de belles journées ensoleillées. Nous avons même eu, le dernier jour, de la pluie sans nuage… étrange expérience !

dimanche 17 novembre 2013

Hôtel la Résidence du Berry

 A quelques minutes de la gare (à gauche en sortant), cet hôtel au cœur milieu du carrier Saint-Louis est plein de charme. La décoration y est très réussie. Au rez-de-chaussée, passée la réception, un petit bar et une salle de billard tout en bois rappellent l'ambiance des clubs privés anglais. La salle à manger, dans les tons blanc, sous une véranda, donne sur une cour intérieure. On imagine y passer d'agréables moments quand il fait beau. Même les recoins de l'escalier ne sont pas oubliés, ce qui fait un peu se sentir dans une grande maison. La chambre est agréable et bien agencée. Donnant sur la cour intérieure elle est très calme et silencieuse. Une armoire, un grand lit, un mini-bureau sous une télévision la meublent. La literie est ferme et de qualité. La salle de bain est petite mais impeccable.

Passée cette agréable image, le service n'est pas du tout au niveau attendu pour un trois étoiles. Le mail de confirmation de la réservation indiquait que les chambres étaient disponibles dès 14h. Nous nous sommes présentés le matin même pour déposer nos bagages et confirmer la mise à disposition de la chambre. On nous annonce que celle-ci ne serait pas disponible avant 15h30. Pas de souci, nous partons visiter la ville. Cependant à notre retour à 16h30 la chambre n'est toujours pas prête, elle le sera une heure plus tard car c'était la dernière. On aurait pu imaginer que sachant que nous étions arrivés, l'ordre du ménage aurait pu être légèrement modifié.

La déception continue lorsque nous nous rendons compte que le wifi gratuit proposé dans l'hôtel ne passe pas dans la chambre, il faut aller dans le couloir pour capter le signal. La télévision recrache une image rognée et de mauvaise qualité et l'offre de chaînes ne recouvre même pas l'ensemble du bouquet TNT. Malgré les 5° extérieurs la chambre n'est pas chauffée à notre arrivée. Il lui faudra une bonne heure pour atteindre une température agréable, une fois que nous avons allumé le chauffage.

La désillusion se poursuit le lendemain matin, au petit déjeuner. Une petite table de buffet propose un choix sucré et salé, et on nous sert à la table une boisson chaude et un panier de pain et viennoiseries. Malheureusement, tous les produits proposés manquaient de fraicheur.

Quel dommage qu'un si bel écrin se révèle une coquille vide.

Hôtel la Résidence du Berry ***
14 rue d'Anjou à Versailles (78)
Réservations : resa@hotel-berry.com
A partir de 145 euros la chambre. Petit déjeuner 14 euros.
www.hotel-berry.com

Monument Café

A l'angle du maréchal Joffre et du général Leclerc, un café fait l'angle : larges baies vitrées, pièce très lumineuse, grandes tables conviviales. Il y a aussi quelques petites tables pour deux pour plus d'intimité. Sur des étagères, guides et prospectus de la ville sont mis à disposition. L'originalité du café repose sur son concept. Il fait aussi un peu office du tourisme. Un grand plan virtuel de Versailles est projeté sur un mur et il est possible d'acheter son billet de visite pour le château lors du passage à la caisse. Il y a même une des serveuses qui propose des visites des différents quartiers.

Coté cuisine, un buffet est dressé au centre du restaurant. Sur l'îlot central on trouve les entrées d'un coté et les desserts de l'autre. Le long du mur soupe et cocottes restent au chaud. Le buffet est à volonté mais le prix varie suivant que l'on se sert sur l'un ou l'autre des établis. Suivant la formule entrée, plat, dessert, si je ne pioche que dans une famille de plats je paie 15 euros. J'ajoute 5 euros pour chaque catégorie de plat complémentaire. La soupe, cependant, - un velouté de potimarron ce jour-là - accompagne tous les buffets. 

J'ai craqué pour les entrées, attirée par la sélection de verrines. Les légumes sont à l'honneur. Velouté de panais ou de courgette au thym ou caviar d'aubergine. Je teste les trois. Malheureusement, c'est assez fade même si ça à l'air alléchant. Ce serait parfait juste en corrigeant l'assaisonnement. Et puis ça donne envie de créer ses propres mélanges. Ainsi, j'ai découpé quelques tranches de chorizo dans ma soupe de potimarron, c'était plutôt pas mal... Autre déception, il n'y a finalement que peu de choix lorsque l'on se limite à un buffet et l'addition est donc un peu salée à mon goût pour une qualité de produit moyenne.

Dommage qu'il y ait ces déceptions sur le rapport qualité/prix car le concept est vraiment sympathique et le personnel très prévenant. A noter que le week-end, une formule brunch est proposée avant 11h30 sur le même principe du buffet à volonté. 

Monument café
1 rue du Maréchal Joffre à Versailles (78)
Ouvert lundi au vendredi de 10h à 18h, samedi et dimanche de 8h30 à 18h30.
Buffet à partir de 15 euros. Formule brunch le week-end avant 11h30.
Tél.: 01 78 76 74 24
www.monument-cafe.com

Ville de Versailles

Continuant de profiter de dézonage du pass navigo, j'ai récemment visité la ville de Versailles en faisant le choix d'éviter le château. Bien nous en a pris d'ailleurs vu la queue qui serpentait en zigzag à travers toute la cour ce jour-là.

Le site de la ville de Versailles et de l'office du tourisme n'assurent quasiment que la promotion du château et de son domaine. Les Versaillais regrettent souvent que leur ville soit uniquement assimilée au château, mais toute leur communication étant tournée autour de celui-ci, c'est dur de s'en détacher.

Plan d'Eau des Suisses.
Première étape incontournable donc, l'office du tourisme à deux pas de la gare Versailles-Rive gauche (Prenez à droite en sortant de la gare, puis tout de suite à gauche dans l'avenue de Paris). Le guide gratuit du tourisme à Versailles est particulièrement complet et bien fait. On y découvre notamment quatre parcours qui permettent de se promener à travers la ville et d'y trouver des trésors cachés. Chaque étape des parcours est balisé par une borne en pierre qui décrit brièvement en sept langues le repère devant lequel on se trouve et sur laquelle est dessiné un plan pour se diriger vers le site suivant. Nous avons choisi de faire un mixe de tous les parcours dont je vous livre ma sélection de points remarquables.

Cour des senteurs.
La très médiatisée Cour des Senteurs (8 rue de la Chancellerie) est au final assez décevante. Une première cour  regroupe quatre enseignes de luxe : la gastronomie avec la maison Le Nôtre, les parfums d'ambiance de chez Diptyque, les parfums de la maison Guerlain et la ganterie de la Maison Fabre. Triste spectacle que ces boutiques vides. Une passage végétal répertorie sur des panneaux de bois les matières premières et le vocabulaire lié à la parfumerie. La vrai pépite est juste derrière, un havre bucolique, un petit jardin blottit entre les immeubles. Deux autres espaces verts ont retenu mon attention. La pièce d'Eau des Suisses qui jouxte le potager du roi (fermé pendant l'hiver) et l'orangerie du château,  grand espace paisible encadré par les arbres, semble le lieu idéal pour les sorties en famille ou les pique-nique entre amis pendant les beaux jours. Mais mon vrai coup de cœur, c'est le Domaines de Madame Élisabeth (73 avenue de Paris). Bien qu'elle ait appartenu à la sœur du roi Louis XVI, la demeure est assez simple (et ne se visite pas). Par contre, le jardin, assez grand est très agréable. Parmi les chênes historiques et quelques œuvres contemporaines, le tunnel de verdure paré de ses couleurs d'automne est un petit bijou. Entouré d'un camaïeu de jaune et rouge, on oublie complètement d'être au plein cœur de la ville. 

Tunnel de verdure. Domaine de Madame Elisabeth
D'un point de vue historique, on retient l'Hôtel de Menus-Plaisirs (22 avenue de Paris), dont la cour haute a accueilli l'assemblée des Etats-Généraux de 1789 où fut votée la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen qui servit de préambule à la Constitution. Il faut traverser la cour visible de la rue et emprunter l'escalier, au fond, pour découvrir le tracé reconstitué au sol de l'ancienne salle. Pour l’anecdote, le centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) habite maintenant les murs de cet hôtel et les grands bâtiments en fond de cours abritent les collections de costumes d'époque qui sont utilisés lors des grands événements au château (Grandes Eaux...). La passionnée de costumes que je suis avait été émerveillée de découvrir ces collections lors de mon stage au CMBV, il y a quelques années. Autre site remarquable, bien entendu, la salle du Jeu de Paume (rue du Jeu de Paume) où a été proclamé le fameux serment du 20 juin 1789. 641 députés s'autoproclamèrent Assemblée Nationale et jurèrent de ne plus se séparer avant de donner une constitution à la France. C'est assez émouvant de se retrouver dans ces murs chargés d'histoire et de lire, inscrits sur les murs, les noms de ceux qui étaient là aux balbutiements de la République.

Bustes. Salle du Jeu de Paume.
N'oubliez pas de compléter votre visite de la ville en vous perdant dans les petites rues et passages piétonniers autour du marché Notre-Dame et dans le quartier des antiquaires de la Geôle. Prévoyez de bonnes chaussures car à force de marcher, les pavés inégaux de ces quartiers anciens fatiguent avec des chaussures inadaptées. A l'opposé de la gare Rive Gauche, le carré Saint-Louis, ancien marché édifié par Louis XV, offre une ambiance de village fort sympathique avec ses boutiques originales de créateurs, ses artisans d'art et ses galeristes.







Versailles
Accessible de Paris en RER C, gare Versailles-Rive gauche. 
Office du Tourisme : 2 bis avenue de Paris à Versailles (78)
Ouvert 7 jours sur 7. Horaires suivant les saisons. 
L'office du Tourisme est labellisé Tourisme et Handicap pour les quatre déficiences.
www.versailles-tourisme.com

lundi 4 novembre 2013

La maison des Canuts

A deux pas de la place de la Croix-Rousse à Lyon, la maison des Canuts fait revivre le patrimoine des soieries lyonnaises au cœur du quartier des Canuts (ouvriers tisserands). Il s'agit d'un centre d'interprétation donc ne vous attendez pas à découvrir d'étonnantes collections. Les deux salles du musée sont très succinctes et sans intérêt, il est impératif de participer à une visite commentée pour profiter des richesses du site.


La visite - qui dure 50 minutes - commence par une démonstration de tissage sur un métier à bras. Ce système "automatisé" a été inventé par Joseph Jacquard en 1804. Les métiers à tisser sont très grands et nécessitent des pièces hautes de plafond comme on en voit beaucoup en jetant un œil aux fenêtres des immeubles de la Croix-Rousse. Le canut, n'est pas un ouvrier comme les autres : il a de l'instruction et il possède son propre outil de travail. Généralement la vie de la famille du canut s'organise autour du métier à tisser qui occupe une grande place dans l'habitation.

Le maitre tisserand s'installe devant le métier à tisser et actionne une pédale qui à chaque pression, fait défiler des cartons perforés, qui de façon mécanique, soulèvent les fils de chaîne. Une première pression soulève un fil sur deux sous lesquels le tisserand fait passer avec une navette le fil de trame (ligne de fond), puis à la pression suivante, les fils se soulèvent suivant le motif voulu et le tisserand fait passer des petites navettes de fil de couleur suivant un schéma qu'il a appris par cœur et ainsi de suite (ligne de motif). Même si le système Jacquard a réduit la pénibilité du travail, il faut une très grande concentration. Imaginez que pour un motif façonné basique (type bouquet de fleur), un canut tisse 30 cm par jour au rythme de 15h de travail quotidien. Pour décorer une demi pièce à Versailles, deux tisserands travaillaient 22 à 23 ans (!).

La visite se poursuit dans un petite salle de classe, où la guide met l'accent sur l'apport social des canuts au XIXème siècle, pour conclure sur l'évolution de l'industrie textile en Rhône-Alpes. Vers 1830, la ville de Lyon comptait environ 8000 maîtres tisseurs. Avant la révolution, un lyonnais sur deux travaillait dans le secteur de la soie qui offrait plus de 25 métiers différents. De nos jours, il ne reste que 7 ou 8 maîtres tisseurs et deux maisons de soierie à la Croix-Rousse qui travaillent pour les grandes maisons de luxe ou à la restauration de soieries anciennes (comme celles de Versailles par exemple).

Dans la chaine de la soie, le négociant paie le tisserand. En 1831, un tarif minimum garantit est négocié mais les négociants, bien qu'ayant signé l'accord, refusent de le respecter. Les canuts de la Crois-Rousse décident de manifester pacifiquement mais la répression sera sanglante. Les canuts revendiquaient de "vivre correctement ou de mourir en combattant". Plus de détail sur la révolte des canuts ici.

Avec la baisse d'activité des industries du luxe pendant les guerres mondiales et le développement des textiles synthétiques, l'industrie de la soie a périclité. Le secteur textile reste cependant très important dans la région Rhône-Alpes grâce aux développement des textiles à usage technique (TUT) comme le tissage de la fibre de verre qu'on retrouve dans les circuits informatiques ou les tissages de polyester a usage médical.

La maison accueille également une boutique qui propose écharpes, foulards, carrés soie et autres articles tissés de qualité. Et si vous n'habitez pas Lyon, ils ont une boutique en ligne mais la sélection est très limitée.

Bon à savoir : demandez à l'accueil le plan gratuit des traboules (passages dans les immeubles) de la Croix-Rousse ainsi que les emplacements du mur des Canuts et du mur des Lyonnais célèbres.

Mur des canuts.
Mur des Lyonnais célèbres.

La Maison des Canuts
10/12 rue d'Ivry à Lyon 4è (69)
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h. Visites commentées de 50min à 11h et 15h30. 
Plein tarif : 6,50€. 
www.maisondescanuts.com

dimanche 3 novembre 2013

Musées Gadagne

Le musée Gadagne, dans le vieux Lyon regroupe deux musées et un café dans un ensemble de bâtiments Renaissance.

Moi qui ne connait pas du tout le ville, le musée est très bien indiqué dès les berges de la Saône. On accède au musée en traversant une courette - comme Lyon en connait de nombreuses. Le premier musée retrace l'histoire de la ville de Lyon en 30 salles thématiques, qui suivent un parcours chronologique. La visite est assez labyrinthique entre les différents niveaux des bâtiments mais la signalétique est très bien faite. A noter malgré les dispositions difficiles du bâtiment, il a été entièrement été aménagé pour être accessible aux PMR. Des zones tactiles ont également été aménagées pour les non-voyants.

Sans être extraordinaires les collections présentées donne un bon aperçu de l'évolution de la ville. Il en ressort que toute l'histoire de la ville, de ses évolutions urbanistiques à ses mutations économiques, est tournée sur son implantation à la confluence du Rhône et de Saône. L'importance de l'industrie textile, puis automobile et pharmaceutique sont mis en avant. Et on découvre le passé religieux, politique et social chargé de la cité.


Pour ceux qui le souhaitent, on peut enchaîner par la visite du musée des marionnettes du monde. Dit comme ça, je m'attendais à découvrir une étonnante collection variée et internationale. Je fus quelque peu déçue. La première salle d'exposition est consacrée, comme on peut s'y attendre au personnage de Guignol et son évolution. Se déroule ensuite l'histoire de la marionnette en France avec l'exposition de divers spécimen propres à chaque région. Le théâtre de papier est introduit et on y parle des débuts de la marionnette à la télévision. Des "boites multimedia" permette de visionner des petits films de 5 minutes, présentant la manipulation des marionnettes exposées, pour ceux qui souhaitent approfondir une thématique.


Les collections commencent ensuite à s'ouvrir à l'international, avec l'opposition entre fantoccini (à fils), burratini (à gaine) du nord de l'Italie et pupi de Sicile. Puis cela devient un survol, de grand personnages Tchèques, une silhouette Indonésienne, un exemplaire d'une marionnette de Bunraku (Japon) et quelques pantins articulés d'Afrique. Soit tous les continents sont représentés, l’appellation "du monde" n'est donc pas usurpée mais c'est très frustrant de ne pas en découvrir d'avantage. Grosse déception.

En résonance avec la Biennale d'Art Contemporain qui se tient en ce moment à Lyon, les deux musées accueillent des œuvres contemporaines. Le musée d'histoire accueille "Archéologie du savoir ?", où des œuvres choisies du MAC Lyon sont sensées dialoguées avec les collections présentées. Malgré les cartels explicatifs, j'avoue souvent ne pas avoir vu le lien. Par contre, la carte blanche donnée à l'artiste-performeur Zaven Paré au sein du musée de la marionnette était particulièrement bien vue. Telle des pièces à convictions étiquetées, des bras articulés, visages projetés sur des masques, systèmes digestifs sont éparpillés parmi les collections. Objets de technologie aux formes anthropomorphiques, ils dialoguent à merveille avec les marionnettes historiques en papier, en bois ou en tissus...

Mario Merz, Proliferazione di notizie e parole.
Zaven Paré, Jambes du soldat.

Musées Gadagne : Musée d'histoire de Lyon et Musée des marionnettes du monde.
1 place du petit Collège, Lyon 5è (69)
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h30.
Plein tarif : 8 euros pour les deux musées. Audioguide gratuit.
Expositions : Carte blanche à Zaven Paré, jusqu'au 5 janvier 2013. Archéologie du savoir ?, jusqu'au 19 janvier 2014.
www.gadagne.musees.lyon.fr

lundi 20 mai 2013

Provins

Depuis le temps que j'en entendais parler, j'ai enfin visité la cité médiévale de Provins. La ville est facilement accessible en transports en commun à partir de Paris. Il faut compter environ 1h25 de TER, direct entre Gare de l'Est et Provins. Le tarif est celui d'un voyage en zone 5, soit 11,50 euros le trajet, mais avec le dézonage du pass Navigo le week-end et les jours fériés, c'est gratuit ! Ne soyez pas étonné, en gare de Longueville, le train stationne un moment, puis repart dans l'autre sens pour desservir les dernière gares avant Provins.

La gare de Provins est à dix minutes à pied de la cité médiévale. Il n'est donc absolument pas utile de prendre la navette payante proposée en haute saison (30 mars au 31 octobre, samedi, dimanche et jours fériés). Cependant, si vous effectuez votre visite avec des personnes ayant des difficultés pour marcher, celle-ci peut se révéler utile car les pavés sont irréguliers, les escaliers nombreux et les rues à forte déclivité.

L'office du Tourisme propose un pass de visites qui donne accès à la Tour César, à la Grange aux Dîmes, aux souterrains et le Musée de Provins et du Pays Provinois. Ce pass permet également de bénéficier de réductions pour les spectacles et d'avantages dans les magasins partenaires. Il est valable un an et offre la possibilité d'entrer aux châteaux de Vaux-le-Vicomte et de Fontainebleau à un tarif préférentiel. Il coûte 11,50 euros (détail des tarifs ici).

Lors de ma visite, la cité était très paisible le matin. Nous avons d'abord visité la collégiale Saint-Quiriace, érigée sous Philippe le Bel (XIIème siècle) et qui ne fut jamais achevée. Jeanne d’Arc y assista à une messe en compagnie du roi Charles VII, au retour de son sacre à Reims. Nous avons ensuite acheté notre pass de visites à la tour César et visité celle-ci. Il s'agit d'un donjon octogonal bâti au XIIème siècle par les comtes de Champagne pour assoir leur puissance. Elle servit à la fois de prison, de tour de guet ou de refuge. Pour accéder à la salle des garde, le cœur du donjon, on passe par un escalier obscur et on est accueilli par des bruits d'armes, des portes qui claquent et des murmures, rendant l'arrivée impressionnante (lorsqu'il n'y a personne avec vous, ce qui était notre cas). Les sons proviennent d'une projection vidéo qui anime les murs de la salle avec des illustrations de scènes de vie. Après avoir parcouru tous les recoins, et traversé la "luxueuse" chambre du gouverneur avec cheminée et latrines privées, on monte jusqu'au chemin de ronde qui offre une magnifique vue panoramique sur la ville et les campagnes alentours. On accède ensuite au clocher par un escalier particulièrement étroit, aux marches très hautes et irrégulières pour découvrir une sublime charpente du XVIème et XVIIème siècle qui abritent les cloches de la collégiale Saint-Quiriace. Attention quand elles sonnent, ça surprend ! Le parcours se termine par la cave, haute salle où étaient stockés les vivres.




Comme on nous l'avais conseillé, nous sommes allés réserver un créneau de visite pour les souterrains, plus tard dans l'après-midi et nous somme retournés Place du Châtel au cœur de la ville haute pour déjeuner. Nous avons choisi la Table Saint-Jean, un peu à l'écart. Nous avons choisi le menu Saint-Jean à 17,90 euros, avec un cocktail offert grâce au pass de visite. La salle est sombre et rappelle les décors médiévaux, le service est rapide et aimable, la cuisine est agréable, avec un coup de cœur pour le pain perdu au caramel au beurre salé en dessert. Il est à se damner ! 

Nous avons ensuite immédiatement enchaîné par la visite de la Grange aux Dîmes, juste en face du restaurant. C'est un parcours audio-guidé qui retrace en une dizaine de saynètes, les métiers du moyen-âge et le déroulement des grandes foires de Champagne. C'est un parcours très instructif, les commentaires sont vivants et très intéressants. Si vous ne visitez qu'un site, je vous conseille vivement celui-là. Nous avons ensuite poursuivi notre chemin jusqu'aux remparts. Il est possible d'y monter sur de courtes sections. On y fait beaucoup travailler ses mollets mais la vue sur la campagne est très belle. C'est là qu'ont lieu les spectacles médiévaux. Je n'en ai vu aucun et je le regrette un peu. Ce sera peut-être l'occasion d'une nouvelle visite. En descendant vers la place Châtel, je conseille vivement la librairie médiévale à tous les fondus de cette époque. A la Maison du Terroir et de l'Artisanat, il est possible de se faire photographier gratuitement en costume médiéval à l'Echoppe des Templiers ou de se laisser tenter par les très belles poteries réalisées par René Chevallier. Le Musée de Provins et du Pays Provinois est anecdotique. Il peut être intéressant d'y faire un saut, notamment pour y voir une belle collection de carreaux de pavement, mais pas indispensable.

Nous avons conclu notre découverte de Provins en descendant dans ses souterrains. On ne s'y promène qu'avec un guide et les groupes sont limités à 25 personnes. Nous étions 7 avec le guide et j'imagine mal comment la visite peut être intéressante lorsqu'on est plus nombreux. Seuls 250m de boyaux sont visitables, et la ballade se fait à la lumière de la lampe torche du guide. Certaines écritures ou "salles" sont éclairées à la fibre optique. Malgré tous les efforts de notre guide pour rendre la visite interactive et ludique, j'ai trouvé la descente sans intérêt. On y apprend tout de même qu'ils devaient être exploités en tant que carrières pour y extraire la terre à foulon. Au Moyen-Age, Provins avait une très importante production de drap de laine, dont la qualité était reconnue au-delà de nos frontières. Cette terre servait aux opérations de foulage (nettoyage et dégraissage de la laine). Mais tout le reste n'est que "on dit" et spéculations en tous genres. Au fur et à mesure qu'on avance dans les souterrains, il y fait de plus en plus froid. Prévoir une petite laine donc. La visite débute et se termine sur de magnifiques salles basses voûtées (visibles aussi à la Grange aux Dîmes) qui servaient d'hôpital, de refuge pour les pauvres, de lieu de stockage ou de "show room" pour les marchants participant aux foires de Champagne.





Office du Tourisme de la Ville de Provins
Chemin de Villecran à Provins (77482)
Tél. : 01 64 60 26 26 
www.provins.net