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dimanche 24 février 2013

Visite du palais Garnier

Aujourd'hui, l'Opéra National de Paris offrait à ses abonnés une visite exceptionnelle des coulisses du palais Garnier. C'est mon monument préféré à Paris et je ne me lasse pas de parcourir ce lieu. Pendant les entractes des ballets que je vais y voir, je déambule à tous les étages pour profiter de tous les recoins de ce théâtre.

La visite commence par la rotonde des abonnés, qui permettait aux abonnés d'arriver directement en fiacre sous la salle de spectacle. Puis nous montons directement au dernier étage, sous la Coupole. Et là, à ma grande surprise, je découvre que toute l'armature du palais est en métal riveté. Les stucs, les marbres et les dorures cachent un squelette d'une étonnante modernité. La Coupole accueille une grande salle de répétition aux dimensions du plateau et qui reprend l'inclinaison (de 5%) de la scène. Cette salle a été transformée en salle de répétition dans les années 60, c'était à l'origine un espace vide qui servait à évacuer les gaz de combustion du lustre de la grande salle.

Opéra de Paris_coupole

En redescendant vers les ateliers de costumes, nous pouvions apercevoir par chaque fenêtre la neige tomber sur les toits du palais et sur Paris. Dans l'atelier de flou sont (re)créés les tutus, et de façon plus générale les costumes féminins. Au central costumes, magnifique salle toute en bois, les costumes sont en transit entre les ateliers et le service habillement. Les tutus pendant au plafond, la tête à l'envers pour prolonger leur durée de vie et éviter qu'ils ne s'affaissent. Nous traversons des couloirs pleins de costumes plus beaux les uns que les autres. Il m'était très difficile de réprimer mon envie de toucher tous ces textiles. Nous finissons notre visite des ateliers, par celui de décoration, sorte de caverne d'Ali Baba où les textiles sont teints, peints, vieillis et agrémentés de bijoux et accessoires. Opéra de Paris_centra costumes

Nous rejoignons le plateau par l'arrière où une conférencière pleine de vie nous fait partager la vie des premières danseuses dans le foyer de la danse à la fin du XVIIème siècle. Les riches abonnés en haut de forme y étaient conviés pour choisir leur "protégée" parmi les ballerines. Ceux qui ont vu une fois dans leur vie le défilé du corps de ballet en début de saison, auront aperçu ce foyer, au lointain, qui prolonge la scène (pour lui permettre d'atteindre les 50m de profondeur). Le reste du temps il est inaccessible et sert de salle d'échauffement avant et pendant les spectacles. On traverse enfin le plateau à travers les décors de La Cenerentola et les conduites de Kaguyahime. La salle (d'environ 2 000 places) - que je connais bien - est encore plus impressionnante coté scène avec ses dorures et ses velours rouges. Le plafond de Chagall, peint par dessus celui de Lenepveu abîmé par l'éclairage au gaz, apporte une touche moderne à l'ensemble. Opéra de Paris_salle

Petite parenthèse au sein de la bibliothèque, souvent ouverte au public pour des expositions. Elle dépend de la Bibliothèque Nationale de France et regroupe tous les ouvrages liés à l'Opéra et aux Ballets. La salle de lecture qui devait être le fumoir privé de Napoléon III, peut accueillir jusqu'à 18 chercheurs. Opéra de Paris_bibliothèque Opera de Paris_ grand foyer

La visite se conclut par une promenade dans les espaces publics, le grand foyer - inspiré de la galerie des glaces à Versailles - et le grand escalier avec ses 24 sortes de marbre différents qui proviennent de toute l'Europe. C'est le seul théâtre dont plus de 30% de sa superficie sont dédiés aux espaces publics. L'escalier lui-même, avec ses "loges" tout autour, est comme une théâtre dans le théâtre où l'on vient voir et se montrer. Les déambulations en famille dans le grand foyer, permettaient de rencontrer d'autres familles de rang équivalent pour marier ses enfants.

Un peu d'histoire. Douze salles d'opéras avaient été construites à Paris, depuis que le genre avait été créé par Louis XIV en 1669. Toutes en bois, elles ont toutes maintenant disparu par le feu. C'est après avoir évité de justesse un attentat en se rendant à l'Opéra de la Rue Pelletier que Napoléon III ordonne la construction d'un treizième Opéra, et fait ouvrir un accès direct pour s'y rendre de ses appartements (au Louvre). Suite à un concours, le projet du jeune et peu connu Charles Garnier est choisi à l'unanimité en 1861. L'Opéra sera inauguré 14 ans plus tard, en 1875, Napoléon III ne l'aura jamais vu achevé et n'aura jamais profité de son avenue.

dimanche 15 avril 2012

L'opéra au cinéma : la Traviata

"Est-il bon ? Est-il méchant ? Quand, dans un film Hollywoodien, il fait la connaissance d'un personnage amateur d'opéra ou de musique classique en général, le spectateur averti a tôt fait de se poser la question. Car ce goût bizarre et rarement anodin est souvent la marque d'un caractère dangereux. Au mieux celui d'un pervers polymorphe, au pire celui d'un dangereux psychopathe. Voire, dans les cas extrêmes et heureusement rares, d'un serial-killer ou d'un cannibale. [...] Méfiez-vous de votre voisin de fauteuil... S'il est venu assister à cette représentation, c'est qu'il est peut-être dangereux !" Moïse Garçon
Photo0118A défaut de pouvoir m'offrir un aller-retour pour New-York afin d'assister à la Traviata de Verdi au Metropolitan Opera, je peux me rendre au cinéma. Depuis plusieurs saisons maintenant, The Metropolitan Opera diffuse en direct et en HD, une sélection de son programme dans des centaines de cinéma à travers la France et le monde en général. Au spectateur qui s'installe dans la salle de cinéma est renvoyée l'image du spectateur new-yorkais qui cherche son fauteuil dans l'immense salle du Met.

Cette initiative avait pour but d'attirer un public différent à l'opéra, un public plus jeune, qui n'a pas les moyens de s'offrir un place de spectacle. L'objectif ne semble pas atteint quand on voit que la moyenne d'âge dans la salle tourne autour des 50/60 ans. Je me suis vraiment sentie très, très jeune...

Avant la représentation et pendant l'entracte, sont diffusés la présentation de la saison actuelle et de la saison prochaine du Met live in HD, une brève présentation de l’œuvre et de ses interprètes d'abord en diaporama, puis par une présentatrice - la soprano Deborah Voight - qui introduit la pièce et interviewe les chanteurs, en anglais. Les partenaires américains du Met live in HD, grâce à qui cette prouesse technique est possible, ont bien entendu aussi leur place à travers un spot publicitaire et la citation de la marque.

Sublimes mise en scène de Willy Decker, décors et costumes de Wolfgang Gussman ! Très graphique, visuellement très "télégénique", épurée et pleine de symboles. Un hémicycle blanc dessine le fond de scène, tout du long de la paroi court un banc blanc également. Coté jardin, une grande double porte, invisible en position fermée, est le seul accès des interprètes sur scène. Les personnages secondaires observent régulièrement le déroulé du haut du décor, comme au-dessus de la fosse aux lions. Une immense horloge, omniprésente pendant toute la représentation rappelle que le temps de Violetta est compté. Seuls quelques canapés viennent "meubler" l'espace suivant les scènes. Acte I : robe rouge et canapé rouge pour une Violetta courtisane. Acte II : peignoirs et grand drapés fleuris, Violetta et Alfredo se fondent dans le décor et se "cachent" de la vrai vie. Acte III : Violetta la repentie porte une robe blanche. Autre belle trouvaille, tout au long de l’œuvre, Violetta est suivie par la mort, haute silhouette grave (Luigi Roni), qui se rappelle à elle à chaque instant et lui tient compagnie dans ses délires dus à la maladie. Le rôle de Violetta était interprété par Nathalie Dessay qui a offert une très belle interprétation du rôle mais dont la prestation chantée a été catastrophique hier soir : notes aiguës ratées, voix forcée, mais que lui est-il arrivé ? En plus, l'ingénieur son semblait vouloir compenser ses ratés, ce qui a eu pour effet d'accentuer les couacs sonores. Elle était accompagnée de Matthew Polenzani (Alfredo Germont) et Dmitri Hvorostovsky (Giorgio Germont), deux bons chanteurs, mais sans panache, à la magnifique toison (à la Richard Gere), au bronzage artificiel et au sourire d'un blanc immaculé à la Colgate ! La Traviata étant un des opéras les plus connus, je ne m'attarderai pas ici sur l'histoire. Pour plus de détail sur le synopsis de l’œuvre : cliquez-ici.