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dimanche 17 novembre 2013

Ville de Versailles

Continuant de profiter de dézonage du pass navigo, j'ai récemment visité la ville de Versailles en faisant le choix d'éviter le château. Bien nous en a pris d'ailleurs vu la queue qui serpentait en zigzag à travers toute la cour ce jour-là.

Le site de la ville de Versailles et de l'office du tourisme n'assurent quasiment que la promotion du château et de son domaine. Les Versaillais regrettent souvent que leur ville soit uniquement assimilée au château, mais toute leur communication étant tournée autour de celui-ci, c'est dur de s'en détacher.

Plan d'Eau des Suisses.
Première étape incontournable donc, l'office du tourisme à deux pas de la gare Versailles-Rive gauche (Prenez à droite en sortant de la gare, puis tout de suite à gauche dans l'avenue de Paris). Le guide gratuit du tourisme à Versailles est particulièrement complet et bien fait. On y découvre notamment quatre parcours qui permettent de se promener à travers la ville et d'y trouver des trésors cachés. Chaque étape des parcours est balisé par une borne en pierre qui décrit brièvement en sept langues le repère devant lequel on se trouve et sur laquelle est dessiné un plan pour se diriger vers le site suivant. Nous avons choisi de faire un mixe de tous les parcours dont je vous livre ma sélection de points remarquables.

Cour des senteurs.
La très médiatisée Cour des Senteurs (8 rue de la Chancellerie) est au final assez décevante. Une première cour  regroupe quatre enseignes de luxe : la gastronomie avec la maison Le Nôtre, les parfums d'ambiance de chez Diptyque, les parfums de la maison Guerlain et la ganterie de la Maison Fabre. Triste spectacle que ces boutiques vides. Une passage végétal répertorie sur des panneaux de bois les matières premières et le vocabulaire lié à la parfumerie. La vrai pépite est juste derrière, un havre bucolique, un petit jardin blottit entre les immeubles. Deux autres espaces verts ont retenu mon attention. La pièce d'Eau des Suisses qui jouxte le potager du roi (fermé pendant l'hiver) et l'orangerie du château,  grand espace paisible encadré par les arbres, semble le lieu idéal pour les sorties en famille ou les pique-nique entre amis pendant les beaux jours. Mais mon vrai coup de cœur, c'est le Domaines de Madame Élisabeth (73 avenue de Paris). Bien qu'elle ait appartenu à la sœur du roi Louis XVI, la demeure est assez simple (et ne se visite pas). Par contre, le jardin, assez grand est très agréable. Parmi les chênes historiques et quelques œuvres contemporaines, le tunnel de verdure paré de ses couleurs d'automne est un petit bijou. Entouré d'un camaïeu de jaune et rouge, on oublie complètement d'être au plein cœur de la ville. 

Tunnel de verdure. Domaine de Madame Elisabeth
D'un point de vue historique, on retient l'Hôtel de Menus-Plaisirs (22 avenue de Paris), dont la cour haute a accueilli l'assemblée des Etats-Généraux de 1789 où fut votée la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen qui servit de préambule à la Constitution. Il faut traverser la cour visible de la rue et emprunter l'escalier, au fond, pour découvrir le tracé reconstitué au sol de l'ancienne salle. Pour l’anecdote, le centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) habite maintenant les murs de cet hôtel et les grands bâtiments en fond de cours abritent les collections de costumes d'époque qui sont utilisés lors des grands événements au château (Grandes Eaux...). La passionnée de costumes que je suis avait été émerveillée de découvrir ces collections lors de mon stage au CMBV, il y a quelques années. Autre site remarquable, bien entendu, la salle du Jeu de Paume (rue du Jeu de Paume) où a été proclamé le fameux serment du 20 juin 1789. 641 députés s'autoproclamèrent Assemblée Nationale et jurèrent de ne plus se séparer avant de donner une constitution à la France. C'est assez émouvant de se retrouver dans ces murs chargés d'histoire et de lire, inscrits sur les murs, les noms de ceux qui étaient là aux balbutiements de la République.

Bustes. Salle du Jeu de Paume.
N'oubliez pas de compléter votre visite de la ville en vous perdant dans les petites rues et passages piétonniers autour du marché Notre-Dame et dans le quartier des antiquaires de la Geôle. Prévoyez de bonnes chaussures car à force de marcher, les pavés inégaux de ces quartiers anciens fatiguent avec des chaussures inadaptées. A l'opposé de la gare Rive Gauche, le carré Saint-Louis, ancien marché édifié par Louis XV, offre une ambiance de village fort sympathique avec ses boutiques originales de créateurs, ses artisans d'art et ses galeristes.







Versailles
Accessible de Paris en RER C, gare Versailles-Rive gauche. 
Office du Tourisme : 2 bis avenue de Paris à Versailles (78)
Ouvert 7 jours sur 7. Horaires suivant les saisons. 
L'office du Tourisme est labellisé Tourisme et Handicap pour les quatre déficiences.
www.versailles-tourisme.com

dimanche 3 novembre 2013

Musées Gadagne

Le musée Gadagne, dans le vieux Lyon regroupe deux musées et un café dans un ensemble de bâtiments Renaissance.

Moi qui ne connait pas du tout le ville, le musée est très bien indiqué dès les berges de la Saône. On accède au musée en traversant une courette - comme Lyon en connait de nombreuses. Le premier musée retrace l'histoire de la ville de Lyon en 30 salles thématiques, qui suivent un parcours chronologique. La visite est assez labyrinthique entre les différents niveaux des bâtiments mais la signalétique est très bien faite. A noter malgré les dispositions difficiles du bâtiment, il a été entièrement été aménagé pour être accessible aux PMR. Des zones tactiles ont également été aménagées pour les non-voyants.

Sans être extraordinaires les collections présentées donne un bon aperçu de l'évolution de la ville. Il en ressort que toute l'histoire de la ville, de ses évolutions urbanistiques à ses mutations économiques, est tournée sur son implantation à la confluence du Rhône et de Saône. L'importance de l'industrie textile, puis automobile et pharmaceutique sont mis en avant. Et on découvre le passé religieux, politique et social chargé de la cité.


Pour ceux qui le souhaitent, on peut enchaîner par la visite du musée des marionnettes du monde. Dit comme ça, je m'attendais à découvrir une étonnante collection variée et internationale. Je fus quelque peu déçue. La première salle d'exposition est consacrée, comme on peut s'y attendre au personnage de Guignol et son évolution. Se déroule ensuite l'histoire de la marionnette en France avec l'exposition de divers spécimen propres à chaque région. Le théâtre de papier est introduit et on y parle des débuts de la marionnette à la télévision. Des "boites multimedia" permette de visionner des petits films de 5 minutes, présentant la manipulation des marionnettes exposées, pour ceux qui souhaitent approfondir une thématique.


Les collections commencent ensuite à s'ouvrir à l'international, avec l'opposition entre fantoccini (à fils), burratini (à gaine) du nord de l'Italie et pupi de Sicile. Puis cela devient un survol, de grand personnages Tchèques, une silhouette Indonésienne, un exemplaire d'une marionnette de Bunraku (Japon) et quelques pantins articulés d'Afrique. Soit tous les continents sont représentés, l’appellation "du monde" n'est donc pas usurpée mais c'est très frustrant de ne pas en découvrir d'avantage. Grosse déception.

En résonance avec la Biennale d'Art Contemporain qui se tient en ce moment à Lyon, les deux musées accueillent des œuvres contemporaines. Le musée d'histoire accueille "Archéologie du savoir ?", où des œuvres choisies du MAC Lyon sont sensées dialoguées avec les collections présentées. Malgré les cartels explicatifs, j'avoue souvent ne pas avoir vu le lien. Par contre, la carte blanche donnée à l'artiste-performeur Zaven Paré au sein du musée de la marionnette était particulièrement bien vue. Telle des pièces à convictions étiquetées, des bras articulés, visages projetés sur des masques, systèmes digestifs sont éparpillés parmi les collections. Objets de technologie aux formes anthropomorphiques, ils dialoguent à merveille avec les marionnettes historiques en papier, en bois ou en tissus...

Mario Merz, Proliferazione di notizie e parole.
Zaven Paré, Jambes du soldat.

Musées Gadagne : Musée d'histoire de Lyon et Musée des marionnettes du monde.
1 place du petit Collège, Lyon 5è (69)
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h30.
Plein tarif : 8 euros pour les deux musées. Audioguide gratuit.
Expositions : Carte blanche à Zaven Paré, jusqu'au 5 janvier 2013. Archéologie du savoir ?, jusqu'au 19 janvier 2014.
www.gadagne.musees.lyon.fr

lundi 18 mars 2013

musée d'histoire de Nantes

Le Château des Ducs de Bretagne accueille le musée d'histoire de Nantes. L'actuel château est l’œuvre de François II, au XVème siècle, qui souhaitait que la résidence ducale soit une forteresse face au pouvoir royal. Sa fille la duchesse Anne de Bretagne, deux fois reine de France grâce à ses unions avec Louis XII et Charles VIII, continuera d'embellir l'édifice. La forteresse deviendra le pied à terre breton des rois de France pendant deux siècles. Il subira ensuite maintes transformations et détériorations (incendie, explosion...) jusqu'au récent chantier de restauration. Après 20 ans de travaux, le château ré-ouvre au public dans les années 2000 et accueille le très actuel musée d'histoire de Nantes.


Avec une scénographie très contemporaine, le musée se veut à la pointe des techniques d'interprétation. Une signalétique soignée permet de se repérer aussi bien au cœur du château qu'au sein du parcours de visite. Des codes couleur délimitent les thématiques abordées. A titre d'exemple, les panneaux bordeaux disséminés dans les salles du musée attirent l'attention du visiteur sur des détails architecturaux liés à l'histoire du château. A l'entrée de chaque salle un grand livre en gros caractères retrace en quelques pages le sujet traité. De nombreux écrans et contenus multimédia ponctuent la visite : ambiances sonores, bornes interactives, reconstitutions en 3D de la ville à diverses époques... Les deux films sur l'histoire d'Anne de Bretagne et du château sont particulièrement réussis : mélange de graphisme contemporain et d'images d'archive, ils retracent de façon pédagogique le passé du lieu.
Un effort est également mené pour l'accueil des personnes à mobilité réduite ou déficientes sensorielles. Cependant, les supports adaptés à ce type de public ne sont pas systématiques et laissent donc penser qu'il sont plus là pour "montrer qu'on fait un effort", plutôt qu'accompagner réellement la visite des malentendants ou malvoyants. Dans des petites salles à l'écart, des aires de jeu en lien avec les collections du musée sont proposée pour le familles.



Les collections elles-mêmes regorgent de pièces étonnantes et d'anecdotes intéressantes. En vrac, j'ai appris que Nantes était connue pour la fabrication de cartes à jouer et qu'après la Révolution les couronnes avaient disparu des représentations des figures ; j'ai découvert que pour mesurer le temps en pleine mer on utilise des sabliers d'une demi-heure, appelés "horloges" - je n'imagine juste pas le gus dont c'est le travail de le retourner toutes les 30 minutes... La séquence sur l'or noir - non pas le pétrole mais la traite des esclaves - est particulièrement bien fournie et documentée. Et le petit film final, œuvre de l'artiste contemporain nantais, Pierrick Sorin est une conclusion pleine d'humour aux siècles d'histoire retracés dans les 32 salles du château.


Les remparts et les douves peuvent également être visités, mais la météo ayant été plus que capricieuse lors de mon séjour, je n'ai pas eu le loisir d'en profiter.

 Musée d'histoire de Nantes
Château des ducs de Bretagne, 4 place Marc Elder à Nantes (44)
de 10h à 18h. Fermé le lundi. 
Tarif : 5 euros (8 euros avec accès à l'exposition temporaire du moment)
La cours, les remparts et les douves sont en accès libre 7jours/7 de 10h à 19h.
www.chateau-nantes.fr