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mardi 25 février 2014

Guinness Storehouse à Dublin

La bière Guinness est omniprésente à Dublin. Tous les pubs la servent et l’image publicitaire de la marque sert de décor dans la plupart des établissements. En longeant la Liffey vers Phoenix park, on aperçoit sur la rive sud tout un quartier enfermé entre de hauts murs. Il s’agit de l’usine Guinness. En effet celle-ci est en pleine ville !



Dans le vieux Dublin, en passant par des petites rues vides, qui ressemblent à des coupe-gorges avec leurs hauts murs de pierre austères et leurs pavés, on tombe sur l’hyper touristique entrepôt Guinness. Il s’agit d’un musée-attraction, installé dans l’ancienne usine de fermentation de 1904, qui  retrace l’histoire de la marque.


Au sous-sol, comme dans les parcs d’attractions, de grandes quantités de séparateurs laissent imaginer de longues queues qui s’agglutinent. Heureusement pour nous il n’y a pas grand monde ce jour-là. Pour accompagner la visite, il est possible au choix, de suivre un guide anglophone, de prendre un guide audio multilingue gratuit, de télécharger l’application (gratuite et multilingue également) ou tout simplement de se promener à son gré en lisant les panneaux. L’expérience se déroule sur 7 étages qui forment une pinte géante.


Dans le sol de l’atrium, sous une plaque de verre, on peut voir le bail de 9000 ans signé par Arthur Guinness en 1759 à la brasserie de St. James Gate à Dublin. Il marque le début de l’aventure Guinness et du parcours de visite. Une première salle présente, avec une belle scénographie les 4 éléments naturels qui composent cette bière : eau, orge, houblon et levure. Avant de découvrir le long processus de brassage, on passe à travers une « salle d’archives » où des tableaux animés (très réussis par ailleurs) font l’apologie d’Arthur Guinness et de son entreprise à travers les âges. La visite se poursuit avec la promotion de l’art du tonnelier – artisan le plus qualifié de la brasserie, puis l’évocation du large panel de transports qui permettent à la bière d’être exportée dans 150 pays (à pied, à cheval, en péniche, en cargo, en train…). Malgré une jolie mise en scène on regrettera de ne pouvoir visiter la vrai usine pourtant à quelques pas de là. 


Maintenant que l’on sait « tout » sur la fabrication de la bière, il est temps de la déguster. Digne des plus grands parcs d’attraction, cette expérience de dégustation est scénarisée. On est d’abord invités dans une première salle tout en blanc, à « sentir » les quatre arômes de la Guinness, qui émanent de quatre puits de fumée. On nous sert alors un petit verre de dégustation que nous ne devons pas boire avant d’avoir appris « comment », dans la deuxième salle, qui ressemble au salon d’une grande demeure irlandaise, tout en boiseries et portraits de famille.


Le troisième étage est consacré à l’histoire de la publicité (print et TV) de la marque. Sur des bornes interactives, il est possible de faire un test « Drink IQ », qui permet d’estimer ses connaissances sur les effets de l’alcool sur l’organisme.


Dans les étages suivants, on peut faire son choix de cadre pour profiter de la pinte offerte avec le billet d’entrée. Certains voudront apprendre l’art de tirer la pinte parfaite, d’autres préfèreront l’ambiance d’un pub traditionnel (cela a été mon cas), alors que les derniers iront se faire bousculer dans l’effervescence du Gravity bar qui offre une magnifique vue panoramique de la ville. Je conseille d’y monter pour découvrir la vue, mais il y a beaucoup de bruit et très peu d’assises, je trouve donc plus agréable de se poser dans les étages pour boire.

Entre 12h et 14h, il y a des dégustations et animations autour des recettes à base de Guinness mais je ne peux vous en dire d’avantage car je n’y étais pas aux bons horaires. 

Guinness Storehouse
St James Gate, Dublin 8
A pied à partir de Thomas street, prendre Crane street et tourner à droite au bout de la rue.
Ouvert tous les jours de 9h à 17h (fermeture des caisses à 17h), jusqu’à 19h en juillet et en août.
Plein tarif : 16,50€ sur place -  14,85€ en ligne
www.guinness-storehouse.com

lundi 4 novembre 2013

La maison des Canuts

A deux pas de la place de la Croix-Rousse à Lyon, la maison des Canuts fait revivre le patrimoine des soieries lyonnaises au cœur du quartier des Canuts (ouvriers tisserands). Il s'agit d'un centre d'interprétation donc ne vous attendez pas à découvrir d'étonnantes collections. Les deux salles du musée sont très succinctes et sans intérêt, il est impératif de participer à une visite commentée pour profiter des richesses du site.


La visite - qui dure 50 minutes - commence par une démonstration de tissage sur un métier à bras. Ce système "automatisé" a été inventé par Joseph Jacquard en 1804. Les métiers à tisser sont très grands et nécessitent des pièces hautes de plafond comme on en voit beaucoup en jetant un œil aux fenêtres des immeubles de la Croix-Rousse. Le canut, n'est pas un ouvrier comme les autres : il a de l'instruction et il possède son propre outil de travail. Généralement la vie de la famille du canut s'organise autour du métier à tisser qui occupe une grande place dans l'habitation.

Le maitre tisserand s'installe devant le métier à tisser et actionne une pédale qui à chaque pression, fait défiler des cartons perforés, qui de façon mécanique, soulèvent les fils de chaîne. Une première pression soulève un fil sur deux sous lesquels le tisserand fait passer avec une navette le fil de trame (ligne de fond), puis à la pression suivante, les fils se soulèvent suivant le motif voulu et le tisserand fait passer des petites navettes de fil de couleur suivant un schéma qu'il a appris par cœur et ainsi de suite (ligne de motif). Même si le système Jacquard a réduit la pénibilité du travail, il faut une très grande concentration. Imaginez que pour un motif façonné basique (type bouquet de fleur), un canut tisse 30 cm par jour au rythme de 15h de travail quotidien. Pour décorer une demi pièce à Versailles, deux tisserands travaillaient 22 à 23 ans (!).

La visite se poursuit dans un petite salle de classe, où la guide met l'accent sur l'apport social des canuts au XIXème siècle, pour conclure sur l'évolution de l'industrie textile en Rhône-Alpes. Vers 1830, la ville de Lyon comptait environ 8000 maîtres tisseurs. Avant la révolution, un lyonnais sur deux travaillait dans le secteur de la soie qui offrait plus de 25 métiers différents. De nos jours, il ne reste que 7 ou 8 maîtres tisseurs et deux maisons de soierie à la Croix-Rousse qui travaillent pour les grandes maisons de luxe ou à la restauration de soieries anciennes (comme celles de Versailles par exemple).

Dans la chaine de la soie, le négociant paie le tisserand. En 1831, un tarif minimum garantit est négocié mais les négociants, bien qu'ayant signé l'accord, refusent de le respecter. Les canuts de la Crois-Rousse décident de manifester pacifiquement mais la répression sera sanglante. Les canuts revendiquaient de "vivre correctement ou de mourir en combattant". Plus de détail sur la révolte des canuts ici.

Avec la baisse d'activité des industries du luxe pendant les guerres mondiales et le développement des textiles synthétiques, l'industrie de la soie a périclité. Le secteur textile reste cependant très important dans la région Rhône-Alpes grâce aux développement des textiles à usage technique (TUT) comme le tissage de la fibre de verre qu'on retrouve dans les circuits informatiques ou les tissages de polyester a usage médical.

La maison accueille également une boutique qui propose écharpes, foulards, carrés soie et autres articles tissés de qualité. Et si vous n'habitez pas Lyon, ils ont une boutique en ligne mais la sélection est très limitée.

Bon à savoir : demandez à l'accueil le plan gratuit des traboules (passages dans les immeubles) de la Croix-Rousse ainsi que les emplacements du mur des Canuts et du mur des Lyonnais célèbres.

Mur des canuts.
Mur des Lyonnais célèbres.

La Maison des Canuts
10/12 rue d'Ivry à Lyon 4è (69)
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h. Visites commentées de 50min à 11h et 15h30. 
Plein tarif : 6,50€. 
www.maisondescanuts.com

dimanche 3 novembre 2013

Musées Gadagne

Le musée Gadagne, dans le vieux Lyon regroupe deux musées et un café dans un ensemble de bâtiments Renaissance.

Moi qui ne connait pas du tout le ville, le musée est très bien indiqué dès les berges de la Saône. On accède au musée en traversant une courette - comme Lyon en connait de nombreuses. Le premier musée retrace l'histoire de la ville de Lyon en 30 salles thématiques, qui suivent un parcours chronologique. La visite est assez labyrinthique entre les différents niveaux des bâtiments mais la signalétique est très bien faite. A noter malgré les dispositions difficiles du bâtiment, il a été entièrement été aménagé pour être accessible aux PMR. Des zones tactiles ont également été aménagées pour les non-voyants.

Sans être extraordinaires les collections présentées donne un bon aperçu de l'évolution de la ville. Il en ressort que toute l'histoire de la ville, de ses évolutions urbanistiques à ses mutations économiques, est tournée sur son implantation à la confluence du Rhône et de Saône. L'importance de l'industrie textile, puis automobile et pharmaceutique sont mis en avant. Et on découvre le passé religieux, politique et social chargé de la cité.


Pour ceux qui le souhaitent, on peut enchaîner par la visite du musée des marionnettes du monde. Dit comme ça, je m'attendais à découvrir une étonnante collection variée et internationale. Je fus quelque peu déçue. La première salle d'exposition est consacrée, comme on peut s'y attendre au personnage de Guignol et son évolution. Se déroule ensuite l'histoire de la marionnette en France avec l'exposition de divers spécimen propres à chaque région. Le théâtre de papier est introduit et on y parle des débuts de la marionnette à la télévision. Des "boites multimedia" permette de visionner des petits films de 5 minutes, présentant la manipulation des marionnettes exposées, pour ceux qui souhaitent approfondir une thématique.


Les collections commencent ensuite à s'ouvrir à l'international, avec l'opposition entre fantoccini (à fils), burratini (à gaine) du nord de l'Italie et pupi de Sicile. Puis cela devient un survol, de grand personnages Tchèques, une silhouette Indonésienne, un exemplaire d'une marionnette de Bunraku (Japon) et quelques pantins articulés d'Afrique. Soit tous les continents sont représentés, l’appellation "du monde" n'est donc pas usurpée mais c'est très frustrant de ne pas en découvrir d'avantage. Grosse déception.

En résonance avec la Biennale d'Art Contemporain qui se tient en ce moment à Lyon, les deux musées accueillent des œuvres contemporaines. Le musée d'histoire accueille "Archéologie du savoir ?", où des œuvres choisies du MAC Lyon sont sensées dialoguées avec les collections présentées. Malgré les cartels explicatifs, j'avoue souvent ne pas avoir vu le lien. Par contre, la carte blanche donnée à l'artiste-performeur Zaven Paré au sein du musée de la marionnette était particulièrement bien vue. Telle des pièces à convictions étiquetées, des bras articulés, visages projetés sur des masques, systèmes digestifs sont éparpillés parmi les collections. Objets de technologie aux formes anthropomorphiques, ils dialoguent à merveille avec les marionnettes historiques en papier, en bois ou en tissus...

Mario Merz, Proliferazione di notizie e parole.
Zaven Paré, Jambes du soldat.

Musées Gadagne : Musée d'histoire de Lyon et Musée des marionnettes du monde.
1 place du petit Collège, Lyon 5è (69)
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h30.
Plein tarif : 8 euros pour les deux musées. Audioguide gratuit.
Expositions : Carte blanche à Zaven Paré, jusqu'au 5 janvier 2013. Archéologie du savoir ?, jusqu'au 19 janvier 2014.
www.gadagne.musees.lyon.fr

lundi 20 mai 2013

Provins

Depuis le temps que j'en entendais parler, j'ai enfin visité la cité médiévale de Provins. La ville est facilement accessible en transports en commun à partir de Paris. Il faut compter environ 1h25 de TER, direct entre Gare de l'Est et Provins. Le tarif est celui d'un voyage en zone 5, soit 11,50 euros le trajet, mais avec le dézonage du pass Navigo le week-end et les jours fériés, c'est gratuit ! Ne soyez pas étonné, en gare de Longueville, le train stationne un moment, puis repart dans l'autre sens pour desservir les dernière gares avant Provins.

La gare de Provins est à dix minutes à pied de la cité médiévale. Il n'est donc absolument pas utile de prendre la navette payante proposée en haute saison (30 mars au 31 octobre, samedi, dimanche et jours fériés). Cependant, si vous effectuez votre visite avec des personnes ayant des difficultés pour marcher, celle-ci peut se révéler utile car les pavés sont irréguliers, les escaliers nombreux et les rues à forte déclivité.

L'office du Tourisme propose un pass de visites qui donne accès à la Tour César, à la Grange aux Dîmes, aux souterrains et le Musée de Provins et du Pays Provinois. Ce pass permet également de bénéficier de réductions pour les spectacles et d'avantages dans les magasins partenaires. Il est valable un an et offre la possibilité d'entrer aux châteaux de Vaux-le-Vicomte et de Fontainebleau à un tarif préférentiel. Il coûte 11,50 euros (détail des tarifs ici).

Lors de ma visite, la cité était très paisible le matin. Nous avons d'abord visité la collégiale Saint-Quiriace, érigée sous Philippe le Bel (XIIème siècle) et qui ne fut jamais achevée. Jeanne d’Arc y assista à une messe en compagnie du roi Charles VII, au retour de son sacre à Reims. Nous avons ensuite acheté notre pass de visites à la tour César et visité celle-ci. Il s'agit d'un donjon octogonal bâti au XIIème siècle par les comtes de Champagne pour assoir leur puissance. Elle servit à la fois de prison, de tour de guet ou de refuge. Pour accéder à la salle des garde, le cœur du donjon, on passe par un escalier obscur et on est accueilli par des bruits d'armes, des portes qui claquent et des murmures, rendant l'arrivée impressionnante (lorsqu'il n'y a personne avec vous, ce qui était notre cas). Les sons proviennent d'une projection vidéo qui anime les murs de la salle avec des illustrations de scènes de vie. Après avoir parcouru tous les recoins, et traversé la "luxueuse" chambre du gouverneur avec cheminée et latrines privées, on monte jusqu'au chemin de ronde qui offre une magnifique vue panoramique sur la ville et les campagnes alentours. On accède ensuite au clocher par un escalier particulièrement étroit, aux marches très hautes et irrégulières pour découvrir une sublime charpente du XVIème et XVIIème siècle qui abritent les cloches de la collégiale Saint-Quiriace. Attention quand elles sonnent, ça surprend ! Le parcours se termine par la cave, haute salle où étaient stockés les vivres.




Comme on nous l'avais conseillé, nous sommes allés réserver un créneau de visite pour les souterrains, plus tard dans l'après-midi et nous somme retournés Place du Châtel au cœur de la ville haute pour déjeuner. Nous avons choisi la Table Saint-Jean, un peu à l'écart. Nous avons choisi le menu Saint-Jean à 17,90 euros, avec un cocktail offert grâce au pass de visite. La salle est sombre et rappelle les décors médiévaux, le service est rapide et aimable, la cuisine est agréable, avec un coup de cœur pour le pain perdu au caramel au beurre salé en dessert. Il est à se damner ! 

Nous avons ensuite immédiatement enchaîné par la visite de la Grange aux Dîmes, juste en face du restaurant. C'est un parcours audio-guidé qui retrace en une dizaine de saynètes, les métiers du moyen-âge et le déroulement des grandes foires de Champagne. C'est un parcours très instructif, les commentaires sont vivants et très intéressants. Si vous ne visitez qu'un site, je vous conseille vivement celui-là. Nous avons ensuite poursuivi notre chemin jusqu'aux remparts. Il est possible d'y monter sur de courtes sections. On y fait beaucoup travailler ses mollets mais la vue sur la campagne est très belle. C'est là qu'ont lieu les spectacles médiévaux. Je n'en ai vu aucun et je le regrette un peu. Ce sera peut-être l'occasion d'une nouvelle visite. En descendant vers la place Châtel, je conseille vivement la librairie médiévale à tous les fondus de cette époque. A la Maison du Terroir et de l'Artisanat, il est possible de se faire photographier gratuitement en costume médiéval à l'Echoppe des Templiers ou de se laisser tenter par les très belles poteries réalisées par René Chevallier. Le Musée de Provins et du Pays Provinois est anecdotique. Il peut être intéressant d'y faire un saut, notamment pour y voir une belle collection de carreaux de pavement, mais pas indispensable.

Nous avons conclu notre découverte de Provins en descendant dans ses souterrains. On ne s'y promène qu'avec un guide et les groupes sont limités à 25 personnes. Nous étions 7 avec le guide et j'imagine mal comment la visite peut être intéressante lorsqu'on est plus nombreux. Seuls 250m de boyaux sont visitables, et la ballade se fait à la lumière de la lampe torche du guide. Certaines écritures ou "salles" sont éclairées à la fibre optique. Malgré tous les efforts de notre guide pour rendre la visite interactive et ludique, j'ai trouvé la descente sans intérêt. On y apprend tout de même qu'ils devaient être exploités en tant que carrières pour y extraire la terre à foulon. Au Moyen-Age, Provins avait une très importante production de drap de laine, dont la qualité était reconnue au-delà de nos frontières. Cette terre servait aux opérations de foulage (nettoyage et dégraissage de la laine). Mais tout le reste n'est que "on dit" et spéculations en tous genres. Au fur et à mesure qu'on avance dans les souterrains, il y fait de plus en plus froid. Prévoir une petite laine donc. La visite débute et se termine sur de magnifiques salles basses voûtées (visibles aussi à la Grange aux Dîmes) qui servaient d'hôpital, de refuge pour les pauvres, de lieu de stockage ou de "show room" pour les marchants participant aux foires de Champagne.





Office du Tourisme de la Ville de Provins
Chemin de Villecran à Provins (77482)
Tél. : 01 64 60 26 26 
www.provins.net

lundi 18 mars 2013

musée d'histoire de Nantes

Le Château des Ducs de Bretagne accueille le musée d'histoire de Nantes. L'actuel château est l’œuvre de François II, au XVème siècle, qui souhaitait que la résidence ducale soit une forteresse face au pouvoir royal. Sa fille la duchesse Anne de Bretagne, deux fois reine de France grâce à ses unions avec Louis XII et Charles VIII, continuera d'embellir l'édifice. La forteresse deviendra le pied à terre breton des rois de France pendant deux siècles. Il subira ensuite maintes transformations et détériorations (incendie, explosion...) jusqu'au récent chantier de restauration. Après 20 ans de travaux, le château ré-ouvre au public dans les années 2000 et accueille le très actuel musée d'histoire de Nantes.


Avec une scénographie très contemporaine, le musée se veut à la pointe des techniques d'interprétation. Une signalétique soignée permet de se repérer aussi bien au cœur du château qu'au sein du parcours de visite. Des codes couleur délimitent les thématiques abordées. A titre d'exemple, les panneaux bordeaux disséminés dans les salles du musée attirent l'attention du visiteur sur des détails architecturaux liés à l'histoire du château. A l'entrée de chaque salle un grand livre en gros caractères retrace en quelques pages le sujet traité. De nombreux écrans et contenus multimédia ponctuent la visite : ambiances sonores, bornes interactives, reconstitutions en 3D de la ville à diverses époques... Les deux films sur l'histoire d'Anne de Bretagne et du château sont particulièrement réussis : mélange de graphisme contemporain et d'images d'archive, ils retracent de façon pédagogique le passé du lieu.
Un effort est également mené pour l'accueil des personnes à mobilité réduite ou déficientes sensorielles. Cependant, les supports adaptés à ce type de public ne sont pas systématiques et laissent donc penser qu'il sont plus là pour "montrer qu'on fait un effort", plutôt qu'accompagner réellement la visite des malentendants ou malvoyants. Dans des petites salles à l'écart, des aires de jeu en lien avec les collections du musée sont proposée pour le familles.



Les collections elles-mêmes regorgent de pièces étonnantes et d'anecdotes intéressantes. En vrac, j'ai appris que Nantes était connue pour la fabrication de cartes à jouer et qu'après la Révolution les couronnes avaient disparu des représentations des figures ; j'ai découvert que pour mesurer le temps en pleine mer on utilise des sabliers d'une demi-heure, appelés "horloges" - je n'imagine juste pas le gus dont c'est le travail de le retourner toutes les 30 minutes... La séquence sur l'or noir - non pas le pétrole mais la traite des esclaves - est particulièrement bien fournie et documentée. Et le petit film final, œuvre de l'artiste contemporain nantais, Pierrick Sorin est une conclusion pleine d'humour aux siècles d'histoire retracés dans les 32 salles du château.


Les remparts et les douves peuvent également être visités, mais la météo ayant été plus que capricieuse lors de mon séjour, je n'ai pas eu le loisir d'en profiter.

 Musée d'histoire de Nantes
Château des ducs de Bretagne, 4 place Marc Elder à Nantes (44)
de 10h à 18h. Fermé le lundi. 
Tarif : 5 euros (8 euros avec accès à l'exposition temporaire du moment)
La cours, les remparts et les douves sont en accès libre 7jours/7 de 10h à 19h.
www.chateau-nantes.fr

lundi 3 septembre 2012

Musée des Arts et Métiers

Les musées sont gratuits le premier dimanche de chaque mois. C'est le jour, donc, où j'évite en général toute visite car les lieux sont pris d'assaut et les queues aux entrées s'éternisent... En ce début de septembre, je tentais tout de même ma chance au musée des Arts et Métiers, espérant qu'il ne connaisse pas le sort du Louvre ou d'Orsay. Pari gagné, pas de queue et peu de monde dans les salles. L'idéal pour découvrir ce lieu que je n'avais encore jamais visité.

Le lieu est beau, grand, haut de plafond. De belles charpentes en bois sont visibles au deuxième étage. Le sol, aux étages, est en parquet qui grince bruyamment dès qu'il y a un peu de monde dans les salles.

Les collections s'étalent sur trois étages et répondent à sept grandes thématiques : instruments scientifiques et matériaux au second, énergie, mécaniques, construction et communication au premier et transports au rez-de-chaussée. Il y a beaucoup de choses à voir et tout cela m'a semblé un peu fouillis. J'ai eu beaucoup de mal à suivre les lignes chronologiques ou thématiques à l'intérieur de chaque collection. Il manquait à mon goût un parcours de visite et j'avais souvent l'impression de passer du coq à l'âne.

Cependant, une fois dépassée cette impression de désordre, il est intéressant de se poser sur une époque, une machine, une technique et développer ses connaissances sur ce sujet précis grâce aux objets en vitrine, aux panneaux explicatifs, cartels et au tablettes numériques qui permettent d'approfondir les informations sur tel ou tel sujet. Chacun trouve alors son propre parcours de visite suivants ses goûts et sa curiosité. On passe ainsi d'une reconstitution du laboratoire de Lavoisier au mode de fonctionnement de l'Ipod, par exemple. Et dans la section transport, j'ai obtenu toutes les réponses aux questions que je me posais sur le fonctionnement de la ligne 14, que j'emprunte tous les jours. Des zones interactives et de démonstration viennent ponctuer la visite, ainsi que des mini-exposition temporaires afin de rendre le musée plus vivant.
Le saviez-vous ? La loi du 18 Germinal an III (7 avril 1795) stipule dans son article 5 : "On appellera mètre, la mesure de longueur égale à la dix millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle boréal et l'équateur ; litre la mesure de capacité tant pour les liquides que pour les matières sèches, dont la contenance sera celle du cube de la dixième partie du mètre ; [...] gramme, le poids absolu d'un volume d'eau pure, égal au cube de la centième partie du mètre et à la température de la glace fondante." Et ainsi naquit le système métrique.
musée des arts et métiersAu rez-de chaussée, la section transport se poursuit dans l'Eglise Saint-Martin des Champs. Celle-ci accueille un pendule de Foucault et une belle collection d’innovations technologiques (voitures et avions). L'intérieur de l'église a été restauré avec sa polychromie d'origine. Toute la hauteur de la voûte a été exploitée grâce à une structure en métal et en verre sur laquelle les modèles d'automobiles sont exposés sur plusieurs étages. Par petits groupes (15 personnes maximum), le public peut monter dans la structure et surplomber ainsi l'ensemble de la nef. Si vous souffrez du vertige, abstenez-vous ! A noter également, le plâtre original ayant servi de modèle pour la fabrication de la statue de la Liberté est exposé dans l'église.

Pour bien profiter du musée, il faut donc y venir et y revenir pour approfondir chaque fois un sujet différent, faire de nouvelles trouvailles et continuer de s'émerveiller du génie des hommes et femmes qui ont fait évoluer notre quotidien avec leurs découvertes et leurs inventions.

Musée des Arts et Métiers
60 rue Réaumur 75003 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu'à 21h30.
Plein tarif : 6,50 €. Gratuit le premier dimanche du mois.
www.arts-et-metiers.net

vendredi 6 juillet 2012

Malte : Heritage Malta

Créé en 2003, cette agence est en charge de la gestion, de la protection, de la restauration et de la valorisation du patrimoine culturel maltais. Elle regroupe un certain nombre de musées et sites archéologiques sur l’île de Malte et de Gozo. www.heritagemalta.org

DSC03922Un billet unique a été mis en place pour visiter 14 sites gérés par l’agence. Ce pass (plein tarif 30€) permet de visiter une fois chacun de ces sites : à La Vallette, le musée des Beaux-Arts, le musée d’archéologie, le musée de la guerre, l’Armurerie du palais et le Palais des Grands-Maîtres ; à Vittoriosa, le palais de l’Inquisiteur et le musée maritime ; à Rabat et Mdina, les catacombes de Saint-Paul, la Domus Romana et le musée national d’Histoire naturelle ; dans le sud de l’île les temples d’Hagar Qim, de Mnajdra, de Tarxien et les grottes de Ghar Dalam ; à Gozo le temple de Ggantija, le moulin Ta’Kola, le musée d’archéologie, le musée d’Histoire naturelle, le musée ethnologique et la vieille prison.


- Le musée National d’Archéologie.
Auberge de Provence, republic Street, Valletta, Malte
Ouvert tous les jours de 8h à 19h. Entrée 6 euros.
Le musée n’est pas très grand et mal fléché. A l’étage, la plus grande (et belle) salle est réservée aux expositions temporaires. Une série d’autres, plus petites, expliquent de façon très pédagogique la vie à l’époque néolithique et à l’âge de bronze. Les salles du bas abritent les pièces originales trouvées sur les divers sites archéologiques maltais. La collection de figures humaines est particulièrement impressionnante.

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- Le musée de la Guerre
Lower Fort St Elmo, Spur Street, Valletta, Malte
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 6 euros.
Ce musée relate l’histoire des deux guerres mondiales et du rôle de l’archipel. Il est didactique et très complet. Textes, photos, ambiances sonores, bornes vidéo, objets, uniformes, armes, avions… tout l’imaginaire de ces deux guerres est présent. On y trouvera même des vestiges étonnants comme un petit morceau de tissus d’environ 1cm² avec une étiquette précisant « Morceau d’uniforme de pilote allemande crashé le … à … ». Il faut compter au moins deux bonnes heures pour bien profiter du musée.

- Le Palais de l’inquisiteur
Main gate street, Vittoriosa, Malte
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 7 euros.
Il ne reste que très peu de traces du mobilier et des activités du palais, à part les prisons. Le bâtiment abrite aujourd’hui une collection d’art religieux déclinée autour des grandes fêtes que sont Pâques et Noël.


- Les catacombes de Saint-Paul
St Agatha Street, Rabat, Malte (Bus 51 ou 52)
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 5 euros, audioguide inclus.
La visite des catacombes est libre. Seul un audioguide nous accompagne dans le dédale de couloirs souterrains. Il y avait peu de monde et cela permet vraiment de « se perdre » dans tous les recoins. Le contenu de l’audioguide est intéressant et on y apprend beaucoup sur les rites funéraires des premiers chrétiens de l’île, à partir du 4ème siècle.
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- La Domus Romana
Museum esplanade, Rabat, Malte (Bus 51 ou 52)
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 6 euros.
La maison a été construite pour protéger une mosaïque, vestige d’une ancienne villa romaine. Le musée de l’art romain à Malte abrite tous les vestiges de l’époque trouvés sur l’île. Les collections sont sans grand intérêt.
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- Les temples de Tarxien
Neolithic Temples street, Tarxien, Malte (Bus 81 ou 82)
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 6 euros.
Les temples de Tarxien sont au nombre de trois et datent de la fin du néolithique. De par la taille du site, on se rend difficilement compte du tracé de ceux-ci et ça perd de leur côté impressionnant. De plus, ils sont complètement enclavés dans la ville de Paola, avec comme toile de fond des immeubles d’habitation. On y trouve cependant une représentation de la déesse de la fertilité (enfin, une copie de ce qu’il en reste, l’original étant conservé au musée national d’archéologie), connue pour être la plus vieille statue de cette taille au monde !
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- Les temples d’Hagar Qim et de Mnajdra
Triq Hagar Qim, Qrendi, Malte (Bus 201)
Ouvert du 15 octobre au 14 avril tous les jours de 9h à 17h, et du 15 avril au 14 octobre tous les jours de 9h à 19h. Entrée couplée 9 euros.
L’entrée des deux sites est précédée d’un petit musée fort bien fait, qui présente les diverses hypothèses liées à la construction, à l’alignement et à l’usage des temples. Il y est également expliqué pourquoi les deux sites sont maintenant protégés par une tente. J’avais un peu peur de découvrir ce dispositif, ayant connu les temples à l’air libre, mais au final c’est joliment fait et indispensable pour préserver ces sites du soleil, de la chaleur et des intempéries.
Les deux sites sont remarquables et le paysage de bord de mer qui les accompagne, participe à la magie de la visite. Sur le chemin qui relie les temples d’Hagar Qim à ceux de Mnajdra en contrebas, il y a plusieurs départs de sentiers de randonnées.
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- Le musée ethnologique
Melite Bernardo de Opuo street, The Citadel, Victoria, Gozo, Malte
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 8 euros, pour deux musées de la citadelle.
C’est une grande maison labyrinthique à plusieurs niveaux. Il ne faut pas hésiter à emprunter tous les escaliers et jeter un œil dans toutes les ouvertures pour ne rien rater. De très nombreuses thématiques et métiers sont abordés avec de belles collections d’objets, mais il n’y a absolument aucune explication. C’est bien dommage.

- La vieille prison
Cathedral square, The citadel, Victoria, Gozo, Malte
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 8 euros, pour deux musées de la citadelle.
A l’inverse du musée ethnologique, il n’y a rien à voir (ou presque) et tout à lire. Enfilade de cellules dans lesquelles il est possible d’entrer pour mieux se rendre compte de l’exiguïté. Ce sont surtout les séries de graffitis qui sont intéressantes : croix, bateaux, dates… Les panneaux explicatifs décrivent de bonnes conditions carcérales et signalent que les prisonniers lors de leurs travaux forcés, ont notamment participés à l’excavation des temples de Ggantija.


- Les temples de Ggantija
Temples street, Xagha, Gozo, Malte (bus 307 ou 322)
Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Entrée 5 euros.
C’est le plus vieux site préhistorique découvert à Malte. Chaque temple a une forme de trèfle, la pierre utilisée est très différente de la globigérine utilisée dans les temples du sud de l’île principale. Ils ont été bâtis sur le même modèle que ceux de Karnak ou Stonehenge. On ne sait toujours pas comment les énormes blocs qui les composent ont pu être acheminés. La légende veut donc qu’ils aient été construits pas des géants (d’où son nom).
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