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mardi 25 février 2014

Guinness Storehouse à Dublin

La bière Guinness est omniprésente à Dublin. Tous les pubs la servent et l’image publicitaire de la marque sert de décor dans la plupart des établissements. En longeant la Liffey vers Phoenix park, on aperçoit sur la rive sud tout un quartier enfermé entre de hauts murs. Il s’agit de l’usine Guinness. En effet celle-ci est en pleine ville !



Dans le vieux Dublin, en passant par des petites rues vides, qui ressemblent à des coupe-gorges avec leurs hauts murs de pierre austères et leurs pavés, on tombe sur l’hyper touristique entrepôt Guinness. Il s’agit d’un musée-attraction, installé dans l’ancienne usine de fermentation de 1904, qui  retrace l’histoire de la marque.


Au sous-sol, comme dans les parcs d’attractions, de grandes quantités de séparateurs laissent imaginer de longues queues qui s’agglutinent. Heureusement pour nous il n’y a pas grand monde ce jour-là. Pour accompagner la visite, il est possible au choix, de suivre un guide anglophone, de prendre un guide audio multilingue gratuit, de télécharger l’application (gratuite et multilingue également) ou tout simplement de se promener à son gré en lisant les panneaux. L’expérience se déroule sur 7 étages qui forment une pinte géante.


Dans le sol de l’atrium, sous une plaque de verre, on peut voir le bail de 9000 ans signé par Arthur Guinness en 1759 à la brasserie de St. James Gate à Dublin. Il marque le début de l’aventure Guinness et du parcours de visite. Une première salle présente, avec une belle scénographie les 4 éléments naturels qui composent cette bière : eau, orge, houblon et levure. Avant de découvrir le long processus de brassage, on passe à travers une « salle d’archives » où des tableaux animés (très réussis par ailleurs) font l’apologie d’Arthur Guinness et de son entreprise à travers les âges. La visite se poursuit avec la promotion de l’art du tonnelier – artisan le plus qualifié de la brasserie, puis l’évocation du large panel de transports qui permettent à la bière d’être exportée dans 150 pays (à pied, à cheval, en péniche, en cargo, en train…). Malgré une jolie mise en scène on regrettera de ne pouvoir visiter la vrai usine pourtant à quelques pas de là. 


Maintenant que l’on sait « tout » sur la fabrication de la bière, il est temps de la déguster. Digne des plus grands parcs d’attraction, cette expérience de dégustation est scénarisée. On est d’abord invités dans une première salle tout en blanc, à « sentir » les quatre arômes de la Guinness, qui émanent de quatre puits de fumée. On nous sert alors un petit verre de dégustation que nous ne devons pas boire avant d’avoir appris « comment », dans la deuxième salle, qui ressemble au salon d’une grande demeure irlandaise, tout en boiseries et portraits de famille.


Le troisième étage est consacré à l’histoire de la publicité (print et TV) de la marque. Sur des bornes interactives, il est possible de faire un test « Drink IQ », qui permet d’estimer ses connaissances sur les effets de l’alcool sur l’organisme.


Dans les étages suivants, on peut faire son choix de cadre pour profiter de la pinte offerte avec le billet d’entrée. Certains voudront apprendre l’art de tirer la pinte parfaite, d’autres préfèreront l’ambiance d’un pub traditionnel (cela a été mon cas), alors que les derniers iront se faire bousculer dans l’effervescence du Gravity bar qui offre une magnifique vue panoramique de la ville. Je conseille d’y monter pour découvrir la vue, mais il y a beaucoup de bruit et très peu d’assises, je trouve donc plus agréable de se poser dans les étages pour boire.

Entre 12h et 14h, il y a des dégustations et animations autour des recettes à base de Guinness mais je ne peux vous en dire d’avantage car je n’y étais pas aux bons horaires. 

Guinness Storehouse
St James Gate, Dublin 8
A pied à partir de Thomas street, prendre Crane street et tourner à droite au bout de la rue.
Ouvert tous les jours de 9h à 17h (fermeture des caisses à 17h), jusqu’à 19h en juillet et en août.
Plein tarif : 16,50€ sur place -  14,85€ en ligne
www.guinness-storehouse.com

dimanche 3 novembre 2013

Musées Gadagne

Le musée Gadagne, dans le vieux Lyon regroupe deux musées et un café dans un ensemble de bâtiments Renaissance.

Moi qui ne connait pas du tout le ville, le musée est très bien indiqué dès les berges de la Saône. On accède au musée en traversant une courette - comme Lyon en connait de nombreuses. Le premier musée retrace l'histoire de la ville de Lyon en 30 salles thématiques, qui suivent un parcours chronologique. La visite est assez labyrinthique entre les différents niveaux des bâtiments mais la signalétique est très bien faite. A noter malgré les dispositions difficiles du bâtiment, il a été entièrement été aménagé pour être accessible aux PMR. Des zones tactiles ont également été aménagées pour les non-voyants.

Sans être extraordinaires les collections présentées donne un bon aperçu de l'évolution de la ville. Il en ressort que toute l'histoire de la ville, de ses évolutions urbanistiques à ses mutations économiques, est tournée sur son implantation à la confluence du Rhône et de Saône. L'importance de l'industrie textile, puis automobile et pharmaceutique sont mis en avant. Et on découvre le passé religieux, politique et social chargé de la cité.


Pour ceux qui le souhaitent, on peut enchaîner par la visite du musée des marionnettes du monde. Dit comme ça, je m'attendais à découvrir une étonnante collection variée et internationale. Je fus quelque peu déçue. La première salle d'exposition est consacrée, comme on peut s'y attendre au personnage de Guignol et son évolution. Se déroule ensuite l'histoire de la marionnette en France avec l'exposition de divers spécimen propres à chaque région. Le théâtre de papier est introduit et on y parle des débuts de la marionnette à la télévision. Des "boites multimedia" permette de visionner des petits films de 5 minutes, présentant la manipulation des marionnettes exposées, pour ceux qui souhaitent approfondir une thématique.


Les collections commencent ensuite à s'ouvrir à l'international, avec l'opposition entre fantoccini (à fils), burratini (à gaine) du nord de l'Italie et pupi de Sicile. Puis cela devient un survol, de grand personnages Tchèques, une silhouette Indonésienne, un exemplaire d'une marionnette de Bunraku (Japon) et quelques pantins articulés d'Afrique. Soit tous les continents sont représentés, l’appellation "du monde" n'est donc pas usurpée mais c'est très frustrant de ne pas en découvrir d'avantage. Grosse déception.

En résonance avec la Biennale d'Art Contemporain qui se tient en ce moment à Lyon, les deux musées accueillent des œuvres contemporaines. Le musée d'histoire accueille "Archéologie du savoir ?", où des œuvres choisies du MAC Lyon sont sensées dialoguées avec les collections présentées. Malgré les cartels explicatifs, j'avoue souvent ne pas avoir vu le lien. Par contre, la carte blanche donnée à l'artiste-performeur Zaven Paré au sein du musée de la marionnette était particulièrement bien vue. Telle des pièces à convictions étiquetées, des bras articulés, visages projetés sur des masques, systèmes digestifs sont éparpillés parmi les collections. Objets de technologie aux formes anthropomorphiques, ils dialoguent à merveille avec les marionnettes historiques en papier, en bois ou en tissus...

Mario Merz, Proliferazione di notizie e parole.
Zaven Paré, Jambes du soldat.

Musées Gadagne : Musée d'histoire de Lyon et Musée des marionnettes du monde.
1 place du petit Collège, Lyon 5è (69)
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h30.
Plein tarif : 8 euros pour les deux musées. Audioguide gratuit.
Expositions : Carte blanche à Zaven Paré, jusqu'au 5 janvier 2013. Archéologie du savoir ?, jusqu'au 19 janvier 2014.
www.gadagne.musees.lyon.fr

jeudi 8 août 2013

Ron Mueck à la Fondation Cartier

La queue devant la fondation Cartier montre bien combien l’œuvre de Ron Mueck intrigue. En effet, ces sculptures hyperréalistes, mais à l'échelle erronée, ne laissent pas indifférent.

On est accueilli par un gigantesque couple de personne âgées installées sous un parasol. Fasciné par la qualité des détail, le public scrute les moindres plis de peau, la moindre ride de ces géants. On est également touché par la tendresse qui s'échappe de cet instantané.

Toutes les autres sculptures sont à une échelle réduite, à l'exception d'un visage sommeillant, sorte de masque mortuaire (?) qui ouvre le sous-sol de l'exposition. Autour de chaque œuvre, on s'interroge sur la technique, on reste fasciné par l'hyperréalisme d'un regard, d'un geste ou d'un pli de peau, et on se raconte une histoire. Parce que toutes ces œuvres nous emmènent dans leur monde, comme cet homme qui semble allongé sur un matelas gonflable au milieu d'une piscine, mais qui est représenté crucifié sur un mur dans un halo de lumière. L'image semble au premier abord paisible, puis un mal être s'installe, le corps semble s'éloigner, partir à la dérive (d'où le titre de l’œuvre Drift).

Le parcours de visite se conclut par un film de 52' de Gautier Deblonde, qui a suivi l'artiste australien dans son atelier londonien, lors de la préparation de cette exposition. Le documentaire nous projette dans un monde où le temps semble tourner au ralenti. On se rend compte de l'ampleur de la tâche, des heures et des heures de travail, de la minutie et de l'exigence nécessaires. On n'en regarde qu'avec plus d'admiration ces sculptures.

Ron Mueck 
du 16 avril au 27 octobre 2013
à la Fondation Cartier pour l'art contemporain
261 bd Raspail, Paris 14ème
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 21h. Nocturne le mardi jusqu'à 22h.
Plein tarif : 10,50 euros
www.fondation.cartier.com
 

dimanche 28 juillet 2013

La mécanique des dessous au musée de la Mode et du Textile

Le Musée de la Mode et du Textile propose environ deux à trois fois par an, des expositions temporaires à la fois pointues et tout public. Rétrospective d'un styliste plus ou moins connu, parcours thématiques ou chronologiques, je n'ai jamais été déçue par leurs expositions. Celle qui vient d'ouvrir n'échappe pas à la règle.

La mécanique des dessous propose une histoire de l'évolution des silhouettes du XIVème siècle à nos jours en mettant en avant les artifices qui permettent de la sculpter.

C'est ainsi qu'on s'étonne que pour maintenir en place les fraises (collerettes de tissus amidonné portées au XVIème), il était possible d'y glisser une structure en métal pour qu'elle ne s'affaisse pas. On redécouvre des collections de corsets, tournures (faux-culs), crinolines et paniers de taille et de formes différentes suivant les époques. On s'amuse devant les braguettes protubérantes de ces messieurs, tout en pensant à nos actuels soutiens-gorge renforcés. On s'insurge devant les corsets pour enfants - corps malléables à façonner -, et les théories sur les corps gros (comme quoi le diktat des lignes filiformes ne date pas d'aujourd'hui). On éclate de rire devant une sélection de vielles publicités (clip TV, affiches et annonces) pour les sous-vêtements, comme celle-ci pour le Slip Français.



A mi-parcours, juste avant de monter à l'étage, le commissaire d'exposition a eu l'excellente idée de créer une zone d'essayage où les photos sont autorisées. On peut alors enfiler corsets, crinolines, tournures, braguettes renforcées ou fraises. Le plus marquants pour moi ont été les corsets. Ils offrent de belles lignes, encore très modernes (sic. !) , mais il est très difficile de respirer ou de bouger avec, comme on pouvait l'imaginer.


Afin de mettre en avant l'ingéniosité mécanique de ces dessous, des reconstitutions articulées de ces pièces vestimentaires sont présentées. Pour chaque époque et type de pièces, on trouve donc l'artifice en question "nu" et sous ses différentes formes, ainsi que des tenues complètes où celui-ci est dissimulé, pour rendre compte de l'effet voulu.

L'exposition se conclu par la présentation de pièces contemporaines de créateurs, qui s'inspirent de ces dessous qui ont marqués les silhouettes de mode à travers les âges pour en faire de vrai chefs d’œuvre expérimentaux. 

La mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette,
du 5 juillet au 24 novembre 2013,
au musée de la Mode et du Textile, les Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er.
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 20h30.
Plein tarif : 9,50€ pour les 3 musées (Arts décoratifs, Mode et textile et Publicité). 
www.lesartsdecoratifs.fr

vendredi 21 juin 2013

Cheveux chéris au musée du quai Branly

Jusqu'au 14 juillet 2013, le musée du quai Branly propose sur sa mezzanine ouest une exposition transversale sur les cheveux, thème à la fois familier et original qui a aiguisé ma curiosité. Le sous-titre de l'exposition Frivolité et Trophées résume bien le parcours proposé par le commissaire Yves Le Fur (directeur du département du patrimoine et des collections du musée).



L'exposition fait une boucle. On commence par une série de bustes de diverses époques, en marbre et en bronze, qui offrent une confrontation des coiffures européennes et non européennes. Puis pour développer le thème de la frivolité, photos et tableaux, anciens et contemporains, se répondent et s'opposent sur les thèmes du pouvoir, de la séduction, de la compétition brune/blonde, des clichés qui y sont rattachés, ou de l'inspiration ethnique dans les coiffures de mode. D'abord symbole de superficialité on passe rapidement dans cette première section.


Les salles se font plus petites et plus tortueuses, des embouteillages se créent. On commence a réfléchir sur cet objet de coquetterie qui est une part de soi à laquelle on est peu enclin à renoncer. Le thème de la perte, volontaire puis contrainte, est abordé. Deux séries de courts extraits vidéo illustrent les nombreux rites marqués par une cérémonie liée à la coupe des cheveux à travers le monde : entrée dans les ordres, étape de vie (mariage, entrée à l'âge adulte...)... Sur un grand pan mural, des femmes soupçonnées d'avoir couché avec l'ennemi pendant la seconde guerre mondiale se font humilier sur la place publique, on leur rase la tête. Puis la perte des cheveux pour cause de vieillesse ou de maladie est traitée par une magnifique série photographique.


La troisième partie de l'exposition, la plus grande, est consacrée aux pouvoirs magiques des cheveux. Réputés imputrescibles, ils survivent aux morts, c'est pourquoi de nombreuses croyances leurs attribuent des pouvoirs. Une impressionnante collection d'objets, ornements et trophées fabriqués à base de cheveux sont réunis dans cette section. Coiffes, capes, masques, colliers sont réalisés avec des mèches de chefs, hommes de pouvoir ou guerriers pour transmettre leur puissance au porteur. Les scalps ou mèches qui ornent les armes sont un rappel à l'ennemi de la force du guerrier qu'il affronte. L'exposition se termine par une extraordinaire série de têtes réduites, crânes et momies dont la chevelure a été conservée...




C'est un exposition vraiment surprenante, où l'on passe du beau au répugnant, du banal à l'incroyable. Elle est universelle - nous avons tous des cheveux - et intéressante - on apprend beaucoup. On se questionne, on s'interroge sur notre propre rapport à notre chevelure. Et puis je ne sais pas vous, mais pendant toute l'exposition et en sortant, je regardais avec beaucoup d'attention toutes les coupes, les textures, les couleurs de cheveux qui je croisais... 

Un jeu-concours est proposé. Un quizz est à disposition à l'entrée. On peut ainsi mener l'enquête à travers l'exposition et tenter de gagner un relooking, des catalogues ou billets d'entrée au musée.

Cheveux chéris, frivolités et trophées
jusqu'au 14 juillet 2013
au musée du Quai Branly, 37 quai Branly, Paris 7ème
Ouvert du mardi au dimanche, de 11h à 19h, nocturne jusqu'à 21h les jeudi, vendredi et samedi.
Plein tarif : 10,10€ (Accès aux collections permanentes). Gratuit le 29 et 30 juin et le 1er dimanche du mois.
www.quaibranly.fr

mercredi 10 avril 2013

Dynamo au Grand Palais

Plutôt en veine en ce moment - je devrais peut-être jouer au Loto - j'ai gagné, grâce à la RMN,  une invitation pour la soirée d'inauguration de l'exposition Dynamo : un siècle de lumière et de mouvement dans l'art 1913-2013.

Hier soir donc, vers 21h30 je me rapproche du Grand Palais. Ambiance dès l'arrivée, nous sommes accueillis par "une sculpture de brume" (émanant de la fontaine centrale) de l'artiste japonais Fujiko Nakaya.

A l'entrée, le visiteur est invité à télécharger l'application gratuite de l'exposition qui permet de réagir en temps réel. A la fin de l'exposition un grand mur diffuse les photographies et commentaires diffusés à travers l'application. Non testé, car je n'ai pas de smartphone.

Comme le dit le titre, l'exposition regroupe des œuvres qui interrogent les notions d'espace, de vision, de lumière et de mouvement depuis un siècle. Il s'agit pour la plupart d'installation immersives ce qui rend la visite très ludique et participative. L'exposition débute par une section sur les contemporains et se conclut avec des œuvres pionnières. Le premier étage est consacré à la vision, déclinée selon les thématiques suivantes : claire-voie, permutation, concentrique excentrique, interférence, immersion, distorsion, tactile, trame et battement. Le rez-de chaussé aborde la notion d'espace avec les concepts d'abîme, de nuée, de champs de force, de halo, d'espace incertain, de maelström et de céleste.

Comme la plupart des expositions aux Galerie Nationales du Grand Palais, il faut prendre son temps. En 1h45 de visite, nous avons parcouru le rez-de-chaussée au pas de course car le site fermait. C'est d'ailleurs très dommage que pour cette soirée d'inauguration nous ayons été invités aussi tard, le temps mis à disposition ne permettant pas de profiter pleinement de toute l'exposition. Surtout que de nombreuses œuvres ne sont "allumée" ou "activées" que par intermittence, ou ne sont autorisée qu'à une jauge restreinte de participants, ce qui augmente le temps de visite.

Ce que j'ai trouvé très intéressant, c'est que je pouvais à la fois être hypnotisée par une série de lignes serrées sur une toile et être emportée par la brume chromatique d'Ann Veronica Janssens (son installation immersive oblige à faire la queue car seules 12 personnes peuvent y accéder en même temps, mais ça vaut la peine d'attendre !). La création in situ de Felice Varini sur la colonnade du Palais est très réussie. Le labyrinthe interactif du collectif GRAV floute le rapport à l’œuvre, par sa ressemblance à une attraction de fête foraine (sentiment renforcé lors de ma visite car je suivais une bande d'adolescents qui semblaient explorer une maison hantée).

C'est un voyage riche en sensations dont j'ai pu profiter dans des conditions privilégiées (pas de foule), mais qui pose fortement la question de l'affluence. Quand les salles d'exposition seront noires de monde, le spectateur pourra-t-il vraiment se rendre compte de la diversité des effets visuels en se déplaçant devant une œuvre ? Ressentir le malaise, l'oppression provoqué par certaines installations ? Etre déstabilisé par des effets d'optique ? Et tout simplement participer comme cela est proposé ?

Avertissement : Certaines installations comportant des stimulations lumineuses fortes peuvent présenter un risque pour les visiteurs souffrant d'épilepsie.

Dynamo : un siècle de lumière et de mouvement dans l'art 1913-2013
au Galeries Nationales du Grand Palais, entrée Champs-Elysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8ème
du 10 avril au 22 juillet 2013, de 10h à 20h, nocturne le mercredi jusqu’à 22h. Fermé le mardi.
Plein tarif : 13 euros
Application gratuite téléchargeable ici
www.grandpalais.fr

dimanche 3 mars 2013

Noella Pontois à l'Elephant Paname

Nouveau lieu parisien de la danse et des arts, l'Elephant Paname a ouvert près du palais Garnier il y a quelques mois. Cet hôtel de style Second Empire, érigé sous Napoléon III, a été récemment rénové par Fanny et Laurent Fiat, qui tout en conservant les stucs et dorures d'origine, y ont fait ajouter des touches contemporaines, comme cet étonnant sculpture-ascenseur en métal rouillé.

500m² sont réservés aux studios, et 500m² accueillent une programmation événementielle annoncée comme pointue. La première exposition est consacrée à la danseuse étoile Noella Pontois.

Le dôme au rez-de-chaussée sert d'écrin aux costumes de ses rôles titres. Les murs sont recouverts de photos portrait et des vitrines dévoilent des coupures de presse. Au deuxième étage, la salle de droite propose une ambiance plus intimiste et aborde l'enfance de l'étoile et de sa fille, Miteki Kudo - également danseuse à l'Opéra de Paris. La salle de droite et le dernier étage offrent un panorama photographique de Noella Pontois sur scène dans les grandes pièces du répertoire. Elle est accompagnée par tous les plus grands : Denard, Dupont, Atanasoff, Baryshnikov ou Noureev. Dans deux petits salons sont projetés des images d'archives. J'ai particulièrement été touchée par des images de répétition sur le plateau du Palais Garnier où Rudolf Noureev enseigne à la jeune étoile sa chorégraphie de la Belle au Bois Dormant. Les deux salons sont séparés par une reconstitution de la loge de la danseuse.



Noella Pontois, divine étoile
jusqu'au 31 mars 2013
à l'Elephant Paname, 10 rue Volney, Paris 2ème
ouvert du mercredi au samedi de 11h à 20h, et le dimanche de 11h à 18h

Tarif : 10 euros
www.elephantpaname.com

mardi 8 janvier 2013

Salvador Dali au centre Pompidou

Autre exposition phare en ce moment, Dalì au Centre Pompidou jusqu'au 25 mars 2013. Il m'avait fortement été déconseillé de tenter de visiter l'exposition car tous ceux qui avaient essayé avant moi avaient renoncé à la vue des kilomètres de queue pour entrer dans le centre, puis pour accéder à l'exposition même, au dernier étage. En me renseignant sur l'exposition, j'ai découvert ce lien fort utile. Il s'agit d'un tableau précisant les horaires de visite conseillés. Il y était indiqué que le lundi après 17h la fréquentation était moyenne, et en effet, quand je me suis rendue au musée, lundi à 18h, pas de queue et un niveau de fréquentation très agréable dans les salles.



L'exposition est très complète avec plus de 120 tableaux, dessins, films et autres objets liés à l'artiste. L'espace d'exposition, très vaste, alterne des tableaux sagement accrochés au mur et des ilots réservés au petits formats et objets. Le découpage thématico-chronologique est très ouvert, et à l'inverse de la plupart des expositions où l'on suit un parcours imposé, chacun passe d’œuvre en œuvre selon son bon plaisir. Je ne suis pas une grande partisane de ce type de scénographie mais je la trouve particulièrement adaptée dans ce cas. On a l'impression de se perdre dans les méandres du cerveau de l'auteur. Ceux-ci sont d'ailleurs matérialisés dans la dernière salle d'exposition.

L’œuvre de Dalì en elle-même est protéiforme, folle, dérangeante, géniale ! A voir absolument.

Dalì
jusqu'au 25 mars 2013, 11h à 23h, sauf le mardi.
au Centre Pompidou, place Georges Pompidou, Paris 4ème
Plein tarif : 13 euros. Gratuit pour les moins de 26 ans.
www.centrepompidou.fr

lundi 7 janvier 2013

Edward Hopper au Grand Palais

A part quelques œuvres phares comme celle de l’affiche de l’exposition, Nighthawkes, je ne connaissais rien de l’œuvre de d’Edward Hopper. C’est donc par simple curiosité que je suis allée voir l’exposition qui se tient actuellement au Grand Palais, jusqu’au 28 janvier.

Tout d’abord, comment éviter la foule dans les salles et les longues heures de queue ? J’ai mis en pratique une technique qui a fait ses preuves et qui a encore prouvé son efficacité, s’y rendre deux heures avant la fermeture. C’est radical !



La scénographie est sobre. Des murs gris clair. Des grandes salles, sous découpées de petits alcôves qui accueillent ses petits formats, ses aquarelles ou ses gravures. Des entr’actes annoncés au néon dans des salles obscures, et qui proposent des projections géantes de ses illustrations ou des photographies de Philip Lorca di Corcia – dont le parallèle avec les œuvres du peintre ne m’a absolument pas convaincue.

En ordre chronologique, le premier étage de l’exposition retrace surtout ses sources d’inspiration au cours de ses années de formation avec des comparaisons avec ses contemporains. J’ai particulièrement été marquée par une peinture autoportrait datée de 1902 de Thomas Eakins, dont la vivacité du regard fait penser à une photo. En descendant d’un étage, on découvre ses œuvres emblématiques pour lesquelles il est le plus connu.
 

La technique est sûre et maitrisée. C’est beau, c’est bien fait, que ce soit ses illustrations, ses aquarelles, ses gravures ou ses peintures grands formats. Mais ce traitement « par technique », trop formel, choisi par le commissaire d’exposition empêche un peu de rentrer dans la psychologie de l’œuvre d’Edward Hopper. Ses œuvres sont puissantes par la banalité qui s’en dégage. Ses grandes maisons vides, ses personnages au spectacle, à l’hôtel, au bureau, au restaurent dégagent chacun une profonde tristesse, solitude ou ennui. Le traitement très tranché de la lumière et de la couleur accentue la violence interne et non exprimée des personnages. Et en ces temps de crise et d’incertitude que nous traversons, ces sentiments trouvent une résonnance en chacun de nous. D’où à mon sens, le succès de cette exposition.

Edward Hopper
RMN – Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower Paris 8ème. Entrée : Square Jean Perrin
Fermé le mardi. Lu 10h-20h, me, je, ve 10h-22h, sa et di 9h-22h.
Tarif : 12 euros
www.rmn.fr

dimanche 6 janvier 2013

Cabarets et arts forains

Dernier jour des vacances, même si j’ai repris le travail il y a déjà quelques jours. Alors pour prolonger la magie des fêtes, je vous conseille de regarder en replay sur pluzz « Signé Mireille Dumas » sur les cabarets de légende. C’est un très beau documentaire, intéressant, complet et bien documenté sur le monde de la féérie, des plumes et des paillettes.

Et pour compléter, ce voyage dans le monde du merveilleux, j’ai enfin (!) découvert le musée des Arts Forains. Il était temps c’était son dernier jour d’ouverture au grand public.

musée arts forains

Il se situe dans d’anciennes halles aux vins dans le quartier de Bercy (Paris 12ème). Le lieu est déjà un peu magique par lui-même. Mais quand on entre dans le musée, on est transporté dans un autre monde. En extérieur ou en intérieur, ce sont des velours, des décors, des costumes, des pièces de manège ou autres attractions foraines, des automates et autres curiosités qui attirent notre regard de toutes parts. Le musée est très spacieux, donc malgré la longue queue à l’entrée dès l’ouverture à 10h, la foule n’est pas oppressante et on peut bien profiter de tout. Car le plus agréable, c’est que c’est un musée vivant : comédiens et musiciens redonnent vie aux objets. Il est possible de participer à une course de serveurs ou de faire un tour de manège. Petits et grands y trouvent leur compte. Et dans les allées entre les halls, on est accueilli par des odeurs de barbe à papa et de vin chaud…

musée arts forains

musée arts forainsCette année, le musée accueillait une exposition de costumes de music-hall achetés lors de la vente aux enchères organisée suite à la fermeture des Folies Bergères en tant que cabaret. La boucle est bouclée puisque le reportage de Mireille Dumas sur les cabarets commence par cette même vente.

Musée des Arts Forains
53 avenue des terroirs de France, Paris 12ème M° Cour Saint Emilion
Le musée est ouvert toute l’année, sur réservation uniquement, pour les groupes à partir de 25 personnes. Il est possible de rejoindre un groupe pré constitué. Renseignements au 01 43 40 16 15
Tarif : 12€ pendant les fêtes, 14€ le reste de l’année.
www.arts-forains.com

mercredi 2 janvier 2013

Le thé, histoires d'une boisson millénaire

Le thé boisson trois fois millénaire, est la deuxième boisson la plus consommée dans le monde après l’eau.

En 2006, alors étudiante à l’I.E.S.A, nous avons organisé avec cinq amies et collègues-étudiantes une exposition sur la thématique du thé pour le château du Lude (72). Nous avions transformé le château pour faire voyager le visiteur au gré des routes du thé de la Chine à l’Europe et l’Afrique en passant par la Mongolie, le Japon, la Russie et les routes maritimes vers les Amériques.

C’est donc tout naturellement, lorsque j’ai entendu parler de l’exposition sur le thé au Musée Guimet, que j’ai souhaité m’y rendre pour me rendre de compte de la façon dont ils avaient traité le sujet.

Les ressemblances d’abord. Une zone interactive permet de toucher, sentir et observer diverses formes de thé. Le thé Guimet, mélange exceptionnellement réalisé pour l’exposition est proposé à la dégustation. Il s’agit d’un thé vert aux arômes d’agrumes, très doux au moment de la dégustation mais qui laisse une sensation râpeuse en bouche par la suite. Nous avions proposé le premier week-end des dégustations de divers thés et de glace au matcha. Dans les deux cas, l’exposition est introduite par une partie botanique qui rappelle que le théier fait partie de la famille des Camellia et que les différentes couleurs – blanc, bleu-vert (Oolong), vert, rouge ou noir – de thé ne correspondent pas à des plantes distinctes mais à des traitements singuliers (oxydation, fermentation, torréfaction) des feuilles. Plus étonnant, la charte graphique choisie – les couleurs du moins (vert pomme et rose fuchsia) – est la même…

Les différences maintenant. L’exposition au musée Guimet se concentre sur le pays originaire du thé, la Chine et y décrit les évolutions de sa consommation – bouilli, battu, puis infusé – à travers d’impressionnantes collections de céramiques et porcelaines dont les formes et les couleurs se sont adaptées aux mutations de la boisson. J’ai eu un coup de foudre pour une jarre à feuilles de thé chatsubo en grès à couverte dite « galuchat de raie » (Japon, XVIII-XIXè siècle) et une paires de coupes en forme de pêches en grès zicha ou sable pourpre de Yixing (Chine, époque Qing 1644-1911). Les passerelles vers les autres pays et son importance dans l’histoire du monde (la Boston Tea Party est un des événements déclencheur de la guerre d’Indépendance aux Etats-Unis, et le monopole chinois sur le commerce de thé est à l’origine de la guerre de l’opium avec le Royaume Uni) ne sont que rapidement évoqués sur les grands panneaux explicatifs.

A noter : ces grands textes d’introduction des salles (et des époques) sont quasiment tous répétés deux fois dans le même espace, ce qui permet d’éviter les attroupements qui bouchent souvent l’entrée des salles de n’importe quelle exposition. Encore faut-il se rendre compte que cette alternative existe et que le public l’utilise !
La première salle de l’exposition accueille une œuvre monumentale d’Ai Weiwei. Une tonne de thé compacté selon ce calibre du monde occidental contemporain réaffirme parfaitement à elle seule l’importance et l’universalité du thé.

Le thé : histoires d’une boisson millénaire
jusqu’au 28 janvier 2013

au musée Guimet, 6 place d’Iéna 75116 Paris. M° Iéna.
Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi.
Plein tarif pour l’exposition : 8€
www.guimet.fr

samedi 8 septembre 2012

Multimediart

Il y a d'abord une association, mac2000, qui œuvre depuis près de 30 ans pour la promotion des arts plastiques et des plasticiens. Elle organise un grand événement annuel, macparis, fin novembre à l'Espace Champerret, Paris 17ème. Triés sur le volet, 125 artistes (choisis parmi plus de 1000 postulants) nous ouvrent leur univers. Présents en permanence, dans une ambiance très conviviale, ils sont là pour discuter, expliquer, défendre, vendre, troquer, rencontrer. L'événement agit comme un tremplin, comme une soupe originelle qui ensuite se développe. Des projets voient le jour, des coups de cœur aboutissent, des galeristes et collectionneurs investissent. Mais 4 jours c'est court.

Multimediart, 1er étage, Philippe Chardon

Alors l'association cherche de nouveaux moyens pour étendre sa visibilité et surtout celle des artistes qu'elle défend. Mais les institutions ne suivent pas et les subventions baissent. Les entreprises préfèrent soutenir l'humanitaire ou le football, sans se rendre compte que les arts visuels, parents pauvres de la "culture", perdent petit à petit tous leurs soutiens. Combien de manifestation d'art disparaissent ou mutent vers de versions "allégées" cette année ? J'ai perdu le compte...

Multimediart, RDC

Malgré cet environnement morose, un nouveau projet de l'association a vu le jour, l'exposition Multimediart qui se poursuit jusqu'à demain, dimanche. Onze artistes ont été sélectionnés dans le vivier des participants à macparis depuis 2005 (année du changement de direction). Peintres, vidéastes, photographes ou créateurs de volumes, ils travaillent tous avec le numérique, l'informatique et n'hésitent pas à mélanger les techniques et les supports pour exprimer leur propos. C'est un format plus intimiste que propose donc, cette fois mac2000. Et l'exercice est réussi. Sur les trois étages du magnifique Bastille Design Center, qui vaut la visite à lui tout seul, les œuvres se parlent et se répondent et les univers cohabitent.

Multimediart, un événement mac2000
du 6 au 9 septembre 2012,
au Bastille Design Center, 74 bd Richard Lenoir 75011 Paris
M° Richard Lenoir ou Saint-Ambroise
Entrée libre
www.mac2000-art.com

vendredi 6 juillet 2012

Toutankhamon porte de Versailles


Viparis a offert à ses clients une visite de l'exposition Toutankhamon. Son tombeau et ses trésors. Je me suis immédiatement inscrite pour profiter de cette opportunité. Petite j'étais fascinée par l'Egypte antique. J'allais voir de nombreuses expositions - une visite du Museo Egitto de Turin (Italie) avec une égyptologue pour moi toute seule, notamment, m'a laissé un vif souvenir -, je collectionnais les livres sur les hiéroglyphes, etc... Et il y a quelques années, j'ai pu découvrir en vrai (merci papa et maman) l'intérieur des pyramides et des temples le long du Nil. Cette fascination s'est un peu résorbée, mais je trouvais dommage de rater une si belle occasion de replonger dans le monde des pharaons.

Plonger c'est bien le terme. L'exposition propose une expérience immersive. Une première salle "classique" situe le contexte du voyage que nous allons être amenés à faire.

D'un coté le monde du pharaon Toutankhamon, de l'autre celui de l’égyptologue Howard Carter. Ensuite, par petits groupes nous sommes amenés à découvrir 4 petits films/animations pour essayer de revivre le parcours d'Howard Carter jusqu'à sa découverte du tombeau. Un réel effort est fait pour tenter de nous faire ressentir les émotions de l'équipe d'égyptologues qui après des années de "rien", tombe enfin sur le trésor inviolé de Toutankhamon. Imaginez découvrir des pétales de fleurs qui ont été déposés là il y a plus de 3000 ans ! La dernière partie donne à voir, de façon à nouveau plus classique, tous les objets retrouvés dans la tombe. Les 4 chapelles qui refermaient les divers sarcophages qui recouvraient le corps ont tous été reproduits en grandeur nature. Chaque objet, chars ou trône, mais aussi amulette ou bijou est reproduit, mis sous vitrine et sa signification ou son usage sont expliqués au public. Dans cette dernière partie, comme dans la première, le public peut faire le choix de lire les panneaux ou d'écouter l'audioguide. Les explications sont intéressantes et détaillées. Mais à la fin de l'exposition, j'avais un sentiment de trop plein.
Ce qui est intéressant, en dehors du propos même de l'exposition, c'est la genèse du projet (détaillé avec précision dans le catalogue). Le développeur de projet allemand Paul Heinen trouvait dommage que le seul spectacle qui s'offrait aux yeux des visiteurs de la vallée des rois était une grande chambre funéraire vide. Il trouvait dommage qu'il ne soit plus possible de voir le trésor dans son ensemble, tel que l'avait découvert Carter. L'assurance pour le seul masque funéraire de Toutankhamon par exemple s'élèverait actuellement à 6 milliards de dollars. De quoi bloquer tout projet. En apprenant que des artistes égyptiens perpétuaient le savoir-faire antique, il eu l'idée de faire faire des répliques de chaque objet. Ainsi, grâce à la mise en ligne de l'intégralité des archives d'Howard Carter et avec l'aide de deux docteurs en égyptologie et des pointures de la conceptions d'exposition, ce projet à vu le jour.



Toutankhamon. Son tombeau et ses trésors,
jusqu'au 1er septembre 2012, ouvert tous les jours de 10h à 19h,
aux parc des expositions de la Porte de Versailles, pavillion 8, Paris 15ème.
Entrée 15,90€ audioguide multilingue inclus. Tarif unique le lundi à 12,90€.
www.toutankhamon-expo.fr

samedi 30 juin 2012

Exposition Tim Burton à la Cinémathèque


Dans cette exposition, on y retrouve tout l'univers merveilleux et bigarré du maître à travers une gigantesque collection de dessins et quelques extraits de ses films, courts-métrages, animations, publicités, clips... Le problème c'est que pour profiter de tout ça, il faut prendre le temps de regarder, de s'approcher, de détailler, de lire, de comprendre... et à dix devant la même feuille A4 cela perd très vite de son charme. Pourtant certains dessins sont vraiment croustillants, notamment dans la section "Couples". Et puis, contrairement à l'exposition Kubrick, j'ai trouvé que celle-ci manquait d'envergure, de folie... Le choix de ranger les dessins par thématiques, puis de faire une section par film, en ordre chronologique, ce coté rigoureux et ordonné détonne des personnages difformes, excessifs et extravagants imaginés par le créateur. La ballade est agréable, mais on reste sur sa faim.

L'avantage d'avoir la carte du Ministère de la Culture, en dehors du fait qu'elle offre la gratuité dans la plupart des musées, c'est qu'elle sert également souvent de coupe file. Et lors de grandes expositions événement, comme celle de Tim Burton, c'est un gros avantage. Malheureusement, ça ne réduit pas le nombre de visiteurs dans les allées...



Tim Burton, l'exposition
jusqu'au 5 août 2012
à la Cinémathèque Française 52 rue de Bercy Paris 12ème
Entrée 11€. Les 7 et 21 juillet 2012 de 20h à 01h00, venez déguisés ! Tarif spécial de 7 € pour tous les
visiteurs habillés, maquillés, chapeautés, coiffés en personnages de l’univers de Burton. Des cadeaux seront offerts aux meilleurs déguisements. Pour l’occasion le 51, restaurant de la Cinémathèque, sera ouvert jusqu’à minuit et offrira un "cocktail Burton" à toutes les personnes déguisées.
www.cinematheque.fr

Mascarades et Carnavals aux Musée Dapper


Le Musée Dapper est un musée privé dédié aux arts et aux cultures d'Afrique et des Caraïbes, et financé par la fondation éponyme. Il se situe dans le 16ème arrondissement de Paris et propose ce week-end, deux journées portes ouvertes afin de faire découvrir sa dernière exposition, Mascarades et Carnavals qui se termine de 15 juillet. L'exposition tente de faire le lien entre les sorties de masques en Afrique subsaharienne et les productions carnavalesques des sociétés Caribéennes.

On accède aux salles d'expositions en traversant un pont qui surplombe la boutique et le café. L'endroit est désert malgré la gratuité. Je n'ai pas du croiser plus de dix personnes pendant l'heure que j'ai passée là-bas. Ca change de l'exposition Tim Burton à la Cinémathèque (critique à venir).


La première salle met en regard l’œuvre photographique de de Zak Ové, qui présente des portraits de participants au carnaval du Trinidad, et un film documentaire sur un rituel mas a kongo du groupe Voukoum (Guadeloupe). La salle est très bizarrement organisée, le panneau avec le titre de l'exposition est à l'entrée de l'accès aux toilettes. Aucun texte introductif ne présente le propos de l'exposition, on est immédiatement immergé dans des explications détaillées des photos et du rituel. Les photographies ne sont pas du tout mises en valeur, l'éclairage permet de n'avoir qu'une vue d'ensemble de celles-ci, on est gênés par les reflets dès qu'on essaie de se rapprocher.
Dans la deuxième salle, règne le même désordre. Quelques explications thématiques, deux trois vidéos et une magnifique collection de masques Africains. Le salle est plongée dans la pénombre, seules ces silhouettes parfois drôles ou effrayantes, étonnantes, belles, animales ou majestueuses se détachent, légèrement éclairées dans leurs vitrines. Soudain dans un recoin, une carte qui situe (enfin !) tous les peuples cités dans les cartels qui n'évoquent rien chez moi : Salampsu, Ejahgham, Boki, Tabwa, etc... A l'étage, on trouve quelques créations modernes liées aux rites carnavalesques aux Caraïbes.

Heureusement que la puissance des pièces présentées parlent d'elles-mêmes car la muséographie de l'exposition laisse à désirer. La commissaire d'exposition peine à nous transporter dans son univers, son cheminement est confus, son propos décousu et une néophyte même un peu éclairée comme moi, s'y perd. L'exposition aurait gagné en puissance si elle avait été mieux organisée, plus pédagogique, si les masques africains et les créations des Caraïbes avaient d'avantage dialogués entre-eux. On sent que l'exposition est l’œuvre de scientifiques, et non de professionnels de la monstration et de l'interprétation.

Mascarades et Carnavals
jusqu'au 15 juillet 2012 de 11h à 19h (fermé mardi et jeudi)
Musée Dapper, 35bis rue Paul Valéry Paris 16ème.
Entrée 6 €, gratuit dimanche 1er juillet, et tous les jours pour les étudiants et les moins de 26 ans.
www.dapper.com.fr

vendredi 15 juin 2012

Monumenta de Daniel Buren

Que penser de cette cinquième édition de la Monumenta ? Les avis sont mitigés. Avant de la visiter, j'avais aussi bien entendu des "c'est génial" que des "c'est le plus mauvaises de toutes". Alors j'ai décidé de me faire ma propre opinion.

Tout d'abord, j'avoue que je suis choquée par ce principe de mettre des millions d'euros (3 pour celle-ci) dans un opération à forte visibilité alors que des associations qui se battent au quotidien pour valoriser les artistes, les arts plastiques et l'art contemporain voient leur subvention se réduire d'année en année. Il y a vraiment deux poids, deux mesures, et je trouve très dommageable que, finalement, la seule vrai visibilité qu'ont les arts plastiques pour le tout public est celle-là. Mais revenons à l’œuvre de Buren.

Son œuvre s'appelle Excentrique(s), travail in situ. Il s'agit d'une structure formée de cercles transparent de couleur vive, posée sur des pilotis, à 3 mètres du sol. Cinq grand cercles en miroir sont posés au sol et reflètent la verrière, ou les visiteurs, puisqu'on peut marcher dessus.

A la réflexion, c'est plutôt une réussite. D'abord parce que c'est le seul des 5 artistes qui a vraiment travaillé in situ en prenant en compte dans sa création le Grand Palais, son architecture et ses particularités. Il a repris les courbes et les arrondis avec ces cercles. Il joue avec tous les niveaux du site : on passe en dessous - sorte de forêt multicolore, on la surplombe - elle devient mosaïque géante, on la voit à l'envers grâce aux miroirs... Et surtout il utilise la sublime luminosité changeante offerte par la verrière pour faire vivre son œuvre. Ensuite, avec ses couleurs vives, et se plafond bas, son œuvre humanise et rend moins monumentale cette grande nef vide. Et c'est justement ce paradoxe avec le titre de l'événement qui est intéressant. Enfin, c'est très ludique. L’œuvre, la luminosité, les reflets donnent envie de prendre des photos, de devenir soit même artiste, de se l'approprier et de communiquer sa vision de celle-ci.



Monumenta, Daniel Buren
Nef du Grand Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8ème

jusqu'au 21 juin 2012. 
Tarif 5 euros.


mardi 12 juin 2012

Après-midi chamanique au musée du Quai Branly

Longue absence suite à une semaine de vacances à Malte (dont je vous prépare le carnet de voyage) et une reprise bien chargée. Mais je reviens avec une série de nouveaux articles.

Dimanche après-midi, j'ai fais un voyage sans quitter Paris. En introduction, j'ai découvert l'exposition Les Maîtres du désordre qui se tient jusqu'au 29 juillet 2012 à la galerie jardin du Musée du Quai Branly. Ce n'est pas une exposition qu'on peut se permettre de survoler. Il faut se laisser prendre par la scénographie de Jakob+MacFarlane qui à la fois, nous enferme, nous guide, nous perd, nous déstabilise. Le voyage initiatique proposé se découpe en trois parties. D'abord le constat des désordres du monde. Puis, la présentation des intercesseurs. Enfin, la catharsis. Chaque zone thématique est introduite ou illustrée par des œuvres d'artistes contemporains, en parallèle des vestiges, plus ou moins anciens, présentés. Ce qui m'a le plus frappé, ce sont les liens qui existent entre de nombreuses civilisations sur ce sujet. Force est de constater, que quelque soit l'époque ou le lieu géographique ou la croyance, il existe une ambivalence bien/mal - ordre/désordre et que nous faisons appel à des intermédiaires pour tenter de maîtriser les déséquilibres. Parmi les œuvres exposées, il y a quelques films qui sont proposés dont la bande sonore accompagne la visite fort à propos. Au détour d'un méandre, l'on entend des cris d'animaux, des bruissements étranges qui participent à l'ambiance de l'exposition.



De nombreux objets, costumes, masques, instruments, ingrédients, représentations sont exposés et sans une lecture approfondie des cartels, à moins d'avoir de bonnes connaissances de la culture chamanique et animiste sur tous les continents, ils ne "parlent" pas d'eux-même. Mais si on prend le temps de faire un peu de lecture, tout un monde s'ouvre à nous. Afin de compléter ma compréhension de l'exposition, je vais essayer d'assister à une des visites guidées proposées tous les samedis à 15h.


Visite guidée par Télérama

Pour conclure, cette après-midi, j'ai assisté à Sankirtana chants et tambours rituels du Manipur, dernier spectacle de mon abonnement au Festival de l'Imaginaire. Il s'agit d'un rituel mystique lié au culte de Krishna et qui a lieu sur simple commande par des particuliers ou lors de grandes occasions. Il marque toutes les étapes marquant le cycle de la vie des Meitei (ethnie majoritaire au Manipur - nord-est de l'Inde).

Dix-neufs participants, vêtus de dhotis et de turbans d'un blanc immaculé forment les trois cotés d'un carré face aux spectateurs. Il comprend les danseurs-chanteurs munis de petites cymbales reliées par un cordon rouge et vert, au centre se placent les deux tambourinaires-danseurs et le maître de cérémonie ou récitant-chanteur principal. Le rituel commence par des offrandes de santal, noix de betel et fleurs, ainsi que des offrandes de tissus par deux intendants de cérémonie qui se place ensuite à l'extérieur du carré. Le responsable de la cérémonie, souvent un brahmane se place sur un carré blanc à droite, alors qu'à gauche s'installe un musicien qui souffle dans deux conques simultanément pour marquer les cinq étapes du rituel.



Au début l'ensemble est plutôt statique, puis les tambourineurs, faisant preuve d'une grande dextérité pour passer du murmure au grondement frénétique s'animent et accompagnent leurs sons de danses et sauts acrobatiques. Le groupe s'éveille et petite à petit se meut et se déplace en rythme le son des cymbales qui martèlent le propos du récitant. Le tout est envoutant et on se laisse emporter par cette frénésie mystique. Par contre, je ne suis pas certaine que les niveaux sonores atteins par cet ensemble de percussions soit tout à fait contenus en deçà des seuils dangereux pour nos oreilles. D'ailleurs un certain nombre de spectateurs ont quitté la salle en milieu de représentation.

lundi 2 avril 2012

Helmut Newton au Grand Palais

 Jusqu'au 17 juin le grand palais accueille une rétrospective d'Helmut Newton. Pour une fois je décidais d'y aller tôt avec une amie pour éviter les longues files d'attente - même si je bénéficie d'un coupe-file. Je pensais que l'expo avait lieu dans les galeries du Grand Palais, mais l'entrée principale était fermée et l'entrée latéral était réservée à l'exposition Beauté Animale. Il nous a fallu faire le tour du bâtiment pour nous rendre compte que l'entrée se faisait coté Seine. En fait l'exposition a lieu dans une partie du palais que je ne connaissais pas, dans une "petite" salle au premier. L'exposition n'est en effet pas très grande.

J'y suis allée avec une amie que je n'avais pas vu depuis 1 an. Nous avons donc passé plus de temps à discuter qu'à nous pencher réellement sur les photos. Il faudra donc que j'y retourne. Mais je garde quand même le souvenir de très belles photos de mode, issues de ses collaborations avec les magazines Vogue et Elle, des jeux de miroir, des nus, beaucoup de nus féminins... Images provocantes, images gênantes... mais une maîtrise parfaite, innée ?, de la composition, de la lumière, de l'instant qui attire le regard et fascine malgré les sujets.

Mes images phares ? Trois photos dans la salle du fond sur le thème du maquillage - thème qui m'est cher. Un trait de rouge qui déborde et deux gros plans d’œil, peu soutenables. Dommage que cette série n'existe pas en cartes postales. Autre image à la sortie de l'exposition, deux mains dont une lourdement parée d'un bracelet de diamants et d'une grosse bague en saphir s'attaque au dépiotage d'un poulet cuit au cuisses écartées. Tout est dans le symbole.

A voir et revoir.

dimanche 1 avril 2012

Danser sa vie au centre Pompidou

Danser sa vie se termine demain au Centre Pompidou. Passionnée de danse et d'expositions, je ne pouvais rater cet événement. J'ai donc libéré en urgence du temps dans mon emploi du temps. Bien m'en a pris !

L'exposition propose en trois parties : danse de soi, danse et abstraction, performance et danse, de mettre en exergue les liens entre arts plastiques et danse de 1900 à nos jours. Mais comment exposer la danse ? Première salle : une vidéo de danse, une danseuse au sol chair et en os, le grand triptyque de Matisse "La danse de Paris". Tout est là.

J'avoue m'être plus concentrée sur les vidéos de danse que sur les œuvres plastiques. Quel plaisir de voir Nijinski dans "L'après midi d'un faune", que j'avais vu interprété par Stéphane Bullion il y a quelques années à l'Opéra de Paris ou de pouvoir visionner "La table verte" de Kurt Jooss que j'avais raté lors du passage de l'American Ballet Theatre au Châtelet. Deux coups de cœur dans cette exposition : la découverte de Mary Wigman dont l'intensité m'a profondément marquée et "Lectures from improvisation technologies" où William Forsythe explique, à renfort de démonstration assistée par ordinateur, les mécanismes de l'improvisation. Puis par manque de temps (j'ai quand même passé 2heures30 à parcourir l'ensemble des salles), j'ai survolé à regret la création Olafur Eliasson "Movement Microscope" qui dissèque les mouvements de la vie de tous les jours. Devant une vidéo d'Alwin Nikolais il m'avait semblé reconnaître le travail de Carolyn Carlson, notamment "Signes"... j'ai découvert quelques cartels plus loin que le lien était justifié, Carlson ayant dansé pour Nikolais avant de devenir chorégraphe. Dans la salle "empreintes et traces" étaient comparés les anthropométries de Klein, avec une proposition chorégraphique de Jan Fabre d'une vulgarité rare. Je n'ai pas compris la comparaison. L'exposition se poursuit avec des extrait vidéo de Merce Cunningam, Trisha Brown, Lucinda Childs... mais la fatigue (et la faim - il était déjà 13h) commençant à bien se faire sentir, additionnés à la profusion des écrans ou modes de projection et aux bandes sons qui se chevauchaient, ne m'ont laissé qu'un souvenir confus. Ce qui me fait âprement regretter de ne pas avoir visité cette exposition plus tôt pour y revenir et profiter de la dernière partie de l'exposition à tête reposée. Les deux dernière salles étaient consacrées aux liens avec la musique pop, reprenant une œuvre d'Andy Warhol qui rêvait d'être danseur de claquettes ou des œuvres interactives de Felix Gonzalez-Torres invitant le visiteur à danser sous une guirlande lumineuse. Jérôme Bel conclut sur une touche d'humour avec son "The Show Must Go On"...

Espérons que ce titre soit un augure car cette premier exposition d'envergure sur la danse montre que cet art dit de l'éphémère se prête malgré tout bien aux contraintes de la monstration. En effet les documents d'archive sont nombreux (photos, notation, documents préparatoires, costumes, éléments de décors, etc...) et ne demandent qu'à être montrés. Souhaitons donc que le succès de cette exposition incite à renouveler l'expérience.